Montella, l’aeroplanino a t-il pris son envol ?

Par Matteo Pogliani publié le 10 Jan 2016

montella

Des débuts compliqués

Il n’est jamais simple de prendre les rennes d’une équipe en difficulté en cours de saison, tant le chantier est important avec peu de temps pour travailler sur les aspects tactiques et techniques. A cela, il convient d’ajouter le fait que l’entraîneur précédent, Zenga en l’occurrence, n’a pas été limogé à cause de ses mauvais résultats, mais surtout à cause de la fracture qui s’était créée entre lui et certains supporters ou joueurs. Evidemment, Montella fait l’unanimité, tant auprès des supporters qu’auprès des joueurs, et sur ce terrain-là, les difficultés étaient moindres. Mais la difficulté majeure résidait dans le fait d’inculquer une idée de jeu bien différente de celle de son prédécesseur, à des joueurs qui semblaient désabusés, ou en manque de confiance pour la plupart. Les belles choses exprimées du côté de la Fiorentina laissaient présager un renouveau glorieux aux blucerchiati, mais tel n’a pas été le cas au début. En effet, l’équipe de l’aeroplanino a enchaîné cinq matchs sans victoires avec notamment trois défaites, dont deux douloureuses face au Milan AC et Sassuolo, un match nul arraché dans les toutes dernières secondes face à une Lazio qui ne retrouve plus son jeu de l’an passé, ainsi qu’une nouvelle défaite face au Milan de l’ex Mihajlovic en Coppa Italia, synonyme d’élimination de la compétition. Toutes ces rencontres ont mis au passif de l’équipe onze buts encaissés pour seulement trois marqués à l’actif d’un bilan bien déséquilibré.

Une identité de jeu retrouvée ?

La lumière est venue juste avant la trêve, avec une victoire à domicile face à Palerme sur le score de 2-0. De quoi manger le panettone en toute tranquillité, bien que l’aeroplanino n’avait pas trop de soucis à se faire à ce niveau-là, vu l’estime démesurée du Président Ferrero pour son « étoile ». Plusieurs ajustements étaient indispensables, et bien entendu, cela ne se fait pas d’un claquement de doigts, ce qui explique les débuts compliqués de Montella. La défense semble avoir retrouvé une certaine solidité bien que les deux buts subis lors du derby gagné face au Genoa ne rassurent pas pour autant. Mais bon, un derby reste un derby. Même Moisander, fortement critiqué à son arrivée, semble trouver ses marques, et Zukanovic commence à confirmer les espoirs placés en lui. Au milieu, la circulation du ballon commence à être plus limpide, avec un Barreto retrouvé et surtout un Soriano qui vient d’inscrire trois buts dans les deux dernières rencontres, toutes deux soldées par une victoire. Oui, car les blucerchiati ont remporté le ô combien important Derby della Lanterna face au rival, match qui vaut bien plus qu’une saison. Et si la blessure avant les vacances du meilleur buteur de l’équipe Eder n’était pas la bienvenue, son retour lors du derby avec la prestation d’un Cassano techniquement au dessus de l’ensemble des acteurs de la rencontre ont permis de chasser les doutes du côté de la Sampdoria. Le 4-3-3 concocté par Montella reprend des couleurs, avec notamment cinq buts inscrits en deux matchs, et nul doute que Ferrero tentera de satisfaire les désirs de son coach lors de ce mercato hivernal (comme l’a montré la signature de Ricky Alvarez). Un groupe, un jeu et une confiance retrouvés, un public qui soutient l’équipe et l’entraîneur, tous les ingrédients sont désormais présents. Et ce soir, pour la réception d’une Juventus qui s’est imposée lors des 8 dernières journées, c’est peut-être la meilleure Sampdoria, tant au niveau technique que mental, qui tentera de faire chuter les bianconeri dans un Luigi Ferraris en ébullition.

Matteo Pogliani

Rédacteur



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