Que reste t-il de Diego Armando Maradona au Napoli ?

Par Leo Carta publié le 16 Fév 2016

Maradona al San Paolo

Pour la génération 90, Maradona n’est qu’un mythe bien lointain. Souvent présenté comme le meilleur footballeur all-time, force est de constater que peu d’entre nous l’ont vu jouer. Pourtant, prononcer son nom fait resurgir une tonne d’images, plus ou moins honorables. Car Diego n’est comparable à aucun autre joueur. Adulé ou détesté, il ne laisse personne indifférent. Dieu du football, voire Dieu tout court pour certains. Tricheur et camé pour d’autres, Maradona ne se définit pas. C’est une entité. Et pas des moindres. Icône du Napoli des années 80, son départ y a laissé un trou énorme dans lequel nombre de joueurs ont sombré et se sont perdus. Aujourd’hui, sur la fameuse baie de Naples, trois loustics semblent recueillir un héritage qui hante le San Paolo depuis 1991. Enfin la passation de pouvoir ?

L’évidence Higuain

Higuain est, cette année, celui qui se rapproche le plus du Pibe de Oro. Du moins sur le papier. Lui aussi est argentin, moteur d’une équipe lancée vers le Scudetto. Les bouquins d’histoire nous disent que Maradona a d’ailleurs attendu sa troisième saison napolitaine pour ramener le tricolore à Napule. Simple coïncidence ? Parachuté d’urgence au Napoli après quelques années au Real, Higuain y prend sa revanche depuis bientôt trois saisons. Celle d’un joueur incompris, renié voire moqué et qui est pour le moment le meilleur buteur des championnats européens (24). El Pipita c’est la combativité de Maradona. Mordant dans tous les ballons qui lui passent sous le museau, il se joue de tous les défenseurs avec des appels contre appels qui laisseraient sur place Flash Gordon. Moins esthète que l’illustre diez Gonzalo plante, chaque match, sans jamais privilégier la forme. La bave au coin de la bouche et l’envie de devenir une légende, il développe une aura à en faire lever les foules, comme le montrent les images de l’après match contre l’Inter quand, sous la Curva, il s’était laissé emporté par une chaleur populaire et affective indescriptible.

Son but le plus maradonesqueLe slalom fou entre les défenseurs et le gardien contre Frosinone.

La fantaisie Insigne

Le numéro 10 est retiré. Vive le numéro 10 ? Oui, assurément. Mais force est de constater que ce maillot, retiré après le départ du Pibe de Oro, siérait Lorenzo à merveille. En effet, nombreux sont ceux qui s’accordent à dire que lui seul pourrait mériter le maillot de Diego. Napoletano vero, il a cravaché pour gagner sa place dans son équipe de cœur. Ses années à Pescara sous l’ère Zeman l’ont transformé mais bien que marge de progression soit encore énorme. Et à seulement 24 ans, il poursuit de belle manière son évolution sous la direction de Sarri. Repositionné sur la gauche, il a développé une entente quasi psychique avec Higuain le rendant impossible à marquer dans ses repositionnements centraux. Paradoxalement, il est le seul des trois à n’avoir connu le Napoli de Maradona et pourtant, il est le seul qui a hérité de ses gestes. Car dans le jeu, il est certainement celui qui se rapproche le plus de Diego. Technique fine, petit gabarit, crochets dévastateurs. Insigne semble être le Maradona napolitain. Ses contrôles scotch donnent le tournis, ses coups-francs brossés comme les cheveux d’une princesse rappellent les coups de pinceau de Diego tandis que sa technique balle au pied provoque à Naples des crises de nostalgie. Des flash-backs lumineux, auréolés d’une aura divine.

Son inspiration la plus maradonesque : L’Eurogol contre le Torino.

Le leadership Hamsik

Le brassard de capitaine, c’est lui qui l’a récupéré. À Naples depuis 2007, Marek a connu des hauts et des bas. Sauf que jamais il n’a semblé meilleur que cette année. Son leadership impressionnant dans un milieu de terrain technique et physique témoigne de l’évolution de son jeu. Il interprète tous les rôles du secteur à merveille et joue en parfaite harmonie avec Allan et Jorginho. Devant la défense, sur un côté ou derrière les défenseurs il se laisse porter par le cours du ballon et vogue au gré de jeu. Constamment dans le cœur de l’action, Marekiaro est devenu, cette saison, le patron de l’équipe. Relais numéro un de Sarri sur le terrain c’est lui qui montre la voie, distribuant sucreries sur sucreries à ses attaquants. Solide défensivement il est surtout devenu intraitable offensivement. Il sent le jeu, connaît les déplacements d’Higuain, Insigne et Callejon par cœur et s’amuse des espaces pour y glisser des cuirs parfaits. Lançant ses potes vers l’objectif. L’unique objectif : celui dont on ne doit pas prononcer le nom. Le Scudetto.

Son caramel le plus maradonesque : Son tango argentin dans la surface de la Sampdoria.

Higuain, Insigne et Hamsik ont tous en eux quelque chose de Maradona. Malgré le faux pas contre la Juve samedi dernier, cette année semble pourtant la leur. Et ils le savent. À eux de repartir du bon pied maintenant. Le Napoli et ses supporters n’attendent que ça. Il pourront en tout cas compter sur l’inspiration Maradona. Car quand on parle de Scudetto, l’ombre de Diego n’est jamais bien loin. Gonzalo l’aurait d’ailleurs déjà invité au San Paolo pour le dernier match de la saison. L’occasion pour lui de se payer un nouveau tour de piste, sous la chaleur des supporters partenopei.

Leo Carta

Rédacteur Juventus



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