AS Roma : Le bilan de l’ère Pallotta

Par Julien Ruis publié le 07 Août 2020

Le feuilleton est enfin terminé, l’AS Roma change de propriétaire. L’annonce est tombé sur le site officiel du club : « L’AS Rome confirme qu’un accord a été trouvé cette nuit entre AS Roma SPV LLC, actionnaire majoritaire de AS Roma S.P.A, et le Groupe Friedkin pour la vente du club. Les contrats ont été signés mercredi soir ». Propriétaire et président depuis 2012, James Pallotta laisse le club à son compatriote Dan Friedkin, et quitte la ville éternelle après 8 années de mandat. Le bilan du désormais ex-propriétaire est loin des promesses annoncées lors de son arrivée. Ses rapports continuellement conflictuels avec les tifosi, dirigeants et anciens joueurs ne sont que l’illustration d’un mariage qui n’a jamais fonctionné. L’heure est donc venue de faire le bilan de l’ère Pallotta à l’AS Roma.

Une instabilité sur le terrain et en coulisse

L’instabilité est le maître mot de la présidence de James Pallotta. Depuis son arrivée au club, chaque saison a vu son lot de départs et d’arrivées, que ce soit sur le terrain ou dans les bureaux. Lors de sa prise de fonction, le nouveau propriétaire semble assez clair sur ses intentions : « Je ne devrais pas commencer à parler de football, je n’ai pas les compétences de notre staff technique. Ce n’est qu’une question de temps jusqu’à ce que nous arrivions là où est notre place ». Malgré un retour en Champions League au terme de la saison 2013/2014, sous la houlette de Rudi Garcia et le très bon parcours européen de Di Francesco, l’Américain n’a jamais permis à l’AS Roma d’avoir la capacité financière, ni l’attractivité sportive, afin de garder ses meilleurs éléments. Les départs de Marquinhos, Pjanic, Salah, Alisson ou encore Benatia témoignent de cette réalité. L’AS Roma n’aura jamais passé ce cap sur le terrain, malgré les promesses de Palotta. De plus, il aura su se mettre à dos les légendes du club que sont Totti et De Rossi, et aura offert une porte de sortie indigne pour les idoles de l’Olimpico. Pourtant, lors de son arrivée, il déclarait vouloir s’appuyer sur de tels joueurs : « Ce sont des personnes très importantes, ils représentent très bien la Roma, et pour cela, nous voulons les garder le plus longtemps possible. Pour moi, ils sont la Roma ». Le départ houleux de Nainggolan continuera une fois de plus d’exaspérer les tifosi, et les décisions du président en plus d’être incomprises, paraissent incohérentes sportivement. Sur le banc, les coachs se succèdent également. Sur ces 8 années de présidence, il aura recruté 7 entraîneurs.

Mais l’instabilité règne également en coulisse. La direction sportive voit différents noms se succéder. En 2016, l’excellent Walter Sabatini quitte le club, pour être remplacé par le directeur sportif à la mode, Monchi. La greffe ne prendra pas entre l’Espagnol et l’AS Roma. Détesté par les supporters pour ses choix forts sur l’effectif, Monchi laissera sa place à Petrachi en provenance du Torino. Mais, une fois de plus, Palotta décidera de couper court à cette collaboration, pour divergence d’opinion.

Des finances dans le rouge, un grand projet inabouti et un départ inéluctable

La gestion financière du club est également au cœur des débats. Lors du dernier rapport financier, l’endettement de l’AS Roma s’élevait à 278,5 millions d’euros, soit près de 60 millions de plus comparé au bilan au terme de la saison 2018-2019. La politique sur les transferts fut également défaillante. Sur les 8 années, 796.75 millions d’euros ont été dédiés à l’achat de joueurs contre 783.78 millions d’euros de ventes. De plus, quelques recrutements ont été mal négociés et trop coûteux, et certains salaires accordés bien trop élevés. La gestion de Pallotta aura eu raison des finances romaines.

Le grand projet n’aura finalement jamais abouti. L’idée de quitter l’Olimpico, et de construire sa propre enceinte a toujours germé dans la tête de Pallotta. Malheureusement, entre les réticences de la mairie et les différents changements d’implantation, le rêve ne restera qu’a l’état de projet. De plus, les dettes accumulées par le club auront eu raison de ses ambitions.

En froid avec l’ensemble des tifosi, James Palotta quitte le club avec un bilan plus que mitigé. Certes, l’équipe aura retrouvé durant un temps la Champions League sous son règne, mais sa gestion humaine, financière et sa communication ne manqueront certainement pas aux Giallorossi. Sans avoir garni davantage l’armoire à trophées, la page Pallotta est désormais tournée. Il est temps pour l’AS Roma de connaître une nouvelle fois un changement de direction, bénéfique espérons le. C’est en tout cas le plus grand souhait des amoureux de la Lupa

Julien Ruis



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