Ces Italiens sur le podium du Ballon d’Or : les années 90 (4/5)

Par Sébastien Madau publié le 27 Déc 2021
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Lors de la cérémonie du Ballon d’Or France Football 2021, le milieu de terrain Jorginho est monté sur la troisième marche du podium. C’est la première fois depuis 2006 (Fabio Cannavaro premier et Gianluigi Buffon deuxième) qu’un Italien termine dans les 3 premiers de cette distinction individuelle. Retour, décennie par décennie, sur ces Azzurri ayant remporté ou failli remporter le Ballon d’Or.
On avait laissé les années 1980 avec des Ballons d’Or trônant sur les cheminées italiennes mais davantage chez les stars étrangères que chez les joueurs italiens. La décennie des années 1990 confirme cette tendance alors que la Péninsule attire les grands noms du foot. De manière globale, sur les 30 places du podium entre 1990 et 1999, 26 sont occupées par des joueurs ayant foulé au moins une saison les pelouses italiennes. Côté strictement « italien », c’est Salvatore Schillaci, Roberto Baggio et Paolo Maldini qui marquent les esprits.

Totò Schillaci sur le podium : tout sauf une blague

Comme pour Paolo Rossi en 1982, ce sont les nuits d’été du Mondial (1990) qui propulsent un quasi inconnu aux yeux globulaires sur les écrans télé du monde entier : Salvatore Schillaci, dit Totò. Lorsqu’il est sélectionné par Azeglio Vicini à la dernière minute (il ne figurait par exemple pas dans l’album Panini Italia 90), Schillaci ne vante qu’une seule saison en Serie A. Arrivé à la Juventus à l’été 1989, il s’était jusque-là illustré sous les couleurs rouge et jaune de Messine en deuxième et troisième divisions. 30 matchs et 15 buts en faveur de la Vieille Dame avec qui il remporte la Coppa UEFA et la Coppa Italia, et le voilà parmi les convoqués. Remplaçant, il s’imposera à coup de buts, créant ainsi une relation particulière avec les tifosi italiens lors de ces inoubliables « nuit magiques » que seul l’Argentine de Maradona viendra assombrir en demi-finale. Il est élu meilleur buteur et meilleur joueur de l’épreuve. Deuxième du Ballon d’Or, Schillaci est pris en sandwich par deux champions du monde : Lothar Matthaus (1er) et Andreas Brehme (3e) qui font les beaux jours de l’Inter.

Roberto Baggio, le talent divin

En 1993, Roberto Baggio succède à Marco Van Basten dont la carrière vient de s’achever pour blessures et soulève le trophée. A cette époque, il développe un football d’une rare classe, l’instinct du buteur, conjugué à la vision du jeu des meilleurs « numéro 10 ». Auquel s’ajoute un catogan naissant qui fera date. Il sort d’une saison pleine avec la Juventus : 21 buts en 27 matchs de Serie A et la Coppa UEFA qu’il brandit en tant que capitaine. Au classement France Football, le « Divin Codino » dépasse largement le Néerlandais Dennis Bergkamp (Inter) et le Français Eric Cantona (Manchester United). La saison suivante, outre ses performances à la Juventus, c’est son épopée au Mondial américain durant lequel il hisse les Azzurri en finale (5 buts) qui lui permet de figurer une nouvelle fois dans la gotha du foot : deuxième derrière le Bulgare Hristo Stoichkov (Barcelone) et devant son compatriote Paolo Maldini (Milan AC). Ce dernier membre de la défense de fer du Milan, n’a, à cette époque, pas d’égal en tant qu’arrière-gauche, parfois utilisé en défense centrale (à 3). Malheureusement, concurrence et déficit pour les défenseurs font que « Paolino » ne montera jamais sur plus haute marche du podium.
Il faudra attendre 2006 pour revivre ce type d’émotions. Grâce, une nouvelle fois, à un Mondial.
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Sébastien Madau



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