Mort de Paolo Rossi, retour sur son incroyable ballon d’Or 1982

Par Matthieu Pianezze publié le 10 Déc 2020
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Après avoir appris le décès cette nuit de Paolo Rossi, la rédaction de Calciomio vous propose de lui rendre hommage, à travers un papier signé Sébastien Sorrentino sur son incroyable année 1982 marquée par une coupe du Monde et un ballon d’or.

Le Ballon d’Or France Football est la consécration ultime pour un joueur de football. Ils sont cinq italiens à l’avoir remporté et c’est en 1982, qu’un certain Paolo Rossi, quelques mois après une coupe du monde exceptionnelle, se voit décerner la prestigieuse récompense. Retour sur une année qui valut à l‘italien de rejoindre le panthéon des plus grands footballeurs de l’histoire.

Pablito bouc émissaire du Totonero

Rossi c’est une carrière passée dans un ascenseur. Un voyage au cours duquel le joueur aura connu les émotions d’être un héros et un paria. Tout avait bien commencé pour le jeune Rossi né le 23 septembre 1956 à Prato en Toscane. Repéré par la cellule de recrutement de la Juventus alors qu’il n’a que 16 ans, il y fera ses débuts en tant que professionnel 2 années plus tard lors d’un match de Coppa Italia. Il sera ensuite prêté au Como Calcio, puis cédé en copropriété à Vicenza en 1976, club qui évolue alors en Serie B. C’est là qu’il explosera en marquant 21 buts en 36 matches dès sa première saison. Le club accède à la première division et Rossi continue sa fulgurante progression en tant que buteur. Il devient Capocannoniere, au terme de la saison 1977-1978 avec un total de 24 buts. En mai 1978 Enzo Bearzot le sélectionne pour la Coupe du monde 1978 en Argentine, compétition au cours de laquelle il marque 3 buts et distille 3 passes décisives. Les dirigeants de Vicence doivent vendre et le joueur atterrit la saison suivante à Pérouse où il inscrit 13 buts en 28 matches. C’est alors que le 1er mars 1980 éclate l’affaire du Totonero (paris clandestins).

Un phénix mais un renard qui renaît de ses cendres

Pablito sera condamné à 2 ans d’inactivité. À quelques mois de la coupe du monde 1982 qui se joue en Espagne, le joueur ne fait pas l’unanimité. Enzo Bearzot le sélectionne malgré tout et la suite du scénario frôle l’impensable. La persévérance du sélectionneur lui donna raison puisque Paolo Rossi fut le principal détonateur et artilleur de l’équipe. Ce qu’a réalisé l’attaquant lors de cette compétition est unique et dépasse l’entendement. Le joueur marquera d’abord les 3 buts de la victoire face au Brésil (3-2) lors du match de qualification pour les demi-finales du tournoi, puis les 2 buts du succès en demi-finale contre la Pologne (2-0) et enfin le premier but de la finale face à la R.F.A. (3-1). Sa capacité à jaillir dans la surface de réparation adverse pour terminer l’action, et ce reproduit tour après tour lors du tournoi, a nécessité une capacité de concentration hors norme, d’autant plus face aux plus grandes sélections mondiales. Le renard de surface n’a jamais aussi bien porté son nom. Soulier d’or de l’épreuve et élu meilleur joueur de la compétition, le joueur fera l’unanimité dans toute l’Europe et c’est tout naturellement qu’il est élu Ballon d’or à la fin de l’année 1982, devant Alain Giresse et son coéquipier à la Juventus Zbigniew Boniek. Revenu à la Juventus quelques mois seulement avant son sacre mondial, Rossi réalisera ensuite des performances honorables avec un titre de meilleur buteur de la Coupe d’Europe des clubs champions 1983 (6 buts) et une Coupe d’Europe des clubs champions remportée en 1985 au Heysel avec les circonstances dramatiques que l’on connait. Sa fin de carrière sera difficile avec de nombreuses blessures, mais l’essentiel est déjà fait pour Pablito, devenu le héro à jamais d’une Nazionale en l’espace d’un seul petit été en Espagne.

Matthieu Pianezze

Rédacteur



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