DOSSIER : les gardiens mythiques de la Nazionale. Angelo Peruzzi (6/12)

Par Grégory Canale publié le 03 Juin 2020

Parce que la Squadra Azzurra a rarement été victorieuse sans un dernier rempart de choix, Calciomio vous conte l’histoire des plus grands portieri italiens. À mi-chemin de ce dossier, zoom sur Angelo Peruzzi. Héros de la Juventus, champion du monde 2006, qui a défendu les buts des deux clubs de Rome au cours de sa carrière.

Son style : charismatique et vif au sol

Une rivière comme terrain de jeu et des poissons péchés directement à la main. Voici l’activité à laquelle se prête le jeune Angelo durant son enfance à Blera dans le Latium, à la fin des années 1970. La légende dit que c’est de cet entraînement étonnant qu’il a puisé sa vivacité et ses réflexes. Des qualités qui font de lui un gardien complet, avec un sens du placement hors pair.

Peruzzi c’est aussi un physique atypique. Pas bien grand pour son poste (1,81 m), le joueur compense avec une grande force musculaire. Une apparence trapue, si bien que ses coéquipiers le surnomme le Cinghialone (« gros sanglier ») ou encore « Tyson ». Des sobriquets, pour souligner son explosivité mais aussi son charisme. Le portier est une valeur sûre derrière, qui inspire confiance à ses défenseurs.

Angelo Peruzzi face à Francesco Totti, lors de Roma-Juventus en 1997.

Grâce à son centre de gravité bas, Angelo excelle surtout dans les sorties dans les pieds. Il est capable de jaillir rapidement pour contrer l’adversaire et de se relever très vite. Ce qui donne beaucoup d’interventions de qualité pendant les matches et l’exécution de doubles parades, sa signature. Peruzzi aime aller au duel, avec tout son cœur et sa puissance. Cela lui jouera des tours au cours de sa belle carrière.

Le cauchemar avant de devenir star

Mais « Tyson » aurait pu se bruler les ailes très jeune. Formé à la Roma, où il effectue sa première en Serie A en 1987 avant une pige à l’Hellas, le gardien commet une lourde faute. De retour dans la ville éternelle en 1990, Angelo est contrôlé positif à un test anti-dopage en début de saison. Le Giallorosso a pris du « Lipopill », un produit amincissant prohibé. « C’est la pire connerie que j’ai faite », regrette-t-il encore aujourd’hui. La sanction tombe le 13 octobre : un an de suspension.

Le coup d’arrêt est brutal pour le portiere de 20 ans. Les longs mois d’inactivité vont cependant forger le caractère du Cinghialone. Et le destin lui donne une deuxième chance. En 1991, Peruzzi rejoint les rangs de la Juventus comme suppléant de Tacconi. Même en tant que remplaçant, le joueur fait forte impression et est installé titulaire dès la saison 1992-1993. Avec la Vecchia Signora, Angelo gagne tout. Scudetti, Coppa, Supercoppa et trophées européens majeurs.

La Coupe de l’UEFA, d’abord en 1993, et la consécration Champions League en 1996. Contre l’Ajax, il est l’un des protagonistes de la finale : un arrêt impossible sur la tête de Kanu, l’erreur sur l’égalisation amstellodamoise, avant de stopper les tentatives de Davids et Silooy lors des tirs au but. Peruzzi est sans doute à cet instant le meilleur du monde. À l’été 1999, le gardien part à l’Inter, après huit saisons à Turin. Une expérience d’un an à Milan sans titre, mais réussie personnellement. Peruzzi termine avec la meilleure note moyenne de tout le championnat. Son voyage se clôture enfin à la Lazio, où il joue ses sept dernières années.

Une histoire manquée avec l’Italie… Jusqu’en 2006

Sa carrière remplie d’un côté en club, laisse en revanche sceptique pour l’équipe nationale, avec qui « Tyson » collectionne 31 sélections. Non retenu à la Coupe du monde 1994, Angelo est intronisé titulaire par Sacchi pour l’Euro 1996. L’Italie y est éliminée dès la phase de groupes. Le n°1 est confirmé à son poste après la compétition par Cesare Maldini. Alors qu’il s’apprête à jouer son premier Mondial, Peruzzi se blesse juste avant le début du tournoi en France. Son tour est passé. Sur la route de l’Euro 2000, Angelo est doublé par le jeune qui monte, Gianluigi Buffon.

Mais son histoire n’est pas terminée avec les Azzurri. Une autre légende des buts, Dino Zoff – à la tête de la sélection – lui propose de participer au championnat d’Europe comme troisième gardien. Un affront pour Peruzzi qui refuse catégoriquement : « Je ne vais pas à l’Euro pour faire le touriste ! ». Le Cinghialone acceptera cependant plus tard le rôle de remplaçant à l’Euro 2004, puis à la Coupe du monde 2006, lui permettant de monter sur le toit du monde avec la Nazionale.

Peruzzi, remplaçant de Buffon à la Coupe du monde 2006.

Un succès qui appartient également au natif du Latium. Le gardien a disputé trois rencontres de qualifications à la compétition et a joué un rôle important dans le vestiaire. À 36 ans, il aurait pu s’arrêter là. Mais c’est mal le connaître. En 2006/2007, le portiere disputera une dernière saison avec la Lazio. « Tyson » glane le prix de meilleur gardien de Serie A. Décidément, Angelo Peruzzi n’est pas du même bois que les autres.

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Bonus :

Lorenzo, le Buffon originel

Grégory Canale

Rédacteur



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