CALCIOSTORY : L’Italie aux premières loges en Europe, le Milan AC fait tomber la Juventus

Par Julien Camarda publié le 28 Mai 2020

Il y a 17 ans jour pour jour, le 28 mai 2003, se jouait la première (et unique) finale de Champions League 100% italienne. Un match à enjeu pour deux grandes équipes du championnat italien : la Juventus et le Milan AC. Avant cette saison, les Bianconeri ont été finalistes à six reprises, pour un triste bilan de deux victoires (en 1984-1985 contre Liverpool et en 1995-1996 face à l’Ajax) et quatre défaites (en 1972-1973 face à l’Ajax, en 1982-1983 contre Hambourg, en 1996-1997 face au Borussia Dortmund et en 1997-1998 contre le Réal Madrid). Marcelo Lippi dirigera donc la septième finale de Champions League du club. Pour la Vieille Dame, il s’agit de remporter un deuxième trophée après le titre en Serie A et l’élimination en quarts de finale de Coppa Italia face à Perugia.

Jusqu’ici le bilan européen du Milan AC est différent, trois finales perdues (en 1957-1958 face au Real Madrid, en 1992-1993 contre l’Olympique de Marseille et en 1994-1995 face à l’Ajax) et cinq finales remportées (en 1962-1963 et 1989-1990 contre Benfica, en 1968-1969 face à l’Ajax, en 1988-1989 contre le Steua Bucarest et en 1993-1994 face au FC Barcelone). Côté Diavolo, après une troisième place encourageante en Serie A et un quart de finale de Coppa Italia, les Milanais rêvent de soulever une sixième coupe aux grandes oreilles. Après deux C1 gagnées en tant que joueur rossonero, Carlo Ancelotti espère battre la Juventus qu’il a quitté en 2001. Le doublé est même possible puisque la finale de Coppa Italia opposera l’AS Roma au Milan AC. Le décor est planté, Old Trafford -le Théâtre des Rêves- est prêt à accueillir les deux formations transalpines.

Un dernier carré très italien

Avec trois clubs engagés en demi-finales, la Serie A frappe fort dans cette 48ème édition. Premièrement, la Juventus de Gianluigi Buffon et d’Alessandro Del Piero est opposée aux Galactiques d’Iker Casillas, de Zidane et Raùl (pour ne citer qu’eux). Ce 6 mai 2003, le match aller se déroule à Santiago Bernabéu devant 80.000 socios. Avec des buts de Ronaldo (ex-Inter) et Roberto Carlos, les Merengue prennent l’avantage (2-1). Au retour le 14 mai 2003, les 68.000 tifosi du Delle Alpi attendent ce match avec impatience. Il faut dire qu’une victoire sur le plus petit score enverrait les Italiens en finale. Et après 70 minutes de jeu, la Juventus plie la rencontre. La réduction du score de Zidane (3-1) n’y changera rien, les Bianconeri sont en finale.

Deuxièmement, c’est un derby, celui de la Madonnina qui oppose le Milan AC de Paolo Maldini et d’Andriy Shevchenko à l’Inter de Javier Zanetti et d’Hernan Crespo. Pas grand-chose à se mettre sous la dent pour la première manche puisque les deux équipes se quittent sur un score nul et vierge de 0-0. Exit les deux victoires (1-0, 0-1) en championnat, chaque derby est différent et le Milan AC devra aller chercher sa qualification à l’extérieur dans son propre stade. Au fur et à mesure du match, la tension et les duels augmentent crescendo. A l’image du duel Inzaghi-Cordoba, les esprits s’échauffent et l’arbitre français, Gilles Veissière, sanctionne l’attaquant italien d’un carton jaune. Dans le temps additionnel de la première période, Shevchenko trouve la faille, 1-0. A cinq minutes du terme, Obafemi Martins remet les deux équipes à égalité, 1-1. Quelques instants plus tard, Abbiati réalise l’arrêt du match devant Kallon pour préserver le score. Grâce au but marqué à l’exterieur, les Rossoneri se qualifient et retrouvent les Bianconeri à Manchester, pour une finale 100% italienne.

Le Diavolo s’impose chez les Red Devils

Pour ce match, Marcelo Lippi décide d’aligner un 4-4-2 : Buffon – Thuram, Ferrara, Tudor, Montero – Camoranesi, Tacchinardi, Davids, Zambrotta – Trezeguet, Del Piero (cap.). Averti face au Real Madrid, Nedved est suspendu. Pour les Lombards, Carlo Ancelotti propose un 4-3-1-2 : Dida – Costacurta, Nesta, Maldini (cap.), Kaladze – Gattuso, Pirlo, Seedorf – Rui Costa – Shevchenko – Inzaghi.

En début de partie, Shevchenko se libère du marquage dans la surface de réparation et trompe Buffon mais le but est refusé pour une position de hors-jeu. Joie de (très) courte durée pour les Rossoneri. L’ancien turinois, Filippo Inzaghi, est dangereux de la tête ce qui oblige Buffon à la parade. En face, Del Piero tente de répondre mais Dida reste infranchissable. En seconde période, Lippi remplace Camoranesi par Conte. Changement presque décisif, puisqu’à la réception d’un centre de Del Piero, le milieu de terrain italien trouve la barre transversale. Après 90 minutes de jeu, le score est de 0-0, les deux équipes se dirigent vers la prolongation. Même son de cloche après 120 minutes de jeu, direction la séance de tirs aux buts !

Les Bianconeri débutent avec Trezeguet. Mais le Français trouve Dida sur son chemin. Serginho, le premier Rossoneri à tirer, prend Buffon à contre-pied (0-1). Pour le second tir au but, Birindelli fait de même (1-1) alors que Buffon prend le meilleur sur Seedorf (1-1). Les troisièmes tireurs Zalayeta et Kaladze ratent eux aussi, deux nouvelles parades (1-1). Dida va même au-delà et repousse la tentative de Montero. Dans le même temps, Nesta transforme et le Milan AC prend l’avantage (1-2). Les deux derniers tireurs sont chevronnés puisqu’il s’agit de Del Piero et de Shevchenko. L’Italien égalise (2-2) mais la balle du match reste dans les pieds du numéro 7 rossonero. L’Ukrainien ne se fait pas prier, prend Buffon à contre-pied et envoie le Milan AC sur le toit de l’Europe pour la 6ème fois de son histoire. Paolo Maldini est élu homme du match et remporte sa 4ème Champions League, la 6ème pour les Rossoneri.

Julien Camarda

Rédacteur



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