Pour eux, nouvelle résolution rime avec confirmation : Fabian Ruiz, un Conquistador au Royaume de Naples (4/7)

Par Rafaele Graziano publié le 27 Jan 2022
Crédits

Quatrième protagoniste de notre étude, Fabian Ruiz figure parmi les talents les plus prometteurs du Calcio. Du Real Betis à la Roja, le milieu sévillan gagne ses éperons à Naples arborant fièrement les couleurs azzurre au sommet du championnat tel un Conquistador brandit son drapeau en terre conquise. Des critiques liées à son physique jugé trop chétif à une titularisation indiscutable dans un groupe prétendant au Scudetto, le jeune rojito éclabousse l’Italie de toute sa classe et semble s’installer confortablement à la table des confirmés de Serie A. Nul doute, c’est un fuoriclasse que le Napoli tient là.

Premier rempart

Absent cinq journées pour une déchirure aux abducteurs, Ruiz parvient tout de même à fouler les terrains italiens à 18 reprises cette saison. De quoi faire sérieusement défaut à certains dans leur course aux statistiques personnelles. Il n’en sera rien de l’Espagnol de 25 ans qui se targue déjà et allègrement d’un statut de taulier au sein du groupe partenopeo. Parmi ses qualités de mezz’ala, on retrouve une admirable capacité de récupération. Son art du placement, sa carrure et sa concentration à toute épreuve lui offrent de sérieux atouts défensifs comme en témoignent ses 20 ballons repoussés et ses 14 interceptions – des chiffres réservés naturellement à un mediano comme Anguissa, son homologue napolitain de qui il n’a pas à rougir.

Tour de contrôle

Le jeune virtuose n’est pas uniquement formé pour harceler ses adversaires, non, son premier devoir – rempli avec brio, vous allez voir – est de rédiger la partition et d’en donner le tempo. Véritable métronome, Fabian Ruiz est un passeur hors-pair doté d’une technique hors du commun. Il cumule pour l’instant 1 330 passes pour la bagatelle de 1 216 réussies (3ème meilleure performance du championnat), un taux de réussite avoisinant les 92% donc, 83% sur les passes longues (littéralement, 83 sur 100 tentées) et 89,2% dans le camp adverse. La précision par un mental d’acier, voilà ce qui fait les affaires du Napoli depuis 2018 d’abord sous Ancelotti, puis Gattuso et désormais Spalletti. Si aujourd’hui son positionnement est plus reculé qu’avec ses précédents entraîneurs, son implication dans le 4-2-3-1 napolitain en est que décuplée. Ainsi, il couvre davantage de terrain (court en moyenne 10,8km/ match), améliorant son placement en phase de non possession et se montrant systématiquement incisif entre les lignes. Le prouvent ses huit centres, trois passes décisives et ses 24 occasions créées – un rendement plus maigre que Zielinski (bien plus offensif) mais plus impressionnant au vu de son évolution tactique.

Tireur d’élite

Forcé de s’adapter au jeu de Spalletti, on aurait pu s’attendre du milieu napolitain qu’il se montre moins décisif face au but. Folle idée que celle-ci. S’il est un reproche qu’on peut lui imputer, c’est sans doute son appréhension du tir. Enfin, un reproche vite oublié quand on sait que sur douze tirs tentés, l’Espagnol en cadre huit et en plante cinq, évidemment en dehors de la surface car, autrement, ce serait bien trop simple. Avec 41,7% de succès au tir longue-distance cette saison, le seul regret est qu’on aimerait en voir davantage ! Véritable spécialiste en la matière, Ruiz domine non seulement la Serie A mais l’Europe entière. C’est très simple, personne ne fait mieux que lui dans les cinq championnats majeurs depuis maintenant trois saisons. Cette année encore, il compte à lui seul presque autant de buts en dehors de la surface que le champion anglais de la discipline Chelsea (9). Il perpétue ainsi l’incroyable tradition de snipers napolitains avec Mertens (troisième meilleur tireur depuis 2013 en Europe) et Insigne.

Privilégiant le placement aux dribbles, la pondération à la précipitation, Fabian Ruiz n’a cessé de grandir depuis son arrivée dans la città del sole. Mezzala ou milieu central, partout où il passe, il régale. Aujourd’hui à mi-exercice il est sur le point d’égaler sa meilleure saison et si celle-ci devait être sa dernière en Serie A – un retour dans la péninsule ibérique étant grandement évoqué notamment du côté du Real Madrid qui lui tend les bras – on ne pourra qu’affirmer qu’elle fut celle de sa confirmation

À lire également :

1 . Rafael Leão, montrer enfin les crocs !
2 . Calhanoglou, fuoriclasse après tout ?
3 . Berardi, pour guider les Azzurri ? 
4. Fabian Ruiz, un Conquistador au Royaume de Naples !

À suivre …

Recevez chaque jour les actus du foot italien dans votre boîte mail.

Inscrivez-vous pour recevoir notre newsletter quotidienne (gratuite)

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Rafaele Graziano



Derniers articles