DOSSIER : Euro 2012 – La masterclass d’Andrea Pirlo (7/23)

Par Grégory Canale publié le 04 Mar 2021
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Jusqu’au début de l’Euro, Calciomio vous narre l’histoire de 23 joueurs qui, à leur manière, ont marqué les campagnes européennes de la Nazionale. Retour aujourd’hui sur la magnifique prestation d’Andrea Pirlo à l’Euro 2012. Un tournoi sublimé par sa panenka face à Joe Hart, lors de la séance de tirs au but contre l’Angleterre, en quarts de finale.

2011/2012, la saison de la renaissance

À 33 ans, Andrea Pirlo s’apprête à vivre le troisième championnat d’Europe des nations dans sa carrière. Un tournoi qu’il aborde sereinement après une renaissance miraculeuse. Un an auparavant, à l’été 2011, le maestro vit une fin d’aventure compliquée au Milan AC. Perturbée par les blessures, le milieu de terrain ne dispute que 17 rencontres de Serie A avec les Rossoneri, champions de l’exercice 2010/2011. Beaucoup le pensent alors fini. Et en premier lieu Berlusconi et Galliani, qui décident de ne pas renouveler son contrat. Après dix ans de collaboration, l’histoire entre Pirlo et le club milanais s’arrête.

Mais le Lombard ne compte pas en rester là. Intéressé par un nouveau challenge, il s’engage gratuitement avec la Juventus qui, malgré son âge, lui offre trois ans de contrat. Un coup de poker qui va se révéler gagnant. Au sein de l’effectif d’Antonio Conte, Pirlo vit une seconde jeunesse. Véritable chef d’orchestre dans l’entrejeu bianconero, l’Italien utilise sa vista et ses pieds de velours pour conduire ses coéquipiers sur le chemin du scudetto. Sa maestria et son expérience, aux côtés de Del Piero et Buffon, ont été l’une des clés de la réussite turinoise.

La panenka face à Hart, son chef-d’œuvre

Revigoré, Pirlo l’est tout autant avec la Nazionale qui se présente à l’Euro 2012, après un mondial sud-africain désastreux. Le n°21 est chargé d’organiser la manœuvre de la Nazionale joueuse de Prandelli. À son poste fétiche, le joueur est craint par ses adversaires. En témoigne son entrée en compétition contre l’Espagne (1-1), où le milieu de terrain est muselé par Xabi Alonso et Busquets. Ce qui ne l’empêche pas de lancer merveilleusement Di Natale pour l’ouverture du score. Une passe décisive complétée d’un but dès le match suivant contre la Croatie (1-1), sur coup-franc, son exercice favori. Avant de faire profil bas lors de la victoire contre l’Irlande (2-0). Car Pirlo se prépare pour sa prochaine victime expiatoire.

En quarts de finale, l’Italie – deuxième de son groupe – doit se frotter à l’Angleterre. La rencontre est étouffante et s’étire jusqu’aux prolongations, sans pour autant désigner de vainqueur (0-0). Les deux sélections se départageront aux tirs au but. Le début de la séance semble prédire le pire. L’Italie est menée 2-1 après l’échec de Montolivo. Dans les buts britanniques, Joe Hart est déchaîné. Le portier tire la langue et danse sur sa ligne. Andrea Pirlo se présente alors comme troisième tireur. Au moment de frapper, le maestro fouette légèrement le ballon et trompe Hart d’une panenka magistrale. L’Anglais reste pantois et comprend que la confiance a changé de camp. Par la suite Young trouve la barre, Cole bute sur Buffon et Diamanti envoie finalement les Azzurri en demi-finale.

Homme du match à 3 reprises

« Le gardien semblait trop sûr de lui dans son attitude. Il fallait lui couper les ailes et c’est pour cette raison que j’ai tenté la panenka », souriait le milieu de terrain après coup. Ce geste génial, tournant contre l’Angleterre, reste comme son chef-d’œuvre absolu à l’Euro. Mais s’arrêter à cette prouesse serait réducteur dans une compétition disputée avec une immense classe. Andrea Pirlo a été désigné à trois reprises homme du match. Face à la Croatie, l’Angleterre et contre l’Allemagne. Même si Balotelli a attiré toute la lumière sur lui, le regista a joué la demi-finale dans un fauteuil, en étant à l’origine de toutes les bonnes actions du succès italien (2-1).

C’est sans doute en raison du naufrage en finale devant l’Espagne (0-4), qu’Andrea Pirlo n’a pas décroché le titre de MVP de l’Euro 2012, ravi par Iniesta. Mais sa présence dans l’équipe type du tournoi est une preuve que le milieu de terrain a sa place à la table des plus grandes légendes. Chapeau maestro !

À lire ou à relire : DOSSIER – Les joueurs de la Nazionale qui ont marqué l’Euro

1. Euro 2000 – Toldo, le chef-d’œuvre contre les Pays-Bas

2. Euro 2016 – Pellè, l’illustre inconnu en Italie devenu protagoniste le temps d’un été

3. Euro 2008 – Gianluigi Buffon, le sauveur de la nation contre la Roumanie

4. Euro 2012 : l’apogée de Super Mario face à la Mannschaft

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