DOSSIER : Bonucci/Caldara/Higuain, d’un point de vue sportif, qui est gagnant

Par Cesco publié le 05 Août 2018

Bonucci, Caldara, Higuain. Trois noms, trois profils différents et surtout des milliers de détails et de précisions qui permettent de cerner l’intérêt sportif de l’opération, ses failles, ses doutes mais aussi ses certitudes.

La Juventus ajuste ses choix

Côté Juventus, la Vieille Dame perd un défenseur à potentiel en la personne de Caldara, certes, mais qui a 24 ans, comme un certain Rugani. Si le dernier cité ne s’est pour l’instant jamais véritablement imposé avec la Vieille Dame, il accumule expérience et matchs contrairement à l’ancien de l’Atalanta. Et ce sont pourtant des choses que peu voient, habitués à descendre en flêche le défenseur blondinet depuis quelques temps. A titre de comparaison, l’année passée, Caldara totalise 24 matchs de Serie A, 2 en Coppa Italia et 8 apparitions en Europa League pour 2 917 minutes jouées avec l’Atalanta. Pour Rugani, c’est 22 matchs de championnat, 2 en Coppa Italia et 2 en Champions League pour un total de 2 226 minutes. Un écart pas si abyssal compte tenu de l’environnement dans lequel ont évolué les deux joueurs. Si Caldara brille avec Gasperini depuis deux saisons, Rugani apprend avec les plus grands joueurs du championnat depuis désormais trois exercices. D’ailleurs avec la Vieille Dame, il totalise l’année passée son plus grand nombre de titularisations (22) en championnat (contre 11 l’année passée et 11 il y a deux ans), doublant son total. Rugani en Serie A, c’est déjà 92 matchs matchs disputés et 195 en carrière (40 en B). Caldura quant à lui totalise 55 matchs en A seulement et si l’on enlève les 99 présences en Primavera et en B, le haut niveau se résume à seulement 83 matchs.

Alors oui, l’Italie trop pressée a tendance à être trop dure avec Rugani, s’impatientant de le voir titulaire à la Juventus. Pourtant la direction de la Vieille Dame l’a choisi lui plutôt que Caldara. Il a même été déclaré hier « intransférable » par le club. Concernant Caldara, si beaucoup oublient qu’il a aussi déjà 24 ans, comme son compatriote et que même s’il sort de deux bonnes saisons avec l’Atalanta, il faut rappeler qu’on l’attend dans un club avec plus de pression et son expérience n’est pas encore suffisante. Il n’en demeure pas moins un grand potentiel mais on ne peut pas nier que Rugani est en avance sur lui dans bien des domaines.

En se séparant de Caldara, la Juventus récupère donc Bonucci. Leonardo Bonucci, l’homme de la BBC, celui avec qui s’est dessiné 6 scudetti et un jeu propre à la Vieille Dame. Cette année, la Juve a peiné par moment dans le jeu, manquant d’hommes forts à la relance, forçant Pjanic à redescendre parfois trop bas. Avec Bonucci, c’est le retour du jeu direct, précis et qui donne de la vitesse. Une vitesse qui ne pourra qu’être bénéfique au quatuor de feu devant : Dybala, Costa, Bernardeschi, Ronaldo (et Cuadrado). Son retour fait donc clairement sens dans un onze qui cherche des garanties au haut niveau. Quitte à l’échanger contre un Caldara qui n’apportait aucune garantie supérieure. Bonucci c’est 31 années écoulées. Pas tout jeune, mais avec encore 2-3 saisons de très haut niveau dans les pattes. Très peu blessé lors des ses expériences avec la Juve (8 matchs manqués seulement), il est la garantie pour un poste de titulaire quand Chiellini et Barzagli doivent se gérer. Pour Allegri, c’est du pain béni, d’autant que ça donnera au coach de nouvelles cordes tactiques à son arc.

Milan ? L’urgence plus que le futur

Le Milan AC quant à lui, doit d’abord colmater l’urgence. Pas de numéro 9, un défenseur qui veut partir et une saison qui va bientôt commencer alors que la préparation est déjà bien avancée. Dans l’affaire Bonucci, le Milan AC savait qu’il ne pouvait le vendre 35-40 millions et récupérer au même prix un défenseur de son niveau. La solution était toute trouvée avec cet échange Caldara/Bonucci avec la Juventus. Les deux clubs ne jouent pas les même objectifs ce qui facilite la transaction et Bonucci souhaite revenir à la Juve. Réclamer Caldara en échange permet au Milan AC de remplacer numériquement son ancien capitaine au plus vite, tout en s’offrant un Mattia Caldara qui à 24 ans, possède encore une belle marge de progression. Cela va de plus de paire avec le projet « jeune » mené par le Milan et une charnière en compagnie de Romagnoli, Conti (ou Calabria) pourrait donner de bons résultats sur le moyen-long terme si les derniers cités confirment leurs dispositions et progressent encore.

Pour Higuain même constat, les neuf sur le marché ne courent pas les rues et la Juventus souhaiait se débarrasser de l’argentin. Le Milan AC n’a donc pas trainé à le recruter en prêt payant avec option d’achat, une solution qui arrange les deux clubs dans un premier temps. En effet, Leonardo offre à Gattuso cet attaquant qui marquera des buts, de classe mondiale, malgré l’absence de Champions League. La Juventus elle se débarrasse d’un joueur en légère perte de vitesse et qui n’intéressait pas les tops clubs européens. A 30 ans, Higuain a encore quelques belles saisons dans les pattes mais la question se fait plutôt sur l’accompagnement. Le milieu de terrain du Milan AC n’est pas celui de la Juventus et il faudra travailler sur l’absence de mouvement, fatale au jeu du Milan AC l’année dernière. Higuain est un joueur qui s’appuie sur les déplacements de ses milieux et des ailiers pour prendre les espaces. Ce n’est pas un pivot organisateur même s’il a parfois revêtu ce rôle à la Juve. Au Milan c’est dans un tout autre registre qu’il évoluera, en buteur pur, et les joueurs derrière lui devront assurer pour le mettre dans de bonnes conditions. Ces deux recrutements tombent donc un peu du ciel, bien heureusement pour le Milan, qui contrairement à ce qu’on a pu voir un peu partout, n’a pas vraiment mené la danse dans ces négociations, mais en sort satisfaite.

Résultat : Juventus (de peu)

Le temps nous en dira certainement plus, mais s’il fallait juger aujourd’hui, d’un point de vue sportif, la Juventus est gagnante. Elle se « débarrasse » du poids Higuain, récuppère Bonucci en échangeant avec un Caldara dont le niveau est encore aléatoire. Pour le Milan AC, l’attaque gagne en qualité, mais c’est la défense qui en paye légèrement le prix (Bonucci n’ayant pas non plus réalisé la saison de sa vie l’année passée). Disons qu’il subsiste plus d’interrogations que de certitudes côté Milan que côté Juventus.

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Cesco

Rédacteur en Chef



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