DOSSIER : Cinq histoires de flops du mercato. Épisode 5 : Gaizka Mendieta, Bérézina romaine

Par Aurélien Bayard publié le 31 Août 2019

Chaque année, le mercato constitue cette période d’espoir où les effectifs se chamboulent et se réinventent. C’est là, en plein cœur de l’été, que se jouent les futurs succès comme les plus amers débâcles. Chaque samedi jusqu’à la fin du mercato, fixé au 2 septembre, Calciomio vous raconte des histoires de flops retentissants… Ultime épisode aujourd’hui, avec le passage Gaizka Mendieta à la Lazio.

Le roi de Mestalla

La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre. Voilà ce qui est un bon début pour qualifier Gaizka Mendieta. Son père, Andrés, a eu l’honneur de passer dans les rangs du Real Madrid – sans jouer un match – mais aussi de garder les bois de l’équipe d’Espagne lors des J.O de Moscou 1968. Mais cet amour pour le football a failli ne jamais s’enflammer. Gaizka décide à 14 ans de se consacrer à l’athlétisme. Heureusement, l’infidélité ne dure que deux ans et il revient vers son premier amour. Il se retrouve dans l’équipe de CD Castellón, ancien club de son paternel pendant 4 ans. En à peine une saison le jeune basque tape déjà dans l’œil du grand club de la région : le Valencia CF. Il s’installe progressivement dans l’entrejeu et ses bonnes performances lui permettent d’être sélectionné pour les J.O d’Atlanta. L’aventure finit en quart-de finale, une désillusion, comme il en connaîtra d’autre avec la Roja. Avec des joueurs comme Canizares, Baraja et autres Angulo, Valencia est assurément une des équipes les plus sexy du début des années 2000. Mendieta régule le jeu, distribue des caviars et marque quand il faut prendre ses responsabilités. En 2000 et 2001, les murcielagos se retrouvent en finale de la Champions League mais réalisent l’exploit de perdre les 2 fois. Maigre consolation : Gaizka est élu meilleur milieu de terrain européen ces années-là.

Le Fiasco du Siècle

Admirateur de Gullit, Mendieta devait forcément rejoindre le Calcio. Malgré une cour assidue du Real, il rallie la Lazio. A 28 ans il a la lourde tâche de remplacer Pavel Nedved. Vu des tribunes ils semblent pourtant identiques mais le reste de l’histoire est moins enchanteur. Le championnat commence mal et Dino Zoff se fait vite remplacer par Zaccheroni. Les biancocelesti se ressaisissent et terminent la saison en étant qualifiés pour la Coupe de l’UEFA. Cependant, les deux défaites dans le derby dont un cinglant 5-1 marquent au fer rouge une saison décevante. Pour Gaizka, les blessures et les méformes l’accompagnent tout au long de cette saison. 20 matches de championnat – dont seulement 6 disputés complètement – aucun but, aucune passe décisive. Véritable symbole d’un mal-être, il ne prendra jamais ses responsabilités sur les 3 penaltys qu’il provoque. Pourtant, un soir de mai 2001, il avait réussi à tromper 2 fois Oliver Kahn dans cet exercice. Forcément la presse ne l’épargne pas. Elle parle du gaspillage d’argent le plus important et le plus décevant de l’histoire du football. Les tifosi laziali s’en donnent aussi à cœur joie puisqu’ils en profitent pour réaliser des pancartes clamant que Gaizka ne vaut pas un peseta.

Derniers soubresauts

La fuite est inéluctable devant tant de haine et le basque trouve refuge au FC Barcelone. Mendieta retrouve des couleurs mais le talent du basque semble s’évaporer. Non conservé, le meneur de jeu ne se voit pas offrir pas une seconde chance dans la Ville éternelle. La folie des grandeurs de Cragnotti a vidé les caisses et le salaire du meneur de jeu pèse sur les comptes romains. Middlesbrough saute alors sur l’occasion. Là encore, Gaizka prouve qu’il n’est pas encore mort pour le football et participe activement à la conquête de la Carling Cup. Grâce à elle, les anglais s’offre un parcours héroïque en Coupe de l’UEFA l’année suivante. Les voilà en finale face au FC Sevilla. Mais la loose ne lâche pas Mendieta. Blessée la veille, il voit les siens perdre la rencontre face à Séville. Dernier frisson d’une carrière qui se stoppe en 2008 à cause des blessures. Et maintenant ? Comme avant, Gaizka dicte le rythme mais sur des platines.

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Aurélien Bayard



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