DOSSIER (4/4) : Histoire du Ranking UEFA des équipes italiennes (2001-…)

Par Christophe Mazzier publié le 10 Sep 2020

Dans ce dossier, nous nous plongeons dans l’évolution des résultats des équipes italiennes dans les coupes européennes au cours du temps, et ceci sous le joug du prisme dictatorial et implacable du coefficient UEFA. Après avoir rêvé les yeux ouverts pendant 15 ans, le Calcio va renaître… laborieux et frustrant sur la scène européenne. L’Italie ouvre donc ce millénaire derrière l’Espagne pour arriver en ce début des années 2020 en 3ème position au ranking UEFA, au coude à coude avec l’Allemagne et plus près que jamais de l’Angleterre et l’Espagne.

Le réveil douloureux

Quinze années de succès (1985-2000) auront camouflé des comptes complètement décollés de la réalité. L’enthousiasme de ces années, qui attiraient les meilleurs joueurs étrangers, a eu des conséquences lourdes sur les finances des équipes.

Les banqueroutes successives de la Fiorentina en 2003, de la Lazio et du Napoli en 2005, du Torino en 2006, la liquidation du Parmalat en 2004, pour ne souligner que les plus célèbres, vont mettre fin au cercle vicieux engendré par un système financier défaillant. Effectifs pléthoriques, salaires colossaux, renouvellement générationnel qui se fait attendre, concurrence étrangère, font que le championnat se sclérose.

Si l’exclusion des équipes anglaises à partir de 1985-1986 avaient coïncidé avec l’avènement du football italien, leurs retours en force en ce début de millénaire se juxtaposera à son déclin. Cette entame de siècle sera également synonyme de la prise du pouvoir du football espagnol après près de 30 ans de passation (depuis 1966).

Les années 2000, dans l’ensemble mi-figue, mi-raisin

Trois clubs obtiennent des résultats pendant cette décennie : la Milan AC, l’Inter et la Juventus. A un degré moindre, l’AS Roma réussit à en avoir quelques-uns. Ces quatre institutions seront les dernières émanations de cette ancienne gouvernance, les Berlusconi, Moratti, Sensi, ces présidents puissants qui résistent tant bien que mal aux vents nouveaux.
Contrairement à l’âge d’or précédent, les parcours, mémorables, se dénombrent facilement. Jusqu’en 2007, le Milan AC montre au monde entier que la Champions League est dans son ADN. Titré en 2003 (face à la Juventus) et en 2007 (face à Liverpool), puis finaliste malheureux en 2005 face au même Reds, les Rossoneri marqueront de leur empreinte ce début de millénaire. Les « stratosphériques » deviendront une référence absolue tout comme les « Galactiques » madrilènes. La saison 2002-2003, année du titre, sera particulièrement alléchante pour le coefficient italien. Le Calcio placera trois représentants en demi-finale de la Champions League.

L’Inter joue aussi un grand rôle pendant cette décennie, mais il faudra attendre le dernier moment, la fin d’une génération dorée (Cambiasso, Zanetti, Milito, Eto’O …), en 2010, pour qu’enfin le président Moratti puisse toucher le Graal tant attendu, la Coupe aux Grandes Oreilles, après des années et des années d’engagement. Comme clin d’œil, cette dernière coupe, au forceps, sera la dernière victoire italienne en Europe.

A partir des années 2010, les tifosi mangent leur pain noir

Très clairement, les années 2010 marqueront le retrait de calcio du top trois européens. A part la Juventus qui atteint les quarts de finale régulièrement, et deux finales qu’elle perdra face à Barcelone (3-1) et au Real Madrid (4-1), les autres équipes italiennes n’y arrivent plus. On peut se réconforter d’une saison 2014-2015 qui va permettre au Napoli et à la Fiorentina d’aller en demi-finale de la League Europa. La Lazio (2018) et le Napoli (2019) s’arrêteront en quart de finale par deux fois. Et puis pas grand chose. L’AS Roma, quant à elle, sera auteur d’une belle épopée en 2018 qui lui permettra d’atteindre les demi-finales de la Champions League.

Les nouveaux bourreaux des équipes italiennes s’appellent Salzbourg, Sparta Prague, Villareal, Wolfsbourg, Lech Poznan, Zenit, Slovan Bratislava, Olympiakos, Viktoria Plzen… A cela s’ajoute des tirages au sort souvent en défaveur, malheureux. Et on a un championnat qui n’est plus cité comme référence et si éloigné de ses standings.

Un frétillement ?

Les années 2010 auront été des années frustrante, pour tous les tifosi, qui ont cloué le coefficient italien au 4ème rang (3ème en 2018 et 2019). Toutefois la stabilité entrepreneuriale retrouvée (Inter, Milan AC, Fiorentina, Napoli…), des équipes au schéma de jeu bien identifié (Atalanta, Lazio, Napoli…) une concurrence nationale qui vient titiller la Juventus, des joueurs de renom tels que Ronaldo, Ibrahimovic, Lukaku, une génération de nouveaux talents… permettent de semer de l’espoir, entrevu par la finale de l’Inter en League Europa. Un fait qui n’était pas arrivé depuis 1999, et un fameux tournant…

A venir aussi dans le dossier « Histoire du Ranking UEFA des équipes italiennes » :

1. Avant 1974, le Calcio est un des meilleurs championnats (1955-1974) (1/4)
2. Période sombre du football italien (1975-1984) (2/4)
3. La parenthèse enchantée (1985-2000) (3/4)
4. Depuis 2000, le déclin puis la stagnation (2001-…) (4/4)

Christophe Mazzier



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