1990, 1994, 1998 : La malédiction des tirs aux buts

Par Christophe Mazzier publié le 25 Avr 2020

La malédiction de l’Italie aux tirs aux buts en Coupe du monde a duré trois coupes du monde. A un moment, les tifosi de la Squadra Azzurra croisaient les doigts pour ne pas que son équipe préférée ne joue son salut dans cet exercice. Éprouvante mise en scène, dénouement cruel, on revoit encore nos stars des années 90 les Baggio, Donadoni, Baresi, Di Biaggio… s’écrouler et éteindre les espoirs des nationaux, oriundi et autres amoureux de l’Italie. Il faudra attendre 16 ans pour enfin connaître une victoire en Coupe du monde aux tirs aux buts… Tout commença un 3 juillet 1990…

Coupe du monde 1990 : Trop de pressions

Au terme d’un match épique et laborieux, l’équipe d’Italie s’embourbe. Mais elle ne peut pas perdre. Accueillir la coupe du monde, chez elle, n’a pas été une partie de plaisir. Alors, certes, Toto Schillaci a encore mis un but salvateur, tel un messager arrivé comme un cheveu sur le soupe d’une compétition qu’il débutait comme joker.

Mais à Naples, face à une équipe d’Argentine rugueuse, n’hésitant pas à faire preuve d’anti-jeu, le match s’enlise. Rien n’y fait. La première séance des tirs aux buts pour l’Italie dans une coupe du monde aura bien lieu. Baresi, Baggio et De Agostini passe l’exercice sans embûche. Mais arrive la star milanaise Donadoni au neuf mètre. L’ailier sera le premier dans cet exercice maudit. Puis, Serena annihilera les derniers espoirs d’une équipe taillée pour la victoire.

Coupe du monde 1994 : Baggio et les autres

L’équipe d’Italie et le Brésil s’affronte au Rose Bowl de Pasadena pour la finale aux Etats-Unis. Cette finale entre les Azzurri et les Verdeoro est la deuxième de l’histoire de la plus prestigieuse des compétitions après celle de 1970, gagnée par les brésiliens. Au sein d’un match fermé, Bebeto et Romario sont bien pris par la défense italienne qui a récupéré Baresi pour la finale. Pour la petite histoire, le capitaine rossonero s’était fait opérer du ménisque au début du tournoi et avait raté les quatre matchs suivants.

Mais l’histoire aurait peut-être dû s’écrire autrement. Roberto Baggio était également incertain avant la finale, mais le héro de cette compétition a serré les dents pour jouer. Le match est complètement fermé. Les Brésiliens bloquent tous les espaces. Le score nul et vierge à la fin du temps réglementaire sonnera le glas d’une compétition surprenante. Baresi manque le premier tir au but mais est rattrapé par Pagliuca qui efface l’erreur du capitaine en parant le tir de Marcio Santos. Puis ça passe pour Albertini et Evani. Massaro rate le 4ème. Baggio se présente pour le dernier tir, celui de l’espoir. Après avoir porté à bout de bras les siens jusqu’à la finale, il se présente face à Taffarel. On sent sur son visage une contraction inhabituel. Il prend beaucoup d’élan, se précipite… Et le ballon passe au-dessus des buts. Comme quoi, ça arrive même au meilleur. Maintenant on le sait.

Coupe du monde 1998, jamais deux sans Di

Au Stade de France, la France et l’Italie s’oppose en quart de finale de la Coupe du Monde. Leur dernière rencontre remontait à 1986 quand les Bleus de Platini et du carré magique avait sorti une Squadra Azzurra, championne en titre. Cette fois-ci l’équipe de France emmenée par Zidane écrit sa légende. Le match oppose deux équipes qui sont très proches. Elles se connaissent même très bien. Ils sont 10 à évoluer ou à avoir évoluer en Serie A au sein de l’équipe de France.

Le match est plaisant, et les bleus se crée d’avantages d’occasions que leurs cousins transalpins. Mais les deux équipes se neutralisent et la Squadra Azzurra va connaitre sa 3ème série perdue aux tirs au buts d’affilé en Coupe du monde. Revanchard, Baggio marque le 1er, Albertini rate et annule l’arrêt de Pagliuca sur Lizarazu, puis Costacurta et Vieri le transforment et c’est Di Biaggio qui fracasse la barre transversale.

La malédiction s’arrêtera face aux Pays-Bas à l’Euro 2000, qui permettra de conjurer le sort et de vaincre sa bête noire, l’équipe de France en 2006, dans la plus prestigieuse des compétitions sans louper aucun tir.

Christophe Mazzier



Lire aussi