DOSSIER : Juventus U23, c’est quoi le projet ?

Par Christophe Mazzier publié le 29 Sep 2019

Lors d’un précédent article, nous avions mis en lumière les difficultés rencontrées par la FIGC pour imposer les équipes B aux clubs de l’élite. Boudée pour diverses raisons, seule la Juventus a créé et inscrit une équipe en championnat de Serie C et ceci, dès la saison 2018-2019. Dans cet article, nous allons nous intéresser à la Juventus U23 (under 23 ou moins de 23 ans), unique représentante des équipes de Serie A et antichambre de l’octuple champion d’Italie.

La Juventus toutes voiles dehors

Dès les prémisses de cette réforme, les dirigeants turinois se sont investis dans le projet, sans commune mesure. Comme exprimé par Agnelli, le président de la Juventus : « L’idée est de faire en sorte que des jeunes se prennent des taquets par des trentenaires afin de s’aguerrir. »

Le responsable du projet Juventus Under 23, Federico Cherubini, aime quant à lui rappeler que : « En Serie C, la quasi-totalité des jeunes n’appartiennent pas aux clubs dans lesquels ils évoluent. Diminuer les prêts et accroître la propriété augmenteraient leur capacité financière et l’espoir de voir éclore des talents. » Et poursuit : « Prenez l’exemple de Spinazzola, il a mis 6 ans (entre prêt en Serie B, C, A) pour revenir à la Juventus. Les 3 premières années, il n’a quasiment pas joué. Il aurait pu s’imposer bien avant si nous avions les équipes B car il était déjà bon avant. »

Une première saison mi-figue, mi-raisin

Le 03 aout 2018, la Juventus officialise la création de la première équipe B. Après moult tergiversations, les jeunes pousses joueront dans le stade Moccagatta de l’Alessandria. L’effectif est composé de jeunes issus de la Primavera (autour de 70%) et de pépites étrangères prometteuses (Touré, Kastanos, Andersson). Afin d’étoffer leur effectif, les bianconeri n’hésitent pas à sortir le carnet de chèques.

La saison dernière, ils ont recruté le guinéo-belge, Daouda Peeters (4 M€ à la Sampdoria) et Mavididi (arraché 2 M€ à Arsenal) puis cette saison le défenseur Mulè (5 M€ à la Sampdoria), le prometteur buteur Dany Mota à la Virtus Entella (2 M€), le nord-coréen Kwang-song arrivé de Cagliari (option fixée à 5 M€) ainsi que le talent franco-tunisien Hamza Rafia (Lyon B).

Lors de cette première expérience, l’objectif principal des dirigeants étaient de ne pas descendre (10ème place) et d’intégrer des joueurs dans l’équipe première. Ainsi Nicolussi, Kastanos, Caviglia, Mavididi et Matheus Pereira ont été appelés de manière récurrente pour figurer sur la feuille de match. Ils ont même pris part à quelques rencontres. D’autres ont su tirer leur épingle du jeu tels que l’ailier Zanimacchia (acheté 4 M€ au Genoa), le capitaine Muratore, le milieu Touré et le buteur Bunino.

Un projet global pour le Juventus

Le visionnaire ou apocalyptique Andrea Agnelli, selon les sources, souhaite créer un modèle Juventus. A maintes reprises, il a exprimé « sa volonté de vaincre dans toutes les catégories ». Il souhaite pour cela « forger une identité propre combinant l’ADN de la victoire, intrinsèque à la Juventus, et créer un système global commun à l’ensemble des équipes, à l’image d’un club comme l’Ajax ».

Afin d’atteindre les objectifs visés, pour cette nouvelle saison, le choix de l’entraîneur s’est porté sur Fabio Pecchia, ancien de la maison et ancien assistant de Benitez. Il remplace Zironelli sur le banc de l’U23. Avec Zauli (Primavera) et Sarri, ils auront la lourde tâche de mettre en place la nouvelle identité souhaitée par le Board de la Juventus, basée sur un jeu attrayant et une mentalité gagnante.

Bilan mitigé

Certes, la Juventus U23 a mis en lumière certains joueurs cette saison. Plusieurs d’entre eux ont bénéficié de la confiance du staff d’Allegri en étant inscrit sur les feuilles de match et en participant aux entraînements. Toutefois aucun n’a été intégré à l’équipe première. Pis, de nombreux joueurs ont été prêtés ou vendus. Une question peut se poser : Est-ce un problème de qualités ou est-ce que la Vecchia Signora poursuit sa politique de génération de plus-values sur ses jeunes formés en son sein. La Serie C leur offrant une vitrine supplémentaire.

Le dernier exemple en date est Kean. Malgré les grands espoirs placés en lui, les dirigeants ont privilégié des renforts extérieurs. Le cas du joueur d’Everton n’est pas unique. Avant lui Masiello, Iago Falque, Giovinco, Immobile, Pol Lirola etc. étaient passés par les équipes de jeunes sans, vraiment, jamais avoir leur chance dans l’élite.

A lire aussi :

1. Les équipes B, un Flop ?

2. Pour s’interroger sur la genèse du projet

3. Officialisation des équipes B

4. Les nouvelles réglementions : Exemple de Kean

Christophe Mazzier



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