L’Inter et sa filière allemande

Par Frédéric Marjary publié le 28 Mar 2019

Fin des années 90, Arrigo Sacchi, soutenu par la fortune de Silvio Berlusconi, décide de faire venir Marco Van Basten, Ruud Gullit puis Frank Rijkaard au Milan AC. Durant son mandat, le trio néerlandais rafle plusieurs championnats ainsi qu’une Champions League. Mais à cette époque, il n’y a pas que la partie rouge et noire de la ville qui s’amuse, puisque l’Inter construit également de son côté un trio magique.

Le débarquement en Italie

En 1988, l’Inter signe le duo germanique Lothar Matthaüs et Andreas Brehme en provenance du Bayern Munich. Matthaüs était le parfait exemple du joueur polyvalent. Il avait les capacités défensives pour jouer milieu récupérateur, il pouvait déborder sur le côté pour centrer, s’infiltrer en dribblant dans la surface de réparation, être adroit devant le but… Et malgré sa taille (1,74m), il était impressionnant dans les airs par sa détente. D’abord passé par le Borussia Mönchengladbach avant de rallier la Bavière, son habileté et son rôle de leader naturel lui ont permis de devenir un milieu de terrain de classe mondiale. Brehme, positionné sur le côté gauche de la défense, apprend et fait ses classes à Kaiserslautern avant de rejoindre le club munichois. A l’aise des deux pieds, le latéral allemand était un joueur vif d’esprit qui, grâce à son intelligence de jeu, prenait le dessus sur son adversaire.

Un début en fanfare

A leur arrivée, l’Inter n’a plus gagné de titre depuis 7 ans. Malgré leur grande qualité, les signatures de ces joueurs sont un grand risque pour le club qui n’a le droit à cette époque qu’à 3 joueurs étrangers sur la pelouse. Après une 5ème place décevante lors de la dernière saison, le club maintient sa confiance en Trappatoni. Durant l’exercice 1988-1989, la Beneamata n’encaisse que 19 buts en 34 matchs de Serie A. La défense, composée de Brehme, Baresi, Bergomi et Zenga, est une véritable forteresse. Cette saison là, Matthaüs vole sur l’eau et bonifie les joueurs qui l’entourent. Auteur de 40 buts en 4 saisons, Serena devient Capocannoniere en marquant 22 fois. Le numéro 10 allemand, sacré Ballon d’Or 1990, régale la botte grâce à ses gestes techniques et ses passes décisives. Après quasiment 10 ans de disette, le duo allemand mène le club milanais vers son treizième Scudetto.

Einz, Zwei, Drei

Pendant l’été 1988, Jürgen Klinsmann rejoint l’Inter après avoir atteint la finale de la Coupe UEFA avec Stuttgart et remporté le titre de meilleur joueur allemand de l’année. Peu imposant physiquement, l’Allemand avait un sens du but exceptionnel. Il finit meilleur buteur du club (15 buts) lors de la saison 1989-1990. Malgré une année positive pour le trio allemand sur le plan individuel, les Nerazzurri finissent 3ème du championnat, derrière le Napoli emmené par un Maradona intouchable, et le Milan AC.

Vainqueurs de la Coupe du Monde 1990, les Allemands reviennent en Italie avec un statut de superstars. Deuxième à l’issue du championnat, la saison 1990-1991 restera mémorable pour l’Inter puisque le club remporte pour la première fois de son histoire la Coupe UEFA. Les milanais éliminent le Rapid Vienne à l’arrache lors des 32ème de finale, réussissent à sortir Aston Villa après une incroyable remontada, se débarrassent aisément du Partizan Belgrade, de l’Atalanta puis du Sporting Lisbonne et l’emportent enfin contre l’AS Roma. Le club gagne un titre européen pour la première fois depuis 1965 dont l’influence allemande lors de cette épopée fut considérable.

Frédéric Marjary



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