Dossier : Cagliari, 100 ans de passion. 1990, le retour en Serie A, l’arrivée de Francescoli (6/9)

Par Florian Giunta publié le 17 Fév 2020

La saison 2019-2020 revêt une importance particulière pour le Cagliari Calcio. Il s’agit en effet de la saison du Cinquantenaire du Scudetto de 1970 emmené par le buteur Gigi Riva, mais également du Centenaire de la naissance du club, actée le 30 mai 1920 à l’initiative de passionnés de football. Tout au long de la saison, Calciomio vous fera revivre chaque mois les grandes étapes de ce siècle d’histoire et de passion en Sardaigne, et au-delà. Sixième épisode qui nous mène à l’aube des années 90 et de l’ambition retrouvée avec l’arrivée d’Enzo Francescoli.

Le Cagliari Calcio a passé l’essentiel des années 80 dans les joutes des Serie B et C. Ce 7 juillet 1990 – jour où débarque l’international uruguayen en Sardaigne – annonce avec fracas le retour du club dans l’élite. Sous la houlette de Claudio Ranieri, le club est passé en deux ans de la Serie C à la Serie A et le président Antonio Orrù veut marquer le coup. A l’époque du Milan AC des Hollandais et du Napoli de Maradona, ce Cagliari-là a l’accent uruguayen.

Le symbole de l’ambition

Enzo Francescoli, « Il Principe », revient d’une coupe du monde. Il était le capitaine d’une céleste bien grise éliminée par l’Italie de Schillaci et Serena en huitièmes de finale. Enzo Francescoli arrive de Marseille. D’un OM qui fait figure de perdant maudit en Europe. Et la main de Vata a été plus décisive que le retourné de l’Uruguayen contre Benfica au match aller de cette coupe d’Europe des clubs champions. Bref, c’est une star que recrute le président Orrù. C’est l’idée du sulfureux agent Paco Casal qui a déjà permis le recrutement de José Herrera et de Daniel Fonseca : « Et si on essayait de prendre aussi Francescoli ?« . Francescoli accepte car il veut un nouveau défi, une remise en question et selon ses mots « sentir la peur de perdre« . Aussi, il n’est pas homme des choix faciles, s’étant engagé en 1986 avec le Racing club de Paris de Lagardère. Pourtant, à l’époque en Italie, l’AS Roma, l’Inter, le Milan AC et la Juventus lui avaient fait les yeux doux.

Un prince d’abord peu charmant

« Je conservais la volonté de me jauger dans ce championnat en intégrant n’importe quelle formation« . Enzo cherche avant tout un défi personnel plutôt qu’un groupe à emmener haut. Bien que très talentueux, il a l’image d’un joueur inconstant, peu puissant, peu au service des ses coéquipiers, peu sociable et peu altruiste. À ceux qui voient son arrivée chez le promu sarde comme un nouveau choix hasardeux, il répond : « Pour moi, trois choses ne se discutent pas : la religion, la politique et le foot. Que j’ai tort ou raison, je défends toujours mon choix« . Ses débuts sont difficiles et les critiques sont vives. Malgré tout l’Uruguayen ne manque pas d’excuses. Il est arrivé blessé, sans préparation et sans n’avoir quasiment pas pris de vacances depuis 1986. De plus, le Cagliari de Ranieri attend l’adversaire quand l’OM de Gili prenait le jeu à son compte.

Quand le prince gagne ses quartiers de noblesse

La deuxième partie de saison sera d’une autre trempe. Francescoli marque un but par mois et son influence grandit. Puis, comme un symbole, lors de la première journée de la nouvelle saison, il marque deux buts face à la Sampdoria de Vialli et Mancini. Son influence au sein du groupe dépasse les treize buts marqués lors des saisons 91-92 et 92-93. Il s’attache à Fonseca, apprend à aimer la ville ainsi que l’île et leurs richesses. Ce qui était au départ une thérapie individuelle est devenue une aventure collective au service d’une ambition ; celle de remettre Cagliari dans la partie gauche du classement. Au printemps 1993, Cagliari finit sixième et se qualifie pour l’UEFA. Après 98 matchs et 17 buts, l’Uruguayen dira  : « Quand j’enfile le maillot rossoblù, j’éprouve la même émotion qu’en portant celui de la Céleste ». Il y a des thérapies qui profitent à tous…

A lire aussi :

Episode 1 : la fondation du club en 1920 (1/9)

Episode 2 : la première accession en Serie A en 1964 (2/9)

Episode 3 : Gigi Riva, la légende (3/9)

Episode 4 : Manlio Scopigno, l’entraîneur du Scudetto (4/9)

Episode 5 : La sage des grands présidents (5/9)

Episode 6 : 1990, le retour en Serie A, l’arrivée de Francescoli (6/9)

Florian Giunta



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