Le carnet de notes de l’Euro : Immobile, la courbe descendante

Par Gilbert Simonutti publié le 21 Juil 2021

Considéré par Roberto Mancini comme l’attaquant idéal pour son 4-3-3, Ciro Immobile s’est vu confié les galons de titulaire aux dépends d’Andrea Belotti par le sélectionneur de la Nazionale. Si sa volonté et son sacrifice sont indéniables, il restera l’attaquant qui a bien débuté mais mal terminé la compétition.

Des débuts en fanfare

Mancini le lance donc pour le match d’ouverture de l’Euro contre la Turquie. Pas de ballotage avec Belotti, Immobile est le titulaire au centre de l’attaque d’une Nazionale à traction antérieure. Les notti magiche, dans son stade fétiche, permettent à l’attaquant de la Lazio de faire des débuts rêvés. Une victoire limpide contre des Turcs dépassés (3-0), un but (celui du 2-0) et une participation constante au jeu font d’Immobile un avant-centre heureux et peut-être finalement lancé vers les sommets. Lors de la deuxième rencontre contre la Suisse, bis repetita pour l’Italie (victoire 3-0) mais également pour Ciro Immobile qui inscrit le but du 3-0 après une rencontre pleine. 15eme but pour lui avec le maillot azzurro et la sensation que rien ne peut l’arrêter. La qualification étant acquise, Mancini fait tourner contre le pays de Galles et le Napolitain reste sur le banc toute la rencontre. Un mal pour un bien sur le principe mais le fait de quitter Rome va influer sur les prestations du buteur Laziale.

Une phase à élimination directe décevante

Sans surprise, Mancini le relance à la pointe de l’attaque pour le huitième de finale londonien contre la coriace Autriche. Pas de raison de changer, Immobile a réalisé une excellente phase de groupe et Belotti n’a pas été transcendant contre les Gallois. Face aux Autrichiens, après un début de match poussif, Immobile se crée une occasion magistrale mais sa frappe, somptueuse, termine sa course sur le poteau. Le football se joue sur des détails et celui-là aurait pu changer diamétralement la donne. Personne ne le sait encore mais la partie positive de l’Euro d’Immobile s’arrête ici. Sa fin de match est brouillonne jusqu’à son remplacement par un Belotti plus en jambes. L’Italie se qualifie dans la souffrance (2-1 ap) et rencontre l’ogre belge en quart.

Connaissant bien son joueur et les mécanismes psychiques des attaquants, Roberto Mancini lui fait à nouveau confiance. La Nazionale réalise son match le plus abouti face à la Belgique (2-1) et obtient une qualification méritée pour les demies. Mais, Immobile n’est pas à la fête. Courageux et combatif, il subit néanmoins la pression des grands rendez-vous et fini par rater beaucoup trop de choses. Pire, une simulation lui vaut d’être la risée des réseaux sociaux laissant le fiel anti-italien de beaucoup de journalistes et d’anciens joueurs coulé. En demie, place à l’Espagne et Immobile, malgré quelques appels à un changement, est confirmé. Meilleur que lors du quart contre la Belgique, Ciro se dépouille mais n’a pas beaucoup de ballons jouables et les peu qui lui arrivent sont gâchés. Un attaquant se doit de marquer et Immobile n’y arrive plus. L’Italie passe au penaltys et jouera la grande finale contre l’Angleterre à Wembley. Immobile, pour services rendus ou parce qu’au final, il est le meilleur avant-centre à la disposition de Mancini, est de nouveau titulaire. L’Italie commence mal avant de trouver son salut en seconde période et de remporter l’Euro aux penaltys, sans Immobile sorti à la 55eme minute, décevant et sans réelles excuses pour cette finale ratée.

Les notes d’Immobile

phase de groupe : 7

phase finale : 5.5

moyenne : 6.25

La Nazionale devra désormais se pencher sur l’avenir de ce poste de numéro 9. Bon dans les matchs « faciles », Immobile, malgré sa générosité, a montré ses limites dans les grands rendez-vous. Il faudra autre chose pour espérer voir l’Italie rester au sommet lors des prochaines échéances.

 

Gilbert Simonutti

Rédacteur



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