Pavoletti, une place à se regagner à Cagliari

Par Sébastien Madau publié le 06 Oct 2020

Atalanta – Cagliari, 85e minute. L’attaquant de Cagliari Joao Pedro quitte le terrain remplacé par Leonardo Pavoletti. Les deux hommes, complices, s’embrassent. Le Brésilien n’oublie pas de lui attacher le brassard de capitaine au bras. Preuve que « Pavogol » continue à être quelqu’un qui compte au sein de l’effectif sarde. Alors que le mercato est terminé et que le club a décidé de le conserver, le buteur a quelques mois pour prouver qu’il peut retrouver son état de forme, celui d’avant sa double rupture des ligaments. Celui de l’époque où il était le joueur le plus cher jamais recruté par Cagliari (11 millions d’euros) et le plus gros salaire (1,4 million d’euro par saison). Mais surtout l’époque où il avait marqué 27 buts en championnat de Serie A en deux saisons.

Le choix de rester

Pour l’heure, Leonardo Pavoletti mange son pain noir. Le Livournais a joué 11 minutes contre la Lazio (défaite à domicile 2-0) et 4 dimanche dernier face à l’Atalanta (défaite 5-2). Bien trop peu pour pouvoir peser sur le cours de rencontres dont le score était déjà bel et bien scellé. Dans ces conditions, pourquoi le club, et on imagine l’entraîneur Eusebio Di Francesco, ont-ils choisi de le conserver dans l’effectif ? La présence d’un International (1 sélection, 1 but) sur le banc de touche, plutôt que de jeunes attaquants en devenir et plus empreints à accepter un rôle de réserve, n’est-elle pas une bombe à retardement ? Ne risque-t-il pas de continuer à broyer du noir alors qu’il aurait pu satisfaire bon nombre d’équipes de Serie A ? Dont le Genoa de son ancien coach Rolando Maran qui a tenté de l’enrôler sous forme de prêt. Les réponses sont nombreuses, ceux qui ont la clé également.
Tout d’abord le joueur lui-même. La saison 2019-2020, qui devait être celle de sa consécration, alors que le club réhaussait ses ambitions pour son Centenaire, s’est révélée être un cauchemar : rupture des ligaments dès la première journée face à Brescia et rechute en janvier, à quelques semaines de son retour à la compétition, non pas sur le terrain mais lors d’une fête entre co-équipiers. L’homme, sous contrat jusqu’en juin 2022, a une revanche à prendre, vis-à-vis du sort. Et une dette envers les tifosi qui ne l’ont jamais lâché et se sont fortement exprimés pour qu’il reste. Cagliari est une place où ce type de profil de joueurs peut exploser et (re)devenir la coqueluche du public.

Un joueur utile pour rêver à l’Europe

Quant au club, il serait objectivement difficile de se priver d’un tel joueur dans son effectif. En effet, après la saison passée des désillusions, le président Tommaso Giulini ne semble pas s’être résigné à décrocher une qualification en Coupe d’Europe. Aussi, si des joueurs peuvent être des révélations (Sebastian Walukiewicz, Razvan Robin, Riccardo Sottil, Matteo Tramoni, etc.), un tel objectif ne peut s’obtenir sans joueurs du calibre des Pavoletti, Joao Pedro, Giovanni Simeone, Diego Godin, Nahitan Nandez ou du dernier recruté Adam Ounas. Sans oublier que si la saison passée, Joao et Simeone ont fait parler la poudre à 30 reprises, chacun a eu sa demi-saison poussive. Avant la reprise, Di Francesco avait affirmé compter sur lui. « Il est au cœur de mon projet, malgré le fait qu’il revienne de blessure. J’aime sa manière d’être sur le terrain, son état d’esprit. Evidemment, il devra travailler dur pour retrouver pleinement sa condition ». Concernant, ses choix, il avait estimé que dans son 4-3-3 il n’y avait la place que pour un entre Simeone et Pavoletti, et que ce dernier était en retard sur la préparation.
Nul ne sait quand, mais Leonardo Pavoletti aura sa chance durant cette saison. Pour palier un manque d’efficacité de ses co-équipiers ou, au contraire, pour encore plus muscler un secteur offensif qui ferait des misères aux défenses de Serie A ?
Les quelques ballons de la tête gagnés en duel sur corner lors des deux bouts de matchs joués tendent à démontrer que « Pavo » est loin d’avoir jeté l’éponge et perdu son sens du but.

Sébastien Madau



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