Une longue histoire entre Cagliari et l’Uruguay

Par Sébastien Madau publié le 20 Sep 2019

Cet été, Cagliari a été l’un des clubs italiens les plus actifs sur le marché des transferts, voulant marquer le coup en cette saison du Centenaire (1920-2020). Une des négociations ayant provoqué le plus de commentaires, de par sa longueur, est bel et bien celle portant sur le recrutement du milieu uruguayen Nahitan Nandez (23 ans). Il aura fallu en effet près de 6 mois de tractations et un mois d’août interminable entre les dirigeants des deux clubs (et surtout son agent) pour voir enfin le joueur de Boca Juniors débarquer en Sardaigne. Avec Nandez, c’est le réamorçage de ce qui s’apparente à une tradition à Cagliari, celle des joueurs uruguayens. D’autant qu’un compatriote -Cristian Oliva (23 ans)- fait également partie de l’effectif actuel, sans être pour le moment parvenu à s’imposer.
L’Uruguay, avec ses 21 joueurs, est le pays qui a fourni le plus gros contingent d’étrangers à Cagliari en un siècle d’existence. Surtout depuis ces trente dernières années. Le premier de la liste est l’attaquant Waldemar Victorino qui marqua 2 buts en 17 matchs lors de la saison 1982-1983. Depuis lors, tout s’est accéléré.

Et Francescoli devint « Le Prince »

Eté 1990. Cagliari remonte enfin du purgatoire, de la Serie C à la Serie A en deux saisons. Pour son retour dans l’élite du calcio, le président Antonio Orrù veut marquer les esprits et fonder une équipe compétitive afin d’éviter de faire le yo-yo. Il n’y va pas par quatre chemins en recrutant le capitaine de la sélection nationale Enzo Francescoli à l’Olympique de Marseille. Avec lui, ses compatriotes José Herrera et Daniel Fonseca font également le déplacement. A une époque où les clubs ne peuvent pas inscrire plus de 3 étrangers dans le 11 de départ, l’influence « celeste » ne fait pas l’ombre d’un doute.
Satisfait par le rendement de ces trois joueurs (320 matchs cumulés et 51 buts), le nouveau président de Cagliari Massimo Cellino poursuit le filon. Fonseca (1992), Francescoli (1993) et Herrera (1995) quittent progressivement l’île. Mais ils sont rapidement remplacés. Pour cela, les dirigeants vont s’appuyer sur l’expérience et le réseau du « maestro » Oscar Washington Tabarez. L’entraîneur s’installe sur le banc une première fois lors de la saison 1994-1995. Il fait de José Herrera un de ses hommes forts. Après une saison positive (9e à seulement 2 points d’une qualification européenne), Tabarez s’engage avec le Milan. Mais les liens ne sont pas pour autant rompus avec le club sarde, loin de là. Ses tuyaux sont les bienvenus. Il souffle à l’oreille de son ancien président les noms de Dario Silva (97 matchs, 24 buts entre 1995 et 1998) et surtout Fabian O’Neill (136 matchs, 16 buts entre 1996 et 2000) qui reste un des plus grands talents ayant revêtu le maillot rossoblù.

L’inoxydable Diego Lopez

Lorsque Oscar Tabarez revient à Cagliari à l’été 98, il ne vient pas les mains vides. Il recrute Nelson Abeijon et Diego Lopez en Espagne, au Racing Santander. Le premier séduit les tifosi par sa fougue (175 matchs, 12 buts entre 1998 et 2006), le second entrera carrément dans le TOP 7 des joueurs les plus capés du club (343 matchs, 9 buts entre 1998 et 2010) et portera à deux reprises le costume d’entraîneur. A l’image d’Oscar Tabarez, Diego Lopez garde un œil attentif envers le marché uruguayen, à l’affût d’une bonne affaire. Mais la tâche est ardue car le football a changé depuis les années 1990. Ils sont encore une demi-douzaine à venir jouer en Sardaigne, mais aucun (Peralta, Bizera, Risano, Ceppelini, Cabrera, Carini, Vecino, etc.) ne réussira à s’imposer. Certains seront même des flops retentissants.
Nahitan Nandez a beaucoup de pression sur le dos. Par les espoirs qu’il a suscités et les premières prestations réalisées. Il aura la tâche de contribuer à faire franchir à Cagliari un nouveau palier et pourquoi pas, à l’occasion, relancer ainsi une des plus belles traditions de l’histoire du club. Faite de belles histoires.

Sébastien Madau



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