Piatek : bonne pioche pour le Milan ?

Par Théo Cé publié le 24 Jan 2019

Après avoir passé sa visite médicale mercredi matin, Piatek est devenu un joueur du Milan AC. Le buteur polonais aura coûté 35 millions d’euros et vient remplacer Higuain, parti à Chelsea. Une somme conséquente et une responsabilité importante qui suscitent, nécessairement, quelques interrogations. Alors, Piatek, bonne ou mauvaise pioche ?

Pourquoi Piatek est un bon choix

De toute évidence, Piatek n’a pas le niveau de Gonzalo Higuain, en tout cas sur le papier. Néanmoins, si l’on ne s’en tient qu’aux statistiques de la saison actuelle, le Milan y gagne au change. L’un est dans une forme monumentale (19 buts en 21 matchs toutes compétitions confondues), l’autre enchaînait les passages à vide et les crises de nerf sur le terrain. Il n’y a, en théorie, aucune raison pour que le Polonais devienne soudainement muet. De plus, sa motivation devrait encore plus le « booster », une motivation qui offre encore un contraste saisissant avec Higuain, plutôt instable sur le plan psychologique. En effet, Piatek a tout fait pour rejoindre le Milan, refusant même des offres de salaire plus alléchantes de la part d’autres clubs. Pour un buteur, un moral au beau fixe est toujours un précieux auxiliaire dans la quête du but. Ajoutons encore que le profil de Piatek correspond aux besoins de l’équipe, à savoir celui d’un avant-centre impliqué dans la construction du jeu, et un attaquant complet : rapide, solide, bon des pieds comme de la tête.

Il apporte ce qui manque à Cutrone qui, mis de côté son dévouement aux tâches défensives, est moins utile lorsqu’il s’agit de construire. Piatek est le type d’attaquant qui sait se créer ses propres occasions s’il le faut. Enfin, terminons par une observation : il semblerait, au vu des derniers matchs, que l’équipe joue mieux sans Higuain. C’est peut-être qu’autour de lui, étant donné le prestige de son nom, les joueurs se sentaient obligés de jouer pour lui. Un buteur plus modeste « rééquilibre » l’équipe et la libère dans son jeu. Une hypothèse à méditer.

Pourquoi il est trop tôt pour répondre

Il faut rappeler un point essentiel dans cette affaire : le Milan a déboursé 35 millions d’euros pour un joueur qui a été (très) performant pendant une demi-saison à peine. N’est-ce pas là le danger d’avoir cédé à la culture de l’instant ? Que Piatek ait du talent, c’est indéniable. Mais le Genoa a eu d’autres grands buteurs : et si un jour, celui-ci s’est appelé Diego Milito et a fini par conquérir l’Europe, un autre jour, il s’est appelé Marco Borriello et joue aujourd’hui à Ibiza. Le football moderne est marqué par des emballements prématurés. Combien de joueurs promis à la gloire ont fini aux oubliettes ? Il n’est pas dit que ce destin sera celui de Piatek, mais pour lui, l’épreuve de vérité commence maintenant. Dans un club aussi instable, au milieu de crises à répétitions depuis des années, le Polonais est mis à l’épreuve : aura-t-il la tête assez solide et les pieds toujours aussi fiables ?

Enfin, il faut le répéter, peu importe l’attaquant, le problème de la créativité dans le jeu du Milan subsiste encore et toujours. Sans milieux assez techniques pour contrôler le cœur du jeu, sans audace dans les prises de balle, Piatek devra se satisfaire de peu d’occasions et être plus en réussite que son prédécesseur. Ce point doit aussi amener à relativiser le mauvais rendement d’Higuain. En un sens, les attentes qui reposent sur Piatek pour l’attaque sont les mêmes que celles qui reposent sur Paquetà pour le milieu. Attention à ne pas trop leur en demander, car les vrais problèmes de ce Milan sont antérieurs à leurs arrivées, et certainement pas résolus avec elles…

Théo Cé

Rédacteur



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