Cagliari : l’heure de la crise a encore sonné

Par Sébastien Madau publié le 12 Jan 2021

Un but du bout du pied du Florentin Dusan Vlahovic à 20 minutes de la fin d’un match mièvre et voilà Cagliari qui s’enfonce un peu plus dans la crise. Après 17 journées, les Sardes se retrouvent à la 16e place à seulement 2 points du premier relégable, le Torino. Les hommes de Eusebio Di Francesco n’ont glané qu’un petit point lors des 5 dernières rencontres. Un bilan comptable catastrophique qui explique la grave situation pour l’équipe… mais également pour l’entraîneur qui se retrouve en position plus que délicate.
Comment en est-on arrivé là, alors que le président Tommaso Giulini arborait à la reprise de belles ambitions pour les Rossoblù, à savoir terminer sereinement dans la première moitié de tableau. Avec la victoire à trois points et 21 matchs à disputer, rien n’est évidemment perdu, mais le sursaut est obligatoire.
Tout d’abord, l’équipe présente un signe qui ne trompe pas pour les effectifs en difficulté : un gardien et un attaquant qui tiennent miraculeusement le groupe hors de l’eau. Le portier Alessio Cragno confirme sa place dans le TOP 5 italiens. Il a, à maintes reprises, sauvé les meubles face aux attaquants adverses. A l’opposé, Joao Pedro continue à faire trembler les filets : 10 buts en 17 matchs. Quant au reste ? Il laisse à désirer.

Des attentes déçues

Ensuite, force est de constater que la campagne de recrutement n’a pas atteint les objectifs escomptés. Entre blessures et Covid-19, Diego Godin n’a pas apporté l’expérience et la sérénité qui manquent tant depuis plusieurs saisons dans la défense sarde. Rien de scandaleux, mais rien qui permette le saut quantitatif attendu. D’autant plus que le secteur défensif est principalement composé de jeunes pousses en quête d’encadrement pour grandir : Walukiewicz (20 ans), Carboni (19), Tripaldelli (21), Zappa (21). Razvan Marin et Riccardo Sottil ont montré de belles choses mais ils n’ont pas encore la carrure pour porter une animation de jeu. Le retour, lors du mercato d’hiver, de Radja Nainggolan devrait muscler l’entre-jeu et la vision vers l’avant. Comme ce fut la cas la saison passée.
Parmi les joueurs plus capés, les attentes sont aussi -voire plus- grandes. Le feu follet Nahitan Nandez est bourré de talent. Mais il doit prendre encore plus d’assises dans ses percussions. Et être plus décisif et présent devant le but (seulement trois depuis son arrivée en 2019). L’Uruguayen devra également se concentrer sur le jeu et éviter les sautes d’humeur comme contre le Napoli, lui valant deux matchs de suspension. A l’attaque Giovanni Simeone -et surtout- Leonardo Pavoletti doivent rapidement retrouver le chemin des filets.

Di Francesco en ligne de mire

Le groupe cagliaritain avait le potentiel pour figurer à ce stade à une place plus honorable. Même si le TOP 7 de Serie A, synonyme de qualification européenne, est quasiment inatteignable. D’autant plus que Eusebio Di Francesco a pris possession de son groupe très tôt. En effet, il avait débarqué en Sardaigne quelques jours à peine après la fin du championnat dernier. A peine Walter Zenga avait-il fait ses valises. Son 4-3-3 laissait présager de belles perspectives, au vu des éléments en capacité de porter ce projet avec une épine dorsale Cragno – Godin – Rog – Nandez – Simeone – Joao Pedro. Visiblement, cela ne suffit pas. D’autant plus que l’équipe a laissé filer à plusieurs reprises des points dans les dernières minutes (Sassuolo, Spezia) ou raté des occasions flagrantes comme ce pénalty de Joao Pedro dimanche à Florence alors que le score était encore vierge. Un luxe, quand on sait que chaque point compte dans ce groupe d’une dizaine d’équipes.
Comme tous les entraîneurs en manque de résultats, Eusebio Di Francesco se retrouve en situation délicate. Certes, il renvoie sur ses dirigeants qui, eux, jurent le cœur sur la main, qu’ils lui apportent toute leur confiance. On connaît la chanson. Pas sûr que la réception du leader milanais lors de la prochaine journée soit la meilleure occasion pour rebondir. A moins qu’elle devienne le symbole du sursaut.

Sébastien Madau



Lire aussi