Sassuolo, attaque gérontophobe ?

Par Thomas Sghedoni publié le 07 Fév 2016

Sassuolo

Débutons par quelques chiffres : sur les 6 derniers matchs, 4 buts inscrits, pour 1 victoire suivie de 2 nuls et 3 défaites. Et sur ces 4 malheureux buts, un seul inscrit dans le jeu sur un cadeau de la défense de l’Atalanta, pour deux coups de pied de réparation et un coup franc de l’homme à tout faire : Acerbi. De ce constat l’observateur aguerri n’a qu’un pas à franchir pour en déduire qu’un changement a eu lieu au sein de la maison des neroverdi. En effet, Cannavaro mis à part, les deux vétérans du club qu’étaient Floccari et Floro Flores ont progressivement disparus des feuilles de match. Fidèle à sa ligne de conduite et à son projet de post-formation, le club tient absolument à faire évoluer de jeunes gens au potentiel certain (ou à défaut, avec un certain potentiel). C’est donc le jeune Diego Falcinelli qui s’est retrouvé propulsé titulaire, lui qui revenait tout juste d’un prêt, certes réussi, à Perugia alors en Lega Pro.

Des jeunes pas encore prêts ?

 

S’il dénote d’une volonté et d’un engagement total sur le terrain, le garçon reste quand même une option franchement limitée à la pointe de l’attaque d’un club qui, cette année, a un énorme coup à jouer en vu de la qualification pour l’Europa League, avec à peine 3 buts en 15 matchs. Du coup, pour l’épauler est arrivé un jeune loup d’Avellino, Marcello Trotta. Ce grand espoir du calcio, formé en Angleterre, n’a pour l’instant effectué que trois matchs dont un seul comme titulaire avec le club Emilien, il est donc très complexe de juger ses performances. Toutefois, on peut affirmer qu’il ne s’est pas mis en évidence face à l’AS Roma, dans un match où Sassuolo a dominé de la tête et des épaules une seconde mi-temps qui a finalement accouchée d’une réalisation adverse signée El Shaarawy.

Des anciens qui mettent les voiles

Ce match, comme le précédent contre Bologna, a mis en exergue les difficultés que peuvent rencontrer les deux pointes neroverdi à concrétiser les occasions pourtant réelles, de pousser le cuir au fond des filets. Le problème, c’est que faire revenir la paire Floccari/Floro Flores sur le terrain est devenu impossible. Le Napolitain est parti faire le bonheur des tifosi du Chievo alors que le Calabrais a fait les 37 kilomètres qui séparent Sassuolo de Bologne pour passer à l’ennemi. Il s’est d’ailleurs rappelé au bon souvenir de Di Francesco en marquant le second but des rossoblu lors du derby, quasiment sur son premier ballon, d’une belle frappe en pivot à l’entrée de la surface. C’est la que le bât blesse. Faire jouer des jeunes, c’est bien. Mais faire partir ses cadres, qui étaient respectivement les 2ème et 3ème meilleurs buteurs du club, afin de faire jouer exclusivement ces jeunes pousses, et ce sans tenir compte de leurs éventuelles difficultés d’adaptation ou performances douteuses, c’est franchement discutable. La volonté affichée du club de vouloir se poser comme le plus beau tremplin et meilleur post-formateur d’Italie est louable, mais sans un peu de realpolitik à la direction sportive, les ambitions en Serie A risquent d’en pâtir sérieusement. En outre, les compères Sansone et Berardi, véritables artificiers du secteur offensif, ont choisi ce moment pour être eux-mêmes plus en difficulté, alors que Defrel, arrivé cet été pour palier au départ de Zaza, est encore loin de donner sa pleine mesure. Il en revient à Eusebio Di Francesco de redonner du tonus à son secteur offensif, les tifosi du Mapei Stadium n’attendent que ça !

Thomas Sghedoni

Rédacteur Sassuolo



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