Sarri/Mancini, une polémique de trop pour le Calcio

Par Cesco publié le 21 Jan 2016

mancini sarriFin de match tendue entre le Napoli de Sarri et l’Inter de Mancini lors du quart de finale de Coppa Italia (remporté 2-0 par les coéquipiers de Jovetic). Alors que l’on se dirigeait (mine de rien) vers la première défaite de la saison à domicile pour le Napoli, une vive altercation entre Mancini et Sarri est survenue (lors de l’annonce du temps additionnel) et a fait passer le résultat au second plan. Explications d’après match, des propos homophobes venant de l’ex-Empoli en direction de l’homme de Jesi. Ambiance…

Sacchi, Tavecchio, Sarri. La boucle est bouclée ?

Si cette énième polémique prend de l’ampleur, c’est qu’en Italie, ces propos réveillent un problème social et un mal trop présent dans l’univers du ballon rond que personne n’arrive à faire disparaître. En cause, le passif du Calcio concernant les comportements des supporters et les déclarations de ses grandes figures, parfois bien plus qu’à la limite du politiquement correct. On avait eu le droit aux cris de singes dans les tribunes, au célèbre « Opti Poba mangeait des bananes et maintenant il joue titulaire à la Lazio« , « Il vaut mieux garder les juifs sous contrôle » ou encore « Je n’ai rien contre les homosexuels mais ils ne doivent pas s’approcher de moi« . Ces trois perles sont signées Carlo Tavecchio, qui n’est autre que le président de la fédération italienne de football, rien que ça. Il y a eu aussi Arigo Sacchi, grande légende du Milan AC qui s’est illustré par une magnifique phrase pleine de spontanéité et d’analyse : « Il y a trop de noirs dans les jeunes équipes italiennes« . Du grand art. Depuis mardi soir, on a aussi Sarri et ses insultes homophobes envers Mancini. Grande classe.

Mais non c’est de la faute des autres !

Bien entendu, difficile de corriger le tir quand on doit faire face à de telles déclarations, mais ces figures du football italien ne se démontent pas pour autant. Sacchi lui, avait accusé les médias : « Moi-même, j’ai été mal compris et on m’a accusé de racisme. Ils ont extrapolé deux phrases d’un discours profond pour les manipuler. J’ai été accusé de racisme alors que cela fait 43 ans que j’entraîne des joueurs noirs plus que quiconque. » Un discours profond … une excuse pleine de spontanéité qui respire le dernier recours. Bientôt Sarri nous dira t-il « Je ne suis pas homophobe, j’ai des amis gays » ? En 2016, l’Italie du foot doit vraiment faire le ménage dans ses instances et évoluer dans sa mentalité. Pourtant, malgré ce passif, difficile de dire si la Botte est prête a tourner la page. Tavecchio est toujours en place, Sacchi a encore du crédit et Sarri, bien que risquant une lourde suspension de banc, ne devrait pas être inquiété plus que ça pour son poste au Napoli. Pire, certains acteurs du Calcio le défendent ! Silvio Berlusconi, président du Milan AC, a même déclaré que ce sont des choses qui arrivent mais que Mancini n’aurait pas du déballer ça dans les journaux. Ça en devient gênant, vraiment gênant. « En Angleterre il ne pourrait plus mettre les pieds sur le terrain » pestait Mancini après le match. Le coach de l’Inter en avait gros et a choisi de s’expliquer devant les médias à la fin du match. A t-il bien fait ? Oui. Oui car en Serie A, on a souvent tendance à évacuer et relativiser les problèmes plutôt qu’à les solutionner. Les explications de Sarri en sont l’exemple type « Je lui ai présenté mes excuses, les disputes devraient s’arrêter après les 90 minutes. Pour moi tout est ok« . Et c’est bien ça le problème Monsieur Sarri.

Cesco

Rédacteur en Chef



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