DOSSIER : Les plus grands duels franco-italiens : Parma-OM 1999

Par Simon Cailloux publié le 29 Avr 2020
Parma OM 1999

Depuis plus d’un siècle, les oppositions entre formations italiennes et françaises offrent des rencontres de légendes. Des duels souvent épiques, qui ont contribué à la légende de ce sport. Calciomio vous propose de revivre ces parties mémorables, en commençant avec la finale de la Coupe de l’UEFA 1999, entre Parma et l’Olympique de Marseille.

Deux clubs aux trajectoires différentes

Ce 12 mai 1999 au Stade Loujniki de Moscou, se présentent deux équipes aux dynamiques bien différentes. D’un côté, Parma, devenue l’une des têtes d’affiches de la Serie A. Durant les années 1990, le club s’habitue aux joutes européennes, remportant même la Coupe des Coupes 1993 et la Coupe de l’UEFA 1995. Lors de l’exercice 1999, les Parmesans se montrent intraitables et éliminent leurs adversaires sans trembler. Le meilleur exemple reste le quart de finale retour, où les Crociati infligent un 6-0 aux champions de France en titre : les Girondins de Bordeaux.

En face, l’Olympique de Marseille se présente tel un phénix. Si la décennie avait parfaitement débuté, notamment en 1993 avec le sacre en Ligue des Champions, l’affaire VA-OM plonge ensuite le club en deuxième division. Pendant deux ans, le club marseillais évolue dans l’antichambre du foot français et va même frôler la disparition. Finalement, les Olympiens retrouvent l’élite et Robert-Louis Dreyfus sauve le club de la faillite. Cette campagne 1999 achève ainsi la renaissance des Phocéens, qui retrouvent les joies d’une finale européenne, six ans après son sacre en C1.

Parma arrive en grandissime favori. Il faut dire que l’effectif parmesan est impressionnant. Un parfait mélange entre joueurs expérimentés (Diego Fuser, Dino Baggio, Enrico Chiesa…) et stars émergeantes (Hernán Crespo, Juan Sebastián Verón, Fabio Cannavaro, Gianluigi Buffon ou encore Lilian Thuram). Mais l’OM possède également des arguments, comme ses trois champions du monde : Laurent Blanc, Robert Pirès et Christophe Dugarry, même si ce dernier est suspendu suite à la bagarre générale survenue à Bologna, à la fin de la demi-finale retour.

Néanmoins, cette finale a tous les ingrédients pour offrir des buts et du suspense.

Une finale sans suspense

Mais la finale tourne très vite en faveur des Italiens, grâce notamment à une bourde de Laurent Blanc, qui profite à Crespo. Dix minutes plus tard, Vanoli creuse l’écart de la tête. Chiesa achève le spectacle en deuxième mi-temps. 3-0 score final, Parma remporte son troisième titre européen en six ans. Malgré un parcours magnifique, les Marseillais doivent logiquement s’incliner face à des adversaires meilleurs dans tous les compartiments du jeu.

Une équipe qui, selon Hernán Crespo, était intouchable ou presque. Lors d’un live Instagram, l’attaquant argentin et son ex-coéquipier, Fabio Cannavaro, sont revenus sur cette victoire : « Nous avions une équipe impressionnante […]. Ce serait un manque de respect de dire que la victoire en Coupe de l’UEFA était une promenade, mais quand tu repenses à la victoire 6-0 sur Bordeaux, aux deux succès contre l’Atlético Madrid en demi-finale et au 3-0 contre Marseille… Nous avons grandi ensemble ». Pour le Ballon d’or 2006, cette équipe « a été l’une des plus fortes avec laquelle j’ai joué. Les remplaçants étaient presque au niveau du XI titulaire. »

Jean-Michel Roussier, président de l’OM entre 1995 et 1999, est lui aussi revenu sur la finale au micro du Phocéen. Il affirme que les Marseillais ont perdu la finale « à l’issue de la demi-finale à Bologne, avec les événements de la fin du match. Plusieurs joueurs étaient suspendus et cela a un peu gâché la fête« .

Si effectivement les présences de Dugarry, Ravanelli et Luccin auraient pu équilibrer le rapport de force, ce soir là, Parma semblait promis à la victoire. Ce titre conclut d’ailleurs la plus belle période des Gialloblù, qui connaîtront un futur plus sombre, avec une relégation en Serie B, en 2008. En 2015, le club est même rétrogradé administrativement en Serie D. Une rétrogradation suivie néanmoins de trois montées consécutives, jusqu’en Serie A.

Le club phocéen lui, rejouera deux finales de C3, en 2004 et 2018. Des finales également perdues. Mais entre-temps, les Marseillais remporteront la Ligue 1, lors de la saison 2009-2010.

A lire aussi : 

1. Parma-OM 1999

2. A suivre 

Simon Cailloux

Rédacteur



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