DOSSIER : Euro 2000 – Toldo, le chef d’œuvre contre les Pays-Bas (1/23)

Par Yacine Ouali publié le 18 Jan 2021

Chaque lundi jusqu’au début de l’Euro, Calciomio vous narre l’histoire de 23 joueurs qui, à leur manière, ont marqué les campagnes européennes de la Nazionale. Premier épisode aujourd’hui, avec le chef d’œuvre de Toldo en 2000, contre les Pays-Bas.

Toldo, l’intrus

À l’orée de l’Euro 2000, la hiérarchie semble claire chez les gardiens italiens. Buffon est numéro 1, Peruzzi deuxième, et Toldo troisième. Rien ne le prédestine donc à un beau destin, mais un enchaînement de surprises va le projeter dans les cages : alors que Peruzzi se retire de la Squadra, énervé de n’être que numéro 2, Buffon se blesse à la main. Finalement, ce seront Abbiati et Antonioli qui suppléeront Toldo.

Si quelques observateurs cultivent des doutes quant à la capacité de Toldo à s’affirmer en mondovision, les quatre premiers matches de la Nazionale les rassurent, avec 4 victoires tranquilles. Quand les italiens se présentent à Amsterdam pour affronter des Hollandais surchauffés par leur public, Toldo ne provoque ainsi plus aucune inquiétude.

Personne, toutefois, n’était préparé à ce que Toldo vole la vedette à ce point.

Le sauveur de la Nation

En demi-finale de l’Euro, l’Italie n’est pas favorite. Les Pays-Bas arrivent avec une attaque de feu, menée par Kluivert, Bergkamp et Overmars. Et quand, peu après la demi-heure de jeu, Zambrotta reçoit un deuxième jaune, peu voient les italiens tenir leur cage inviolée pour le reste du match.

Après le carton rouge, les vagues oranges se succèdent sur le but bleu, et le chef d’œuvre de Toldo peut commencer. Le portier de la Fiorentina ne peut rien faire sur la frappe de Bergkamp qui touche le poteau, mais il prend ses responsabilités sur le premier pénalty offert aux Néerlandais.

Bousculé par Nesta, Kluivert gagne donc un pénalty, que Frank de Boer veut tirer. Sa frappe, forte, n’effraie pas Toldo qui l’arrête et célèbre : le plan de jeu des italiens tient.

À ce moment du match, Toldo a déjà fait bien plus que ce que l’Italie attendait de lui. Mais son épopée personnelle ne s’arrête pas là.

Par la suite, l’Italie se réveille un peu, mais un deuxième pénalty pour les Pays-Bas refait passer des frissons. Cette fois-là, c’est la providence qui sauve Toldo : pris à contrepied, le gardien voit bien heureusement le tir de Kluivert taper le poteau.

0-0, toujours. Les spectateurs sont stupéfaits ; l’Italie est bénie. La Squadra défend bien, et Toldo multiplie les parades contre Overmars, Van Bronckhorst et Seedorf.

La séance de pénaltys : la performance d’une vie

Quand l’Italie emmène les Pays-Bas aux tirs au but, les spectateurs de l’Amsterdam Arena n’en peuvent plus. La chance des italiens va bien s’éteindre !

Une fois de plus, c’est le contraire qui se produit, et Toldo est encore au centre des débats. S’ensuit la performance d’une vie : quand Bosvelt s’avance et tente de tromper Toldo, le portier ne se laisse pas intimider, reste au milieu et arrête le pénalty.

À 2-0 pour l’Italie, Stam envoie son pénalty dans les nuages et assombrit le ciel hollandais. Totti marque le 3-0 d’une panenka, et Kluivert s’avance pour le quitte ou double. Heureusement pour son pays, Kluivert convertit son pénalty, qui est le premier que Toldo encaisse dans ce match… à la 5ème tentative !

Mais la folie ne s’arrête pas là. Quand Maldini manque la chance d’envoyer l’Italie en finale, De Boer vient retenter sa chance contre Toldo, les espoirs d’un pays sur ses épaules. Pour la dernière fois ce soir là, le portier de la Fiorentina ressort ses habits de super-héros et arrête le dernier pénalty de la soirée.

Alors que ses coéquipiers accourent vers lui, extatiques, des milliers de choses passent par la tête de Toldo. Au cours du match, 6 pénaltys auront été tirés contre lui. Résultat : 1 buts, 2 ratés et 3 arrêts !

Si en finale Toldo ne réitérera pas ses exploits, il finit tout de même dans l’équipe du tournoi, et marque l’Italie à jamais par le chef d’œuvre d’une vie, au bout du bout d’une chaude nuit d’été à Amsterdam.

Yacine Ouali



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