Ces Italiens sur le podium du Ballon d’Or : les années 60 (1/5)

Par Sébastien Madau publié le 18 Déc 2021
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Lors de la cérémonie du Ballon d’Or France Football 2021, le milieu de terrain Jorginho est monté sur la troisième marche du podium. C’est la première fois depuis 2006 (Fabio Cannavaro premier et Gianluigi Buffon deuxième) qu’un Italien termine dans les 3 premiers de cette distinction individuelle. Retour, décennie par décennie, sur ces Azzurri ayant remporté ou failli remporter le Ballon d’Or.
Sur fond de suprématie imposée par le Real Madrid et le Stade de Reims, ce sont majoritairement des joueurs de ces deux clubs qui ont trusté les premières positions du Ballon d’Or – France Football à partir de sa fondation en 1956 (Alfredo Di Stefano, Ferenc Puskas, Raymond Kopa, Just Fontaine). Di Stefano (1957, 1959) et Kopa (1958) remportant eux carrément le graal. C’est à partir des années 1960 que des joueurs italiens vont commencer à faire leur apparition dans le classement. Le premier d’entre eux et un oriundo, à savoir un natif de l’étranger (aux aïeuls italiens) ayant été naturalisé : Omar Sivori (1935-2005).

Sivori premier italien en Or

Après un bon début de carrière dans son Argentine natale, à River Plate, Sivori débarque en Italie en 1957 pour endosser le maillot de la Juventus. Il y dépassera la barre des 170 buts. Entre 1965 et 1969 c’est au Napoli qu’il fera état de son talent. Sivori c’est un gaucho au caractère bien trempé et aux dribbles ravageurs. Il forme alors le fameux « Trio Magique » avec John Charles et Giampiero Boniperti. Avec la Juve, il remportera 3 Scudetti (1958, 1960, 1961), autant de Coppe Italia (1959, 1960, 1965) et une Coupe des Alpes (1963). Naturalisé italien en 1961, les portes de la Nazionale s’ouvrent à lui en vue du Mondial 1962 au Chili. Il compte bien 19 sélections et 9 buts avec l’Argentine, mais à cette époque, il n’est pas interdit de jouer pour une autre équipe nationale. La fédération italienne ne se prive pas de son joyau. Mais l’aventure au Chili se révèlera être un fiasco total. Il jouera deux matchs mais manquera le match de la honte face au Chili (0-2) qui scellera le sort de la Squadra Azzurra. Sivori (9 sélections, 8 buts) ne fera plus aucune apparition avec le maillot azzurro.

Rivera, Facchetti, Riva, la classe à l’italienne

Deux ans plus tard, c’est un des symboles de la nouvelle génération d’Italiens qui frappe à la porte : Gianni Rivera (1943). À peine âgé de 20 ans, le jeune homme, qui s’illustre en Serie A depuis déjà quatre saisons, termine deuxième derrière le monument soviétique Lev Yachine. Il faut dire qu’en cette année 1963, le Milaniste a soulevé la Coupe d’Europe des Clubs champions (après le Scudetto de 1962). La grande et belle carrière de Rivera ne fait que commencer. Il n’en a d’ailleurs pas fini avec le Ballon d’Or puisqu’il remportera le trophée en 1969. Vainqueur de l’Euro (1968), d’une seconde Coupe des Champions (1969), sa consécration fait l’unanimité. Cette année-là, il devance son co-équipier de Nazionale Gigi Riva (1944). L’attaquant de Cagliari est en train de faire grandir à vitesse grand V le club sarde. La performance est d’autant plus grande que le club est beaucoup moins exposé que ses grandes sœurs (Juventus, Inter, Milan AC). Le bomber Riva déborde de talent et enfile les buts. Il est l’un des artisans de la victoire à l’Euro 1968, est déjà vice-champion d’Italie avec Cagliari (1969) et termine meilleur buteur de Serie A cette même année. Il remontera sur le podium la saison suivante (3e).
Entre Rivera et Riva, un autre joueur italien a réussi à monter sur le podium dans les années 1960 et perturber un classement souvent monopolisé par les joueurs à vocation offensive : le défenseur de l’Inter Giacinto Facchetti (1942) termine deuxième en 1965 derrière Eusebio et devant son co-équipier milanais Luis Suarez. Le roc a pris en main la défense de la Squadra Azzurra. Et en 1965 il cumule les trophées avec l’Inter du « Mago » Helenio Herrera : Scudetto, Coupe d’Europe des clubs champions, Coupe intercontinentale. Cette distinction n’est pas usurpée, Facchetti étant l’un des plus grands défenseurs qu’ait connu le football italien dans toute son histoire.

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Sébastien Madau



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