DOSSIER : Les plus grands duels franco-italiens : France-Italie 2008

Par Teo Contu publié le 10 Mai 2020

Depuis plus d’un siècle, les oppositions entre formations italiennes et françaises offrent des rencontres de légendes. Des duels souvent épiques, qui ont contribué à la légende de ce sport. Calciomio vous propose de revivre ces parties mémorables, avec aujourd’hui la rencontre France-Italie de l’Euro 2008.

Deux équipes à la croisée des chemins

Si ces deux grandes nations de football arrivaient avec un certain statut (vice-champion du monde et champion du monde en titre), les deux équipes abordaient cette compétition avec un groupe à la croisée et chemins. Premièrement, les deux équipes sont meurtries de leur leader technique. Zidane a tiré sa référence après le Mondial 2006 et Totti a décidé de se consacrer uniquement à la Roma à l’été 2007. La défense a changé des deux côtés, mais elle se veut tout de même vieillissante. Panucci, du haut de ses 35 ans est titulaire. Raymond Domenech revoit sa défense en changeant 3 joueurs sur 4 pour cette rencontre. Gallas et Abidal sont alignés dans l’axe.

Le milieu des deux formations reflète cette même conclusion. Deux équipes qui montrent des difficultés à se renouveler. Perrotta, Camoranesi étaient déjà de la partie au Mondial en Allemagne. Idem pour Makélélé et Malouda. À l’image du jeune et fougueux Cassano, qui vient d’arriver dans le groupe de Donadoni, les deux équipes sont en pleine mutation. Les « anciens » sont remis en question, et la symbiose avec la nouvelle génération dans ses deux groupes se veut difficile.

Un objectif commun : la victoire

Dans un groupe C « de la mort », cette dernière journée est capitale pour les deux équipes. Les hommes de Gigi Buffon ont très mal débuté leur campagne européenne, avec un revers cuisant 3-0 faces aux Pays-Bas, coaché par un certain Marco Van Basten. La Squadra Azzurra est même à deux doigts de rentrer à la maison quelques jours plus tard. Malmenée par la Roumanie, il y a 1-1 jusqu’à la 82ᵉ minute… Penalty pour la Roumanie. Panucci commet l’irréparable en faisant faute sur Damien Niculae. Mutu frappe au centre… Le portier de la Juventus part à droite mais dévie d’une manchette exceptionnelle le tir du buteur de la Fiorentina, laissant les siens (encore) en vie dans la compétition.

La situation est tout aussi complexe du côté des Bleus. Tenu en échec par les hommes de Christan Chivu, 0-0 lors de la première journée, les finalistes du Mondial ne feront pas mieux au match suivant. Menés 1-0 à la mi-temps, les entrées de Van Persie et Robben vont sceller la victoire néerlandaise. Score final 4-1. Un seul scénario permettrait au groupe de Thierry Henry de passer. Il faudra s’imposer à Zurich face à l’Italie et espérer que la Roumanie ne fasse pas de même face aux Pays-Bas. Tout se jouera donc le 17 juin 2008…

Une victoire au mental

Il est 21 h quand Michel Lubos siffle le coup d’envoi au stade de Letzigrund. Le match prend un premier tournant lorsque le jeune Ribéry s’effondre à la 10ᵉ minute après un contact avec Zambrotta. Touché sérieusement au genou, le jeune ailier du Bayern Munich cède sa place à un autre joueur prometteur, Samir Nasri. Si les hommes de Donadoni font preuve de plus de hargne dans l’entame de match, le score ne bouge pas pour autant.

Mais à la 23ᵉ minute, Luca Toni bien lancé dans la profondeur s’en va défier Grégory Coupet. Mais Eric Abidal en décide autrement et fauche le buteur, qui de son mètre 93 s’effondre dans la surface, le ballon au bout du pied. L’arbitre siffle penalty pour la Nazionale avant de renvoyer directement le latéral du FC Barcelone aux vestiaires, lui qui avait été repositionné, à la surprise générale, dans l’axe ce soir. Déjà tireur décisif à Berlin, Andrea Pirlo ne se fait pas prier et expédie le ballon aux fonds des filets du portier lyonnais. Et ça fait 1-0.

Une exclusion qui bouscule le schéma tactique français, et qui amène Raymond Domenech à faire sortir le jeune Nasri du terrain, un quart d’heure seulement après son entrée en jeu. Boumsong vient combler l’espace laissé vide par Abidal et la France reste à deux attaquants devant. Aux retours des vestiaires, l’Italie accélère et obtient un coup franc à la 62e minute. Combinaison aux 30 m, Grosso décale pour de Rossi qui déclenche une frappe puissante. Sa trajectoire semble anticipée par Coupet, mais le capitaine Thierry Henry la dévie involontairement et le ballon finit aux fonds des filets. Le jeune giallorosso finira homme du match et le score ne bougera plus. La Nazionale se sort donc de ce groupe C difficilement. Elle affrontera une remarquable équipe espagnole en huitième.

Feuille de match

Euro 2008. 3ᵉ journée de phase de poules du groupe C

17 juin 2008. Zurich, stade de Letzigrund (30 585 spectateurs).

France Italie (0-2) : Pirlo 24′ (SP), De Rossi 62′

France : Grégory Coupet ; François Clerc : William Gallas : Éric Abidal : Patrice Evra ; Sidney Govou (Nicolas Anelka 66′) : Jérémy Toulalan : Claude Makélélé : Franck Ribéry (Samir Nasri 10′ puis Jean-Alain Boumsong 26′) ; Karim Benzema : Thierry Henry (C)

Italie : Gianluigi Buffon (C) ; Gianluca Zambrotta : Christian Panucci : Giorgio Chiellini : Fabio Grosso ; Gennaro Gattuso (Alberto Aquilani 82′) : Daniele De Rossi : Andrea Pirlo (Massimo Ambrosini 55′) : Simone Perrotta  (Mauro Camoranesi 64′) ; Luca Toni : Antonio Cassano

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Teo Contu

Etudiant en L2 Info-Com. Passionné de foot depuis le berceau et supporter du Milan AC



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