Top 5 : les plus belles séries de scudetti consécutifs

Par Nicolas Portais publié le 28 Avr 2016

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5ème : Les Invincibili de Capello (1992-1994)

Pour ses débuts en tant qu’entraîneur, Don Fabio hérite d’un banc prestigieux, succédant à Arrigo Sacchi en personne à la tête du Diavolo. Succès immédiat pour l’ancien milieu de la Juventus, « son » Milan terminant cette première saison invaincu et champion, avec un Marco Van Basten se hissant en tête du classement des buteurs. On pourrait passer un temps fou à comparer les différentes versions du Milan AC des années 80-90, mais c’est bel et bien la version Capello qui sort vainqueur face à la version Sacchi en ce qui concerne le nombre de scudetti (le Mage de Fusignano ne s’étant octroyé que celui de 1988). Organisé et pragmatique à souhait (36 buts en 34 matchs lors du sacre de 1994), le Milan de Capello n’aura de toute façon laissé que des miettes à ses rivaux dans la mémoire collective. Le temps d’un petit interlude d’une saison, qui consacre en 1995 la Juve de Marcello Lippi, et un nouveau titre national en 1996 viendra garnir un peu plus l’armoire à trophées, avec notamment au casting cette fois-ci des attaquants tels que George Weah ou Roberto Baggio.

4ème :  Les Grifoni du Docteur Richardson Spensley (1898-1900 / 1902-1904)

Singulière histoire de nos jours que celle de James Richardson Spensley, ce médecin devenu à le fois défenseur, gardien de but et entraîneur du Genoa en ces temps de balbutiement du ballon rond en Italie. À l’origine de la création de la section football de ce qu’on appelle à l’époque le Genoa Cricket & Athletics Club, ce Britannique, figure emblématique des premières années du doyen des clubs de Serie A, pouvait s’enorgueillir d’avoir en poche six titres de champion (trois consécutifs à deux reprises), dont le premier de l’histoire reconnu par la fédération italienne en 1898 (le Campionato Federale di Football). La formation génoise de l’époque comptait bien évidemment son contingent de Britanniques, inventeurs et propagateurs d’un jeu dont on ignorait encore la dimension future.

3ème : L’Inter du Triplete (2006-2010)

Soit la série de victoires en championnat la plus proche dans le temps de celle de Buffon & Co. L’histoire est donc encore récente et certaines cicatrices pas complètement refermées, pour peu que l’on se situe côté bianconero. En effet, est-il encore besoin de le rappeler, le scudetto 2005-06, initialement attribué à la Juventus à l’issue de la saison, devient propriété du clan Moratti sur tapis vert suite au scandale de Calciopoli. La Vieille Dame mise hors d’état de nuire pour un moment suite à cette affaire, la voie est libre en Serie A avec une AS Roma comme seul vrai adversaire d’envergure pour les nerazzurri. La puissance et les chiffres parlent d’eux-mêmes, avec notamment 17 victoires d’affilée en 2006-2007 (record qui tient toujours). Faute de résultats sur la scène européenne, Roberto Mancini est remplacé en 2008 par José Mourinho : choix qui s’avérera payant puisqu’en 2010, The Special One et ses hommes de main Milito, Eto’o, ou encore Zanetti mènent l’Inter au sommet de tous les sommets (triplé Championnat + Coupe + Champions League).

2ème : Le Grande Torino (1946-1949)

Impossible de ne pas faire mention ici du Torino de l’après Seconde Guerre Mondiale, déjà auréolé en 1943, avant l’interruption du championnat pendant deux ans, du premier doublé Coupe + Championnat de l’histoire. Dès la reprise du jeu en 1946, les granata enfoncent le clou en s’adjugeant quatre couronnes d’affilée, sans connaître pour autant une véritable continuité sur le banc puisque se succéderont aux commandes sur cette période dorée Luigi Ferrero (1945-47), puis les doublettes Sperone-Copernico (1947-48) et Lievesley-Erbstein (1948-49). Sur le terrain, une équipe de légende emmenée par son meneur de jeu et capitaine Valentino Mazzola (le père de Sandro) : adeptes d’un jeu offensif, les Turinois font en toute logique figurer en bonne place leurs attaquants au classement des buteurs, avec Castigliano capo canonniere en 1946 puis Mazzola en 1947. La fin de l’épopée survient tragiquement le 4 mai 1949 avec le crash de Superga, impliquant l’avion qui transportait la quasi-totalité de l’effectif et de l’encadrement. Aucun des passagers ne survivra, et le cours de l’histoire du club sera à jamais changé.

1er : La Juventus du Quinquennio d’oro (1931-1935)

Un pont tout trouvé entre passé lointain et présent que cette Juve entraînée par Carlo Carcano, première formation de l’histoire à avoir empilé cinq titres de champion consécutifs. La pas encore Vieille Dame acquiert ainsi une bonne part de sa légende au début des années 30, quelques noms fameux faisant souffler un vent nouveau sur l’Italie du football : Gianpiero Combi (gardien ayant fait toute sa carrière au club), Raimondo Orsi (surnommé « Le Violoniste » des années avant Alberto Gilardino) ou encore Felice Borel II (meilleur buteur des championnats 1933 et 1934). À l’instar du Grande Torino lors de la décennie suivante, la Juventus est le principal pourvoyeur en joueurs de la Nazionale (sous le maillot de laquelle Combi soulève la Coupe du Monde 1934), d’où le surnom de « Nazio-Juve« . C’est également à cette époque que le socle de tifosi s’étend au-delà de Turin, la désormais « Fiancée de l’Italie » et son jeu basé sur un système en forme de « WW » (ou encore « 2-3-2-3 » ou « Metodo ») n’ayant de cesse d’enthousiasmer le public. Les meilleures choses ayant une fin, celle-ci survient de façon symbolique et là aussi tragique au moment du décès du Président Edoardo Agnelli (le père de l’Avvocato) dans un accident d’hydravion en 1935, Carcano ayant lui dû plier les gaules un an plus tôt pour des raisons qui nous échapperaient aujourd’hui.

Nicolas Portais

Rédacteur Juventus



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