CALCIOSTORY : La dernière coupe aux grandes oreilles de la Juventus à Rome

Par Jules Bel publié le 02 Avr 2019

En vue du quart de finale de Champions League de la Juventus face à l’Ajax Amsterdam, Calciomio vous propose une série de 4 articles retraçant l’histoire commune des deux clubs. Aujourd’hui, troisième partie avec un retour sur la finale de ligue des champions de 1996 opposant les turinois de Lippi aux amstellodamois de Van Gaal.

23 ans après la finale de 1973 remportée par les Hollandais, les deux clubs se retrouvent à nouveau en finale de la compétition le 22 mai 1996. Depuis cette finale perdue, la Juventus n’a pas chômé et a énormément étoffée son palmarès européen. Trois coupes de l’UEFA en 1977, 1990 et 1993, une coupe des coupes (C2) et une Supercoupe de l’UEFA en 1984, une C1 et une coupe intercontinentale en 1985 sont les 7 trophées européens ramenés à Turin durant cette période de 23 années.

Pour arriver en finale, la Juventus a sorti le Real de Guti, Raul et Zamorano en quart et le FC Nantes de Makélélé en demi finale. De son côté, l’Ajax a sorti le Borussia Dortmund en quart et les grecs du Panathinaïkos en demi. Le 22 mai 1996, dans un Stadio Olimpico bouillant, la Juventus renoue avec le succès en Champions League. Onze ans après la C1 remportée avec Michel Platini, les Turinois battent l’Ajax aux tirs au but.

La « plus belle équipe d’Europe » à la ramasse

Dès leur entrée sur la pelouse, les Néerlandais sont impressionnés. Le match se déroulant à Rome, le public est très largement supporter turinois. A cette époque, l’Ajax est décrite comme la plus belle équipe d’Europe avec des joueurs comme Davids, Kluivert ou encore Van der Sar. De son côté, la Juventus a également un effectif de qualité avec des piliers comme Vialli ou Ferrara et une jeune pépite : Alessandro Del Piero. Marcelo Lippi aligne une équipe en 4-3-3 quasi italienne puisque neuf des onze joueurs turinois sont italiens : les deux joueurs étrangers étant Deschamps et Sousa. On retrouve ces deux là au milieu de terrain avec Conte comme poumons de l’équipe. La défense est composée de Torricelli, Ferrara, Vierchowod et Pessotto sans oublier le portier qui n’est autre qu’Angelo Peruzzi. L’artillerie turinoise est constituée de Ravanelli, Vialli et Del Piero.

Résultat de recherche d'images pour "finale ligue des champions 1996"

Dès l’entame du match, l’Ajax est en plein doute. Comme l’a répété Didier Deschamps avant le match « Pour battre l’Ajax, il faudra presser, récupérer le plus haut possible et mettre un maximum de rythme« . C’est exactement ce que réalisent les turinois. Après seulement quelques minutes de jeu, Van der Sar repousse une frappe puissante directement sur Ravanelli qui tire mais manque le cadre. Le gardien hollandais n’a pas l’air dans un grand soir et cela se confirme quelques actions plus tard. En effet, à la 13ème minute de jeu, Van der Sar et son défenseur Franck De Boer ne communiquent pas et se font subtiliser la balle par le renard des surfaces, en embuscade, Fabrizio Ravanelli. Le numéro onze de la Juve se retrouve balle au pied dans un angle fermé sur le côté droit de la cage vide. Il vient placer un intérieur du pied droit qui longe le poteau et franchit la ligne. 1-0 pour les bianconeri, le stadio Olimpico exulte. L’Ajax est littéralement en train de boire la tasse.

Le réveil de l’Ajax

Les Néerlandais tentent quelques offensives mais en vain. Comme à la 34ème minute où Deschamps envoie en corner un centre de Musampa à destination de Litmanen. Le corner est tiré et c’est Peruzzi qui sauve les siens. D’abord en repoussant le corner du poing puis ensuite, en venant claquer la balle à côté de son poteau. L’Ajax devient de plus en plus menaçante. 40ème minute, coup franc tiré par Franck de Boer. Peruzzi repousse la balle dans l’axe, sur Litmanen. Le Finlandais contrôle, repousse Vierchowod et ajuste le gardien turinois. 1-1 le match est relancé.

En deuxième mi-temps, les Turinois durcissent leur jeu et gèrent le match. Van der Sar arrête plusieurs tirs dont un missile de Del Piero. A la 86ème minute, les turinois manquent même de « tuer le match ». Après une longue chevauchée de Padovano, encore frais puisque rentré seulement dix minutes plus tôt, Vialli drible Van der Sar et tir mais le ballon finit sa course dans le petit filet. Aucun but n’est inscrit pendant les trente minutes de prolongations et le vainqueur va donc être désigné aux tirs au but.

Un dénouement aux tirs au but

La séance commence avec Edgar Davids. Le joueur aux lunettes a livré 120 minutes de folie sur le terrain et doit maintenant se concentrer sur son tir. Il s’avance face à Peruzzi, place son ballon sur le point de penalty et recule. Il effectue sa course en deux temps et tir légèrement à droite de Peruzzi. Ce dernier plonge et repousse la frappe. La Juventus est alors en position de force. C’est ensuite à Ferrara de s’y coller. Le défenseur ajuste Van der Sar d’une superbe frappe complètement sur le côté gauche. Litmanen, Pessotto, Scholten et Padovano réussissent tous les quatre leur tir. 3-2 pour la Juve. S’en suit le tour de Sonny Silooy qui frappe mais tombe sur les gants de Peruzzi. Jugovic  n’a plus qu’à réussir son penalty pour voir les siens remporter la Coupe. Il s’élance, tir et vient loger le ballon dans le petit filet droit. Van der Sar ne peut rien faire et la Juve est championne d’Europe. L’Olimpico explose et les turinois sont en liesse. Vialli soulève la coupe aux grandes oreilles, onze années après celle de Platini.

Jules Bel



Lire aussi