Paletta à l’école de la troisième chance

Par Matteo Pogliani publié le 19 Jan 2016

Gabriel Paletta

Retour à la case départ

Juin 2014. Paletta est dans les 23 retenus par Cesare Prandelli avec la Nazionale pour disputer la Coupe du Monde 2014 au Brésil. À la stupeur presque générale, il est même titulaire lors du match d’ouverture de groupe face à l’Angleterre. Ce sera pourtant son seul match disputé dans cette compétition. Et dire qu’il avait remporté la Coupe du Monde des moins de 20 ans avec l’Argentine en 2005, aux côtés d’un certain Leo Messi. Oui, car Paletta faisait partie d’une génération étincelante qui lui valut une signature à l’été 2006 avec le Liverpool de Rafa Benitez pour ensuite revenir un an plus tard et une poignée de match disputés du côté du Boca Junior. Juillet 2010, il débarque en Italie, à Parme, où il progresse de match en match méritant ainsi sa convocation avec Prandelli. Suite à cette ascension, le Milan AC décide de lui donner sa chance à l’hiver dernier, mais son mandat n’aura duré que six mois. Son transfert en prêt sans option d’achat à l’Atalanta en a surpris plus d’un, étant donné que les rumeurs l’envoyaient tantôt à Sassuolo, tantôt à la Fiorentina ou encore à la Roma. Finalement, c’est bien un retour à la case, dans une équipe affichant des ambitions semblables à celles de Parme. Cette troisième chance semble pourtant lui convenir étant donné qu’il retrouve petit à petit son niveau d’antan. Mais à bientôt 30 ans, l’Atalanta se place aussi comme la dernière occasion de se montrer et de prouver aux grands qu’il faut lui donner une autre troisième chance, après les occasions Liverpool et Milan.

Suffisant pour l’Euro 2016 ?

S’il forme avec Toloi une charnière centrale de revanchards qui tient la route en cette première partie de saison (24 buts subis en 20 rencontres), il n’en reste pas moins que son passage trop rapide du côté de Milan questionne sur les limites de ses prestations. En effet, rugueux sur l’homme, il joue de cette hargne pour mener la vie dure aux attaquants de Serie A, écopant souvent beaucoup de cartons (trois jaunes et deux rouges cette saison). Et pourtant, il semblerait que ses limites soient bien plus flagrantes lorsqu’il passe au niveau supérieur. Lors de sa demi-saison du côté de Milan, avec une équipe qui était en très grande difficulté, Gabriel n’a pas totalement déçu, tant son implication et sa volonté compensaient les imprécisions et bévues d’une défense constamment en alerte. Et c’est peut-être pas entièrement de sa faute si son passage en rossonero a été aussi court. Car dès son arrivée, Mihajlovic n’a pas compté sur l’italo-argentin, lui préférant les divers Romagnoli, Alex, Zapata, Ely, ou encore Mexes. Lent dans ses courses, imprécis dans ses relances, trop direct sur l’adversaire, tant de défauts qui n’ont pas pardonné aux yeux de l’entraîneur milanais durant la préparation estivale. Comment donc envisager de lui redonner les clés d’une Nazionale qui devra surtout se baser sur une défense solide pour tenter de faire bonne impression en France cet été. Surtout, que la concurrence est rude à ce poste, avec une BBC, un Astori, un Acerbi ou encore un Romagnoli qui enchaînent les bonnes prestations dans leurs clubs respectifs. Néanmoins, nul doute que dans une Serie A qui devient de plus en plus ouverte, Paletta fait les beaux jours de l’Atalanta et confirme à nouveau qu’on peut compter sur lui, à l’envie et à la rigueur. Mais c’est peut-être pas assez suffisant pour regoûter à la Nazionale.

Matteo Pogliani

Rédacteur



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