DOSSIER : Euro 1968 – Gigi Riva, le retour gagnant (6/23)

Par Sébastien Madau publié le 22 Fév 2021

Chaque lundi jusqu’au début de l’Euro, Calciomio vous narre l’histoire de 23 joueurs qui, à leur manière, ont marqué les campagnes européennes de la Nazionale. Aujourd’hui, retour sur la performance de Gigi Riva lors de l’épopée italienne lors de l’Euro 1968. Avec le sacre jusqu’au bout du suspense.

Quand la Nazionale débute le Championnat d’Europe 1968, l’Italie est encore frappée par un traumatisme. Celui de l’humiliante élimination au Mondial 1966 en Angleterre, suite à la défaite contre la Corée du Nord (0-1). Les hommes de Ferruccio Valcareggi étaient donc attendus au tournant par tous les tifosi en quête de rachat. L’issue finale tiendra lieu de véritable résilience, pour ce qui reste aujourd’hui le seul succès italien dans cette compétition européenne. Parmi les artisans de ce succès : Gigi Riva. Qui entra dans l’histoire, bien qu’il ne joua qu’un seul match.

Un parcours poussif, une qualification à la pièce

Le début de l’épreuve -équivalent aux quarts de finale- se joue alors à huit, en match aller-retour. La Bulgarie est l’adversaire des Azzurri. A l’aller, à Sofia, les Italiens sont battus 3-2 mais limitent la casse, grâce notamment à un but de Pierino Prati à la 83e minute. Au retour, au San Paolo de Naples, Prati encore et Angelo Domenghini offrent le billet pour les demi-finales.
Les Italiens affrontent alors en confrontation directe l’Union Soviétique pour un match resté dans l’histoire après que le capitaine italien Giacinto Facchetti ait choisi le bon côté de la pièce… Oui car, à cette époque, c’est ainsi qu’on départageait les matchs sans vainqueur après 120 minutes. La finale se jouera donc le 8 juin face à la Yougoslavie qui vient d’éliminer l’Angleterre championne du monde. Il faudra en jouer deux, après le 0-0 de la première confrontation.
Et Gigi Riva dans tout ça ? Il faut dire qu’à cette époque, Gigi Riva revient de loin. En mars 1967, il se fracture le péroné face au Portugal après un duel face au gardien. Il fera son retour 6 mois plus tard en étant décisif lors des poules qualificatives avec 6 buts en 6 matchs. Paradoxalement, lors de la phase finale de l’Euro, il ne jouera qu’un seul match : la finale, la deuxième. Le sélectionneur Valcareggi va, à ce moment, contre l’avis de son staff médical qui estime que « Rombo di tuono » est toujours convalescent et n’est pas en mesure de débuter une rencontre.

Riva, le sauveur de la deuxième finale

L’Italie a certes l’avantage du terrain. Mais elle n’arrive pas à prendre le dessus. Lors du premier match les coriaces yougoslaves font d’ailleurs mieux que résister puisqu’il faudra attendre la 80e minute pour voir Domenghini égaliser à l’ouverture du score de Dzajic. Riva, lui, n’est pas de la partie (1-1). A l’époque, pas de séance de tirs au but, ni de pièce en finale. Celle-ci sera rejouée deux jours plus tard, toujours à Rome. Cette fois-ci, Riva est aligné en attaque avec Piero Anastasti et Gianni Rivera en 10. Valcareggi a changé 5 titulaires sur 11. Le coaching s’avèrera décisif : Riva et Anastasi font rapidement la différence (12e et 31e). L’Italie est sacrée championne d’Europe pour la première -et unique- fois de son histoire.
Après cette victoire, Gigi Riva sera considéré comme un joueur clé de la Nazionale. Deux saisons plus tard, il remportera le Scudetto historique avec Cagliari. Quelques semaines plus tard, la magnifique épopée mexicaine se conclura avec une finale perdue face au Brésil de Pelé (1-4). Riva y marquera 3 buts et la Squadra Azzurra y jouera le « Match du Siècle » face à la RFA (4-3, a.p). Avec 35 buts en 42 sélections, Gigi Riva est toujours le meilleur buteur de l’histoire de la Nazionale.

À lire ou à relire : DOSSIER : Les joueurs de la Nazionale qui ont marqué l’Euro

1. Euro 2000 – Toldo, le chef-d’œuvre contre les Pays-Bas

2. Euro 2016 – Pellè, l’illustre inconnu en Italie devenu protagoniste le temps d’un été

3. Euro 2008 – Gianluigi Buffon, le sauveur de la nation contre la Roumanie

4. Euro 2012 : l’apogée de Super Mario face à la Mannschaft

5. Euro 2012 : Cassano, le revenant

Sébastien Madau



Lire aussi