Le nouveau stade de Cagliari enfin sur de bons rails

Par Sébastien Madau publié le 22 Oct 2019

Le Cagliari Calcio pourrait jouer dans son nouveau stade pour la saison 2023-2024. C’est ce que laissent entendre la Municipalité au sujet de cet épineux dossier. Epineux depuis le début des années 2000, lorsque l’historique Stade Sant’Elia construit en 1970 et réaménagé en 1990 pour le Mondiale, commençait à donner des signes de faiblesses: piste d’athlétisme inutilisable, faible éclairage, pelouse jaunie, etc . Ajoutez à cela des relations tendues entre les mondes sportif et politique et vous arriverez à la situation actuelle : un Sant’Elia désaffecté gagné par les herbes folles qui cohabite avec la Sardegna Arena de 16.000 places. Si cette dernière a réussi à se forger une identité (fort taux de remplissage, absence de grillages, tribunes proches du terrain), elle n’a qu’une destinée éphémère. Et les échafaudages qui la composent sont voués à être démontés aussi vite qu’ils avaient été montés.

Faire vivre une enceinte 365 jours par an

Dernièrement, le projet a pris un coup d’accélérateur. En mars 2019, la Municipalité de Massimo Zedda (centre-gauche) a déclaré d’intérêt public le projet à quelques jours des élections. Un choix qui ne l’aura pas empêché d’être battu par Paolo Truzzu (centre-droit). En 2016, un tel soutien avait déjà été assuré par Zedda mais le projet avait été ensuite abandonné.
Concrètement, le projet mise sur un stade d’environ 30 000 places permettant d’accueillir des matchs internationaux et d’être pourquoi pas dès 2024 une ville hôte de l’Euro.

Le nouveau maire Paolo Truzzu espère acter un plan des travaux d’ici la fin 2019 et envisager une inauguration en 2023. Comme le veut la tendance (économique et sportive), la structure comprendra, outre le stade, une zone commerciale avec bars, restaurants, magasins, au coeur des quartiers portuaires Sant’Elia et San Bartolomeo. « Le nouveau stade ne peut être pensé comme une simple structure pour les matchs » a affirmé à La Gazzetta dello Sport le nouveau premier magistrat de la ville. « Il s’agit d’un projet de développement pour la zone, il doit vivre 365 jours par an avec un hôtel et une zone commerciale ». Le lieu d’hébergement pourrait appartenir au club. Une école de foot Gigi Riva devrait également s’y implanter. Le tout étant désenclavé grâce à une ligne de métro. Ces quartiers « ne seront plus les périphéries oubliées, mais la clé de voûte de la ville nouvelle qui tournerait autour de cette importante structure » envisage dans L’Union sarda Edoardo Tocco, président du Conseil municipal.

Pour l’heure une inconnue semble demeurer quant au jeu de chaises musicales entre le chantier du futur stade, la Sardegna Arena et les vestiges du Sant’Elia. Le tout en lien avec l’activité sportive du Cagliari Calcio qui aimerait éviter d’émigrer trop longtemps.

La fin d’une tragi-comédie à l’italienne

La livraison du nouveau stade viendra mettre un point final à une polémique qui n’a que trop duré. Les péripéties avaient contraint le club à jouer des mois durant ses matchs à domicile dans des lieux tels que Tempio (4 000 places) ou Trieste (1000 km). Sans parler de l’épisode Is Arenas, un stade de 16 000 places sur la commune de Quartu Sant’Elena, dans la périphérie de Cagliari, que l’ancien président Massimo Cellino avait choisi pour y faire jouer son équipe. Ce qu’elle fera durant 14 matchs lors de la saison 2012-2013 dont 7 à huis-clos faute d’autorisations des instances. Ce projet fera définitivement pschiiiit lorsque, soupçonné de détournements de fonds publics, Massimo Cellino et des élus locaux feront de la prison préventive; en attendant la sentence définitive d’un procès pour lequel 4 ans de prison ont été requis contre le dirigeant devenu depuis président de Brescia.

Tout le monde a à gagner d’une issue favorable du projet. Le club d’abord, qui entrerait enfin dans le 21e siècle et pourrait prétendre à des ambitions sportives et économiques pérennes. Les tifosi ensuite, car trop longtemps, les conditions de sécurité ont été borderline. Enfin, un nouveau stade à taille humaine, en phase avec la réalité de l’île permettrait à ce territoire d’avoir à sa disposition un nouvel outil au service d’une dynamique nouvelle.

Sébastien Madau



Lire aussi