Les 15 ans du ballon d’or de Fabio Cannavaro : Du rêve au cauchemar à la Juventus (1/3)

Par Ben Soffietti publié le 10 Déc 2021
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Le 29 novembre dernier, lors de la cérémonie du ballon d’or, Jorginho, la plaque tournante de la Nazionale de Roberto Mancini, a été récompensé de sa belle saison, au cours de laquelle il a raflé l’Euro avec l’Italie et la Champions League avec Chelsea, par une belle troisième place. Pour retrouver un Italien sur le podium d’une édition du ballon d’or, il faut remonter quinze ans en arrière, où deux Azzurri, suite au sacre de 2006, se plaçaient aux trois premières places. La première, et donc le ballon d’or, revenait alors au capitaine de la Squadra Azzurra, Fabio Cannavaro. Pour célébrer le quinzième anniversaire de cette récompense individuelle, Calciomio revient en trois épisodes sur l’année 2006 du dernier défenseur lauréat du ballon d’or. Ce premier épisode est consacré à la saison 2005-2006 de Cannavaro à la Juventus.

Cannavaro, pilier de la Juventus et de la Nazionale

Dans l’histoire du ballon d’or, trois défenseurs seulement ont soulevé le trophée. Les Allemands Franz Beckenbauer (deux fois) et Matthias Sammer, et donc, dix ans après l’emblématique défenseur du Borussia Dortmund brièvement passé par l’Inter, l’Italien Fabio Cannavaro. Rien pourtant, au début de la saison, ne laissait imaginer que le natif de Naples pourrait prétendre à cette récompense. Certes, à 33 ans, c’était un défenseur d’expérience mais d’autres comme Terry, Puyol ou Maldini avaient aussi un niveau exceptionnel, et surtout, la récompense atterrissait déjà bien souvent dans les bras d’un joueur offensif comme Shevchenko en 2004 ou Ronaldinho en 2005.

Lorsque la saison 2005-2006 commence, Cannavaro est un joueur de la Juventus depuis une saison déjà. Arrivé de Parma l’été précédent, il s’est rapidement imposé comme un élément incontournable de la défense bianconera, ne ratant aucun match de Serie A lors de sa première saison à Turin et formant avec Lilian Thuram, son ancien coéquipier chez les Ducali, la charnière centrale la plus imperméable de Serie A (27 buts encaissés). Auréolé d’un Scudetto dès sa première année, il vise à nouveau le titre à l’entame de sa deuxième saison turinoise alors que se profile la Coupe du Monde. Celui qui totalise déjà 90 sélections avec les Azzurri, est logiquement un homme de base de Marcello Lippi. Déjà présent aux Mondiaux 1998 et 2002, Cannavaro est souvent capitaine. Il attend donc impatiemment de laver l’affront vécu en Corée du Sud mais également la douloureuse élimination vécue au premier tour de l’Euro 2004.

De la joie du Scudetto au scandale du Calciopoli

La Vecchia Signora démarre fort avec neuf victoires en autant de matchs. Buffon, protégé par Cannavaro et ses coéquipiers de la défense, n’encaisse que deux buts au cours de cette série. Le Milan AC met fin à cette invincibilité à la dixième journée mais ce sera la seule défaite de la saison pour les Bianconeri. Ils font même mieux que la saison précédente puisqu’ils n’encaissent que 24 buts et soulèvent un deuxième Scudetto consécutif. Seule ombre au tableau, la nouvelle élimination en quarts de finale de la Champions League face au futur finaliste, Arsenal. Cannavaro, 48 matchs toutes compétitions confondus, et ses coéquipiers italiens – Zambrotta, Del Piero, Camoranesi et Buffon – peuvent aborder sereinement la préparation du Mondial allemand.

Mais ce climat idyllique sombre rapidement devant le tsunami médiatique et juridique provoqué à la fin de la saison par l’affaire du Calciopoli. Ce scandale frappe de plein fouet la Juventus, écurie la plus impliquée dans l’affaire. Résultats, elle perd ses Scudetti de 2005 et 2006 et surtout, elle est rétrogradée en Serie B par la justice italienne. C’est dans ce contexte cauchemardesque que les Azzurri préparent le Mondial. Treize des 23 hommes convoqués par Lippi évoluent dans des clubs impliqués dans le Calciopoli. À travers vents et marées, Cannavaro, le capitaine de la Nazionale, fait face et essaie de préserver son groupe malgré le traumatisme qu’il vit. « C’était une équipe tellement forte (la Juventus), qu’après, quand ce merdier est sorti, personne ne voulait y croire, moi le premier » a-t-il déclaré à Calciomercato.com en 2020. Et pourtant, l’Italie n’avait plus le choix. Une fois de plus, elle devait se relever de façon urgente. Et elle pourra compter sur son capitaine !

À retrouver dans ce dossier :

Épisode 1 –  Du rêve au cauchemar à la Juventus
Épisode 2 – Cannavaro sur le toit du monde
Épisode 3 – Le cinquième ballon d’or italien de l’histoire





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Ben Soffietti

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