Lega : nouveau président et dossiers chauds

Par Florian Giunta publié le 13 Jan 2020

Le pataquès de la démission du président Miccichè en novembre puis l’impossibilité des présidents de club à se mettre d’accord sur un nom dans la foulée ont pris fin. Paolo Dal Pino, Milanais de 57 ans, vient d’être élu président de la Lega Serie A. La présentation du nouveau patron du foot pro italien est aussi l’occasion de faire le tour des dossiers chauds qui l’attendent.

Un homme de communication qui a le bras long

Si le ministre des Sports italien Spadafora ne tarit pas d’éloges sur l’heureux élu, le dépeignant en homme « sage, équilibré et efficace« , Dal Pino ne fait pas l’unanimité. Sa candidature a été portée par Claudio Lotito et Enrico Preziosi, présidents de la Lazio et du Genoa. Néanmoins,  les présidents Agnelli, Cairo ainsi que Giuseppe Marotta – notamment – ont lutté pour remettre sur son siège l’ancien titulaire dont l’élection avait été annulée. Diplômé d’économie à Pavie, Dal Pino a commencé sa carrière de dirigeant à la Fininvest de Silvio Berlusconi. Il a exercé d’importantes responsabilités dans de grands groupes tels que Mondadori, Seat-Pagine Gialle, Pirelli ou Wind. Il est proche de l’entrepreneur Italo-suisse Carlo De Benedetti et a même noué des liens avec Lula quand il travaillait pour Pirelli Brésil. Dal Pino est l’un des plus expérimentés et influents dirigeants italiens dans le domaine de la presse et de la communication. Et même ses détracteurs lui reconnaissent compétences et légitimité pour affronter les dossiers du moment.

Les sujets en suspens

Les dossiers ne manquent pas. Celui des manifestations de racisme dans les stades tout d’abord. Quand la Lega n’est pas accusée de passivité, elle est moquée pour ses initiatives. La dernière campagne (exposition dans les locaux de l’institution représentant des singes) était si mal faite qu’elle a été contre-productive… Dal Pino devra donc travailler avec la FIGC et les autorités policières et judiciaires.  En effet, les fermetures de curve après des actes racistes ne résolvent rien et jettent le discrédit sur l’ensemble des supporters. La campagne #stoppiracy – « le piratage tue le calcio » – de 2019 a elle aussi été très critiquée. Les amateurs italiens n’acceptent plus de multiplier les abonnements et de payer le prix fort. Le spectateur-client n’hésite pas à faire preuve d’ingéniosité pour payer moins ; même illégalement. Les argentiers du foot l’attendent aussi pour faire pression auprès des autorités politiques afin de faire tomber l’interdiction de la publicité des paris sportifs. La bonne santé de l’économie du football italien dépendra dans les prochaines années de sa capacité à s’internationaliser et à se vendre ; tant dans la botte qu’à l’étranger. Pour cela, toute la diffusion doit être modernisée et digitalisée. La question des droits TV s’avère donc être la priorité des priorités de Dal Pino.

Le dossier brûlant des droits TV

On raconte que derrière les manoeuvres des présidents de club à imposer leur poulain, il y a les milliards des droits TV. Ceux qui doivent être attribués prochainement pour la période 2021-2024. Les soutiens du président Dal Pino pencheraient pour le groupe sino-catalan Mediapro. Ce groupe utiliserait son savoir-faire et vendrait ses services pour mettre en musique une chaîne unique 100% Serie A. C’est aussi une enveloppe de 7 à 8 milliards sur six ans qui serait promise par Mediapro. De nombreux dirigeants craignent la crise si le modèle actuel perdurait. L’alliance Sky-Dazn de 2018 est loin d’être une réussite : ce double abonnement a fait fuir 700 000 clients ! Elu avec seulement douze voix, le nouveau président devra toutefois convaincre pour rassembler les quatorze voix nécessaires qui décidera du choix définitif du diffuseur. Cet homme de réseaux qu’est Paolo Dal Pino devra user et abuser de toute son influence pour aboutir à une solution concertée et éviter une crise institutionnelle. Les affaires n’aiment pas les guerres…

Florian Giunta



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