Rüdiger, la recrue devient un sergent

Par Herman Ahouande publié le 12 Mai 2016

Rudiger

Alors que beaucoup prévoyaient le come-back de Benatia comme la solution défensive pour l’AS Roma, d’autres attendaient impatiemment le retour de blessure de Leandro Castan. Mais le miracle ne s’accomplira finalement pas. Le Bayern de Munich et la longue blessure du défenseur brésilien ont eu raison des espoirs romains. Les deux « sauveurs » ayant manqué à l’appel, c’est donc sur Rüdiger que misent les dirigeants giallorossi pour former avec Manolas, la charnière centrale. Et pourtant…

Antonio n’est pas Hercule

Combler le vide laissé par Benatia ou Castan n’est pas une mince affaire. On parle en effet de deux défenseurs qui ont récemment fait les beaux jours de la Louve. Le passage de Mapou Yanga Mbiwa n’a d’ailleurs pas permis de les oublier. Avec Rüdiger, l’aventure n’a pas été plus belle. La jeunesse de l’Allemand, combinée à la volonté du club de jouer les premiers rôles ont rendu laborieuse son adaptation. L’héritage lui paraissait trop important à porter. Jusqu’à la trêve hivernale, le mariage entre Rüdiger et la Roma suscitait des questionnements sur l’intérêt de son transfert. Ses performances lacunaires et son manque d’assurance l’ont très tôt mis sous le feu des critiques. L’arrière garde romaine était alors coupable d’une perméabilité notable, ouvrant trop de brèches aux attaquants adverses. Cette passivité a terni la performance collective du club, comme le témoignent les résultats. La Roma a connu un véritable trou d’air en championnat et présentait l’une des pires défenses en Champions League. C’est le moment choisi par les dirigeants pour changer de cap.

La surprise du chef

Les choses ont changé sur le banc de l’AS Roma mais la Louve n’a pas amélioré sa perméabilité défensive. Ce qui n’a pas entre temps changé, c’est la confiance dont bénéficie le jeune allemand. Malgré l’arrivée de Spalletti et de Zukanovic, Rüdiger continue son apprentissage aux côtés d’un Manolas qui attire lui les éloges. Ces conditions ont permis au défenseur de 23 ans de franchir un cap et de monter en puissance. De simple alternative, Rüdiger a acquis un statut de joueur clé dans le dispositif défensif de Spalletti. Il a cultivé les qualités d’un défenseur central : dur sur l’homme, solide et plus combatif, il exploite mieux son mètre 90 dans les duels aériens. Sa relance a été aussi améliorée puisque l’homme affiche une moyenne de 85,6 % de passes réussies. Autre point positif, sa capacité de jouer sur le côté droit de la défense, rôle qu’il a déjà assumé avec la Mannschaft. Une polyvalence qui lui permet de jouer aussi bien dans une défense à quatre que dans une défense à trois. Un atout sur lequel s’appuie Spalletti pour modifier son dispositif tactique en fin de match. Grâce à son rendement sur cette deuxième partie de saison et surtout à sa progression, Rüdiger a prouvé qu’il a grandit et a pris la mesure de la mission qui lui est assignée. Son progrès devrait pousser le staff de la Louve à se pencher sur son dossier. En tout cas le nouveau « Roc » a déjà fait connaitre son envie de poursuivre le combat au sein de légion romaine.

Herman Ahouande

Rédacteur



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