DOSSIER (partie 3) : L’Italie 2014, ce n’est pas le Brésil

Par François Lerose publié le 13 Juin 2018

Les leçons de 2010 ont été apprises ? La finale récente de l’Euro 2012 semble annoncer un beau mondial pour une Italie promise au groupe de la mort. Uruguay, Angleterre et Costa Rica. Un statut de favorite avec un Prandelli qui a séduit l’Europe deux ans auparavant. Le savant mélange d’anciens et d’une nouvelle génération talentueuse, mais déjà expérimentée pourrait être explosif. C’est du moins l’histoire que le papier raconte. Le terrain lui, dit autre chose. Le début d’une mauvaise habitude ?

L’illusion précède le néant

La Coupe du Monde au Brésil, c’est une température compliquée à gérer avec une très forte humidité en été. C’est aussi l’instauration du fameux « cooling break », cette pause de 3 minutes placée au milieu des deux mi-temps pour restaurer les joueurs. C’est aussi des voyages. La Nazionale n’aura pas été épargnée avec de longs voyages entre Manaus, Recife et Natal. Résultat des courses, une équipe à sec et des premières tensions politiques ainsi que dans le vestiaire, impliquant notamment Mario Balotelli et les « sénateurs ». L’ancienne promesse de l’Inter, qui sans le savoir, disputera ses derniers matchs en sélection pour les quatre prochaines années. Sur le plan comptable, ce n’est guère mieux que 2010 avec une belle victoire contre l’Angleterre 2-1 qui aura laissé espérer le meilleur, avant de se faire surprendre face au Costa Rica et l’Uruguay (deux fois 1-0) pour sortir tête basse d’un nouveau mondial raté. Prandelli quittera le navire avec Abete en conférence de presse après le match, qui laisse alors le siège vacant pour l’arrivée de Tavecchio à la tête de la FIGC et la nomination d’un certain Antonio Conte.

Sur cette compétition, l’Italie met fin à sa traditionnelle hostérité interne avec trois joueurs du PSG : Verratti, Sirigu et Thiago Motta. Côté Serie A voici la répartition des joueurs par clubs :

Juventus – 6 : Buffon, Barzagli, Bonucci, Chiellini, Marchisio, Pirlo

Milan AC – 3 : Balotelli, De Sciglio, Abate

Torino – 3 : Immobile, Cerci, Darmian

Parma – 3 : Cassano, Paletta, Parolo

Genoa – 1 : Perin

Lazio – 1 : Candreva

Fiorentina – 1 : Aquilani

AS Roma – 1 : De Rossi

Napoli – 1 : Insigne

Retrouver la Juventus leader alors qu’elle domine la Serie A depuis 3 ans n’est pas étonnant et plutôt rassurant de premier abord. L’axe fort Buffon, Chiellini, Barzagli, Bonucci est la pierre angulaire de l’équipe. Derrière en revanche, ça titube. Le top 5 de la saison est composé de la Juve, de l’AS Roma, du Napoli, de la Fiorentina et de l’Inter. Si la première assure son rang, l’AS Roma ne placera que De Rossi, tandis que le Napoli, pas réputé pour sa formation italienne place un Insigne en rodage. La Viola quant à elle fournit un Aquilani dont on connaît désormais le parcours chaotique et l’Inter est complètement absente des débats, comme en 2010. La politique de la formation italienne est déjà à l’agonie et l’on retrouve uniquement 6 joueurs sur 23 qui ont moins de 25 ans. Un début d’inquiétude ? Plus que ça en réalité, mais on ne le verra que plus tard…

Ces six joueurs sont les suivants : De Sciglio, Perin, Verratti, Balotelli, Insigne, Immobile. Verratti progresse mais peine en raison d’une condition physique et d’une hygiène de vie discutable, De Sciglio ne s’impose pas vraiment au Milan AC tandis que Balotelli reste une énigme. Insigne malgré de bonnes dispositions peine physiquement et Immobile arrive en joker, ne se montrant vraiment que face à Fluminense avant la compétition, inscrivant un triplé.

Sur cette édition, la seule sélection qui présente des joueurs de son pays est la Russie.

La Serie A placera quelques joueurs en finale avec Klose, Mustafi, Campagnaro, Higuain, Biglia, Alvarez, Palacio, Andujar, Fernandez. Si l’on exclue les championnats respectifs des pays finalistes (Bundesliga et Primera Division), la Serie A est le championnat qui fournira le plus de finalistes sur cette édition 2014 : 10.

Sur cette Coupe du Monde 2014, la Serie A est le deuxième championnat le plus représenté derrière l’Angleterre et devant l’Espagne ! L’Italie enverra 82 joueurs de son championnat au Brésil, soit environ 11% des joueurs du Mondial.

Dans le top 5 des clubs fournissant le plus de joueurs, la Juventus et le Napoli sont 4ème à égalité avec 12 joueurs. Pour la Juventus, 50% sont pour l’étranger. Pour le Napoli … 93%.

L’Inter est le club qui placera le plus de joueurs en phase finale de Coupe du Monde cette année la. Malheureusement, aucun joueur fourni pour l’Italie depuis Materazzi en 2006 même si Bonucci provient du centre de formation de la Beneamata. Triste.

Vous avez manqué un papier ? Retrouvez-le ici !

Première partie : Ou en sont les viviers d’internationaux des clubs ? (2006)

Deuxième partie : La Coupe du Monde 2010, à bout de souffle.

Troisième partie : L’Italie 2014, ce n’est pas le Brésil

François Lerose

Rédacteur en Chef



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