DOSSIER-Euro 2016 : Andrea Barzagli, du triomphe aux larmes (23/23)

Par Hugo Ledroit publié le 13 Juin 2021
Crédits

Chaque semaine avant le début de l’Euro, Calciomio vous narre l’histoire de 23 joueurs qui, à leur manière, ont marqué les campagnes européennes de la NazionalePour terminer cette série nous allons évoquer l’Euro 2016 d’Andrea Barzagli. Durant cette campagne, le défenseur champion du monde s’était montré triomphant en défense dans le onze d’Antonio Conte.

Andrea Barzagli, une histoire faite de hauts et de bas en Nazionale

Avant de commencer la compétition la Nazionale n’est pas au mieux et est même en plein doute. Après le désastre du mondial brésilien en 2014, Antonio Conte doit venir secourir une équipe nationale en plein doute qui connait notamment un creux générationnel. En effet, les grands joueurs manquent dans cette équipe d’Italie et les médias transalpins parlent même à l’époque de « la pire Nazionale de tous les temps ». A rajouter à cela des tensions entre les cadres expérimentés et les jeunes dans l’équipe au moment de la Coupe du monde 2014 qui n’arrangent rien à la situation.

Il faut dire que dix ans plus tôt Fabio Cannavaro avait prédit ce manque de talents en Italie lorsque fut remis son Ballon d’or FranceFootball en 2006. Le défenseur champion du monde évoquait particulièrement le fait que l’on ne forme plus les défenseurs du pays à « l’italienne ». Et pourtant dans cette génération de la Squadra Azzurra du milieu des années 2010 c’est bien la défense qui sort du lot. La fameuse BBC (Bonucci Barzagli Chiellini) assure en défense et ainsi considérée comme la meilleure dans le domaine en Europe.

Andrea Barzagli lui connait une histoire faite de hauts et de bas avec la Nazionale. Jeune champion du monde en 2006 en étant sur le banc, l’ancien défenseur de Palerme a connu des moments douloureux avec l’équipe nationale. Nous pouvons notamment évoquer la campagne de l’Euro 2008, celle du mondial 2010 en Afrique du Sud ou encore le désastre brésilien de 2014. Néanmoins malgré tout Andrea Barzagli faisait partie de la fabuleuse épopée italienne à l’Euro 2012 en Pologne et en Ukraine en étant un titulaire indiscutable en défense.

Le taulier en défense d’une Italie triomphante et surprenante

Pour cet Euro 2016, l’Italie s’est qualifiée en finissant première de son groupe d’éliminatoires devant la Croatie. En Décembre 2015, les hommes d’Antonio Conte découvrent le tirage au sort et se retrouvent dans le groupe de la mort composé de la Belgique, de l’Irlande et de la Suède. Même si les meilleurs troisièmes peuvent se qualifier, les tifosi redoutent cette campagne européenne d’autant plus que l’effectif ne fait pas rêver.

Le premier rendez-vous a lieu le 13 Juin 2016 à Lyon contre la Belgique. Les Italiens partent tellement de loin que la presse italienne évoque ce match comme la confrontation entre la meilleure équipe belge de l’histoire et la pire Squadra Azzurra de tous les temps. Antonio Conte décide d’aligner son fameux 3-5-2 qui lui est si cher avec la BBC en défense. C’est un succès total, l’Italie gagne 2-0 contre la Belgique. La défense se montre impériale notamment Andrea Barzagli qui retrouve ses repères dans une défense à trois. Il faut rappeler que deux ans plus tôt les trois défenseurs évoluaient ensemble à la Juventus dans ce même système.

Andrea Barzagli et l’Italie se montrent triomphants durant toute la campagne. Rien ne passe contre la Suède et la Nazionale l’emporte 1-0. Malgré une défaite contre l’Irlande lors de la dernière journée de phase de groupes, l’Italie finit en tête du groupe. Cette dernière retrouve l’Espagne au Stade de France pour un huitième de finale de gala. A nouveau Andrea Barzagli est monstrueux avec ses compères de la Juventus ce qui permet aux siens de l’emporter 2-0 et de se qualifier ainsi pour les 1/4 de finale.

Des joies lyonnaises et dionysiennes aux larmes bordelaises

Cette fois-ci cela le sommet semble infranchissable pour l’Italie puisque c’est l’Allemagne championne du monde en titre qui se présente face à elle à Bordeaux pour ce quart. Barzagli est toujours titulaire en défense avec Chiellini et Bonucci. Les Italiens tiennent tête aux Allemands avant qu’Ozil n’ouvre la marque sur penalty à la 65ème minute de jeu. Bonucci lui répond et égalise de même sur penalty. La prolongation s’annonce et les deux équipes n’arrivent pas à se départager durant les trente minutes supplémentaires.

C’est donc l’épreuve des tirs au but pour l’Italie qui n’a jamais perdu contre l’Allemagne en compétitions officielles auparavant. Malgré son penalty inscrit, Barzagli voit son équipe s’incliner. La tristesse est profonde pour ce dernier qui s’effondre en larmes en zone mixte après la rencontre. Le héros de la défense italienne passe ainsi des joies lyonnaises et dionysiennes aux larmes bordelaises.

Cette épopée inattendue sera la dernière pour Andrea Barzagli qui rendra son tablier en sélection nationale après une autre nuit de tristesse en Novembre 2017 à San Siro après un barrage perdu contre la Suède synonyme de non participation au mondial russe de 2018.

À lire ou à relire : DOSSIER – Les joueurs de la Nazionale qui ont marqué l’Euro

  1. Euro 2000 – Toldo, le chef-d’œuvre contre les Pays-Bas
  2. Euro 2016 – Pellè, l’illustre inconnu en Italie devenu protagoniste le temps d’un été
  3. Euro 2008 – Gianluigi Buffon, le sauveur de la nation contre la Roumanie
  4. Euro 2012 : l’apogée de Super Mario face à la Mannschaft
  5. Euro 2012 : Cassano, le revenant
  6. Euro 2012 – La masterclass d’Andrea Pirlo
  7. Euro 1968 – Gigi Riva, le retour gagnant
  8. Euro 2016 – Giaccherini, la cheville ouvrière de Conte
  9. Euro 1996 – Zola, le maitre à jouer de Sacchi
  10. Euro 1964 – Alberto Orlando, un quadruplé historique
  11. Euro 1968-Giacinto Facchetti, un capitaine victorieux mais chanceux
  12. Euro 1968 – Pietro Anastasi, l’éclosion de “Pietruzzu ‘u turcu”
  13. Euro 1988 – Gianluca Vialli, le bomber d’une jeune et talentueuse Nazionale
  14. Euro 1968 – Dino Zoff, un leader est né 
  15. Euro 1972 – Roberto Boninsegna, un attaquant moderne 
  16. Euro 2016 – Simone Zaza et le pénalty manqué face à l’Allemagne
  17. Euro 1968- Gianni Rivera, parcours du Golden Boy
  18. Euro 2012- Di Natale, ou la surprise du chef 
  19. Euro 2000- Marco Delvecchio, le buteur malheureux
  20. Euro 2004 – Antonio Cassano, la surprise du chef
  21. Euro 2008 – Daniele De Rossi, les montagnes russes émotionnelles
  22. Euro 1996 – Maldini, le terzino devenu défenseur central 


Avatar

Hugo Ledroit



Derniers articles

Revue de presse quotidienne du calcio

Recevez chaque jour à midi un email avec nos meilleures actualités. (Service gratuit)

Inscription effectuée ! Vous aller recevoir un email et vous devez impérativement confirmer votre inscription.