DOSSIER : les gardiens mythiques de la Nazionale. Walter Zenga (9/12)

Par Grégory Canale publié le 24 Juin 2020

Parce que la Squadra Azzurra a rarement été victorieuse sans un dernier rempart de choix, Calciomio vous conte l’histoire des plus grands portieri italiens. Légende de l’Inter, Walter Zenga a également côtoyé les sommets avec le maillot de la sélection. Recordman d’invincibilité en Coupe du monde, il laisse néanmoins le souvenir douloureux de la demi-finale perdue face à l’Argentine en 1990.

Son style : spectaculaire sur sa ligne

Un miracle dans la soirée bernoise. Dans un match charnière pour les qualifications à l’Euro 1988, la Nazionale est empêtrée dans le piège suisse. Contre les Helvètes, les hommes de Vicini se retrouvent menacés à plusieurs reprises. Juste avant la mi-temps sur coup-franc, Hermann trouve la tête de Geiger. Le ballon semble voué à la lucarne gauche. Mais d’un vol plané, Zenga expédie magistralement la tentative en corner. Ce soir-là, le gardien permet aux siens d’arracher un nul précieux.

Cet arrêt, parmi les plus beaux de sa carrière, est emblématique du style du natif de Milan. Un élément très fort sur sa ligne, spectaculaire dans les interventions. Walter stoppe parfois l’impossible, du bout des gants, donnant le sentiment que le temps s’arrête quelques instants. Un goût pour l’horizontalité qui inspire Gianni Brera, mythique journaliste de sport italien, pour le surnommer « Deltaplane ». Son autre sobriquet, « Spiderman », viendra plus tard d’un titre musical du groupe 883 de Max Pezzali. Malgré d’excellentes qualités dans ses buts et une grande confiance en lui, Zenga est beaucoup moins serein lorsqu’il s’agit de s’aventurer dans sa surface. Les sorties aériennes sont l’un de ses points faibles.

Portiere le plus capé de l’Inter

L’amour du rôle, Walter le tient de son père, ancien gardien. Jeune, le Milanais révèle vite son potentiel et rejoint l’Inter, son équipe de cœur, pour sa formation. À ses 18 ans, le portier part s’aguerrir à la Salernitana, puis à Savona et à la Sambenedettese, où il participe à la montée en Serie B en 1981. De retour chez les Nerazzurri l’année suivante, son apprentissage se parfait une saison encore comme remplaçant, derrière le mythique Ivano Bordon.

Walter Zenga, 12 saisons à l’Inter, est l’un des protagonistes du scudetto de 1989.

À l’Inter, « Deltaplane » entre dans l’histoire du club, comme ultime défenseur ayant porté le plus souvent le maillot de la Beneamata. Douze saisons avec beaucoup de joies. Le scudetto dei record doublé d’une Supercoppa en 1989. Cette saison-là, La Repubblica attribue la note de 8 à Zenga pour l’ensemble de son œuvre. Deux Coupes de l’UEFA aussi en 1991 et 1994. Mais Walter connaît également des moments troubles. En 1993/1994, l’Inter lutte pour le maintien en championnat. Avec d’autres cadres, « Spiderman » est contesté par les tifosi, manquant même d’être agressé aux abords de Giuseppe Meazza. Les Nerazzurri se sauvent finalement et concluent même la saison avec une deuxième couronne européenne. En finale contre Salzbourg, Zenga est impérial.

Le portiere est bien cependant sur une pente descendante depuis quelques années. À l’été, son club l’inclut dans les tractations avec la Sampdoria pour recruter Gianluca Pagliuca. Walter fait le chemin inverse et arrive donc à Gênes. Chez les Doriani, Zenga joue d’abord titulaire, avant de se faire doubler dans la hiérarchie. Après une pige en Serie B du côté de Padoue, le Milanais file aux États-Unis jusqu’en 1999 pour conclure sa carrière. En MLS aux New England Revolution, il termine son expérience par un rôle d’entraîneur-joueur. La transition vers sa nouvelle vie est toute trouvée.

Le souvenir amer du Mondial 1990

Grâce à ses prouesses à l’Inter, Walter Zenga s’est vite dégagé les chemins menant vers la Nazionale. Convoqué comme troisième gardien à la Coupe du monde 1986, « Deltaplane » obtient sa première sélection en match amical contre la Grèce en octobre 1986. Azeglio Vicini lui confie la place de titulaire à l’Euro 1988, où il sera l’un des protagonistes dans une compétition terminée à la troisième place par les Azzurri.

« Spiderman » est donc conforté à son poste pour la Coupe du monde 1990 en Italie. Durant le tournoi, il confirme son statut du moment de meilleur gardien de la planète. Walter sauve à plusieurs reprises ses coéquipiers et maintient sa cage inviolée pendant 517 minutes. Le record court toujours dans un Mondial. Tous les voyants sont donc au vert, jusqu’à la soirée napolitaine du 3 juillet. Face à l’Argentine en demi-finale, le portiere se rend coupable d’une sortie complètement ratée sur Caniggia. L’Albiceleste revient dans la partie et éliminera ensuite la Nazionale aux tirs au butLe rêve se brise.

Zenga rate se sortie, l’Argentin Caniggia égalise face à l’Italie, en demies du Mondial 1990.

« Deltaplane » est pourtant élu meilleur gardien de la Coupe du monde, mais cette erreur le suit encore aujourd’hui. « La vérité c’est que Caniggia a été bon pour anticiper ma sortie », se justifie-t-il. Malgré ses nombreuses prouesses azzurre, Walter Zenga laisse à beaucoup ce goût d’inachevé. Quelque peu injuste. Il a bouclé sa carrière avec 58 sélections. Seuls Zoff et Buffon ont fait mieux.

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Bonus :

Lorenzo, le Buffon originel

Grégory Canale

Rédacteur



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