DOSSIER : les gardiens mythiques de la Nazionale. Francesco Toldo (8/12)

Par Grégory Canale publié le 21 Juin 2020

Parce que la Squadra Azzurra a rarement été victorieuse sans un dernier rempart de choix, Calciomio vous conte l’histoire des plus grands portieri italiens. Francesco Toldo – huit saisons à la Fiorentina, neuf à l’Inter – est entré dans le cœur des tifosi le soir où il s’est dressé seul face aux Pays-Bas, à l’Euro 2000.

Son style : sérénité et rapidité

La légende dit que Kanu n’en revient toujours pas. 27 octobre 1999, Wembley comme théâtre de cet exploit. Après un cafouillage dans la surface de la Viola, le Nigérian d’Arsenal n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des filets. Sauf que « Toldone » en a décidé autrement. Un pas en avant décisif pour contrer la tentative de l’attaquant de la main opposée. Ce jour-là, le gardien permet à la Fiorentina d’arracher un succès précieux en Champions League. « La plus belle parade de ma carrière », analyse-t-il encore aujourd’hui. Francesco est alors à l’orée de sa meilleure saison.

1.96 m, 90 kg. Toldo c’est un physique imposant. Et pourtant, le colosse ne manque pas de rapidité dans ses interventions. Très vif dans les plongeons au sol, le natif de Vénétie est repéré par le Milan AC en 1987. Le joueur de 16 ans se forme non loin de son modèle, Giovanni Galli. « Il se mettait derrière mon but à Milanello. Il me suivait comme mon ombre, on voyait qu’il avait une grande envie d’apprendre », se souvient la légende rossonera.

Le Padovano renvoie également l’image d’une sérénité sans faille. Il sait garder la tête froide dans des situations compliquées. Sauf peut-être pour les penalties, son cauchemar pendant longtemps. « Quand je vois un adversaire poser le ballon je me dis : « Il va marquer ». Et je suis comme paralysé », pense le portier à la fin des années 1990. Son point faible jusqu’à un soir d’été de l’année 2000.

De Milan à… Milan

Malgré quelques apparitions dans le groupe pro, Toldo ne trouve pas sa place au Milan AC. À partir de 1990, le gardien est prêté d’abord à l’Hellas, puis à Trento. En 1992, Francesco débarque à Ravenna en Serie C1. En Émilie-Romagne, « Toldone » explose et est l’un des protagonistes de la montée en Serie B. Également promue, la Fiorentina jette son dévolu sur le joueur de 22 ans.

Toldo au sein de la talentueuse équipe de la Fiorentina en 1996.

L’histoire d’amour débute alors avec le club toscan. Le portiere est d’emblée titulaire avec les Florentins. La saison 1993-1994 sera inoubliable pour lui : promotion en Serie A et victoire en tant que titulaire à l’Euro U21, avec la bande à Cannavaro, Panucci, Inzaghi et Vieri. Racheté définitivement par la Viola, il remporte la Coppa Italia en 1996 (et en 2001) et la Supercoppa, aux dépends du Milan AC. Francesco tient sa revanche.

Après huit années à Florence, Toldo retourne dans la ville lombarde, mais côté Inter. Au début des années 2000, l’ultime défenseur connaît surtout des déceptions sous le maillot nerazzurro. Un scudetto perdu sur le gong au profit de la Juventus en 2002, et une élimination l’année suivante en demi-finale de la Champions League face au Milan AC. Néanmoins cette saison-là, le gardien réalise d’excellentes prestations, notamment contre Valence en quarts. Il marquera même un but en Serie A, dont la paternité est contestée avec Vieri, devant la Juve.

Toldo a passé neuf saisons à l’Inter, entre 2001 et 2010.

Le 29 juin 2000 : Toldo vs Pays-Bas

Toldo est un grand de son poste. Mais il a eu la malchance d’émerger dans les mêmes années que Pagliuca, Peruzzi et de voir éclore le phénomène Buffon. Si bien qu’en Nazionale, où il collectionne 28 sélections, le Padovano ne tient que très rarement les premiers rôles. Remplaçant à l’Euro 1996, le portier est même n°3 à la Coupe du monde 1998, et seulement en raison d’une blessure in-extremis de Peruzzi. Mais qu’importe, la gloire viendra deux ans plus tard.

« Grâce » à une autre blessure d’ailleurs. Celle de Buffon, juste avant le début de l’Euro 2000. Dino Zoff propulse Francesco comme titulaire. Beaucoup aurait paniqué. Cependant, « Toldone » est l’un des meilleurs Azzurri pendant la compétition. Son chef d’œuvre, tous les tifosi s’en souviennent. Dans une demi-finale outrageusement dominée par les Pays-Bas à domicile, il va dégoûter à lui seul ses adversaires. Un penalty stoppé pendant le match, et deux arrêts lors des tirs au but. Le craintif des coups de pied de réparation s’est mué en spécialiste. Le rêve se brise en finale contre la France.

De Boer a échoué à deux reprises des 11 m face à Toldo.

Francesco est élu meilleur gardien du tournoi et se classe 14ème au Ballon d’Or. Pourtant, il ne bronche pas lorsque Buffon récupère la place de titulaire pour le Mondial 2002 et l’Euro 2004. À l’Inter aussi, Toldo est surpassé par Júlio César. Comme remplaçant, le joueur remporte cinq scudetti et le Triplete en 2010. Là encore, « Toldone » joue peu, mais fait ne pas de vagues. Un grand professionnel dans l’âme, qui manque au football depuis son départ à la retraite en 2010.

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Bonus :

Lorenzo, le Buffon originel

Grégory Canale

Rédacteur



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