Petrachi, une faim de louve et d’ailleurs

Par Florian Giunta publié le 12 Mai 2019

Alors que les deux clubs sont en lutte pour une place européenne, Gianluca Petrachi, 50 ans, directeur sportif du Torino, négocie avec le président de l’AS Roma James Pallotta pour succéder au très influent Monchi… Le Président Urbaino Cairo a vu rouge craignant que son club soit déstabilisé mais Petrachi s’en moque et se rêve sur les rives du Tibre la saison prochaine. Qui est cet homme qui a efficacement contribué à la stabilité du club turinois depuis 10 ans ?

Un homme d’expérience

Soixante matchs de Serie A (à l’US Cremonese et Perugia) ; 145 matchs de Serie B au compteur, Gianluca Petrachi a une riche carrière de joueur professionnel. Il est surtout depuis dix ans, le Directeur Sportif – estimé – du Torino. Arrivé au club à Noël 2009, il a fait ses armes dans la fonction entre 2006 et 2008 à Pisa avec qui il monte de la Serie C à la serie B. Auréolé, il est repéré par Urbano Cairo afin de remplacer le sulfureux Rino Foschi. Avec les Granata, il se frotte à la Serie B aussi bien qu’aux huitièmes de finale d’Europa League et écrit ainsi les lignes d’un riche C.V.

Un bilan globalement positif au Torino

S’il est délicat de faire le bilan exhaustif d’un Directeur Sportif tant la gestion interne d’un club reste à l’abri des regards, on peut au moins jeter un oeil au recrutement ainsi qu’aux ventes de joueurs. Petrachi a réussi de belles plus-values  : Zappacosta a été acheté 5,5 millions à l’Atalanta en 2015 et est vendu 28 millions en 2017 à Chelsea. Cette plus-value de 22,5 millions est le record du club. Petrachi a aussi engrangé 22 millions de plus-value pour le Serbe Maksimovic vendu au Napoli et 16,5 millions pour Darmian cédé à Manchester United. Il a eu le nez creux et l’habileté de recruter Glik, Immobile, Belotti… Cependant, son bilan des deux dernières saisons intrigue. Il a saisi de formidables opportunités dans le domaine défensif  avec Sirigu, Nkoulou et Izzo. Mais on compte tout autant de flops – essentiellement chez les recrues à vocation offensive. Niang (31 matchs pour 4 buts), Iturbe prêté par la Roma pour 539 minutes pas folichonnes. Cette saison, Soriano (qui devait remplacer Ljajic !) s’est sauvé à Bologna après 12 matchs ou bouts de matchs calamiteux . Sans compter Zaza qui reste une énigme fantomatique. Cette liste illustre bien les forces et faiblesses de l’équipe actuelle, donc le travail de Petrachi.

De la crise ouverte aux manoeuvres de couloir…

« Je n’irai pas à l’AS Roma, en tous cas, pas cette fois ». Ces mots d’Antonio Conte prononcés il y a quelques jours vont ils déterminés l’avenir de Gianluca Petrachi ? Et si ce refus faisait capoter les plans de son ambitieux ami ? Dans l’esprit des dirigeants romains, Petrachi devait appâter Conte… Mais le dialogue continue et pour Petrachi la marche arrière semble interdite. La communication présidentielle vogue au fil des jours balançant entre rappel des obligations contractuelles et marques d’ouverture. Mais Cairo attend une compensation. Un joueur de l’AS Roma ? Plusieurs joueurs de leur primavera ? Nul ne le sait. Et Petrachi souhaiterait ne pas partir les mains vides dans la capitale. On dit que Meïté et Nkoulou se mettraient bien dans ses malles…

Même si Cairo affirmait bravache vendredi dernier « Petrachi restera avec moi jusqu’en 2020 », on imagine mal les deux hommes ayant fortement contribué durant dix ans à l’essor du Torino continuer ensemble…

Florian Giunta



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