Le romantisme de Javier Pastore débarque à l’AS Roma

Par Matthieu Pianezze publié le 28 Juin 2018
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Retour sur sa révélation à Palermo

Avec une famille originaire de Volvera dans le Piémont à quelques encablures de Turin, le gout de l’Italie a toujours coulé dans les veines de Javier Pastore. Alors, quand le facétieux président de Palermo Maurizio Zamparini décide de lâcher 6 millions d’euros, Pastore n’hésite pas et quitte son club du CA Huracan en Argentine après une jolie saison 2008/2009 ponctuée par 8 buts inscrits. Il débute avec le maillot rosanero et un improbable numéro 6, le 15 aout en coupe d’Italie et s’offre le luxe de découvrir la Serie A une semaine plus tard avec une victoire face au Napoli lors de la première journée. Il est très souvent utilisé comme joker par Walter Zenga et se met une première fois en évidence en octobre 2009 contre la Juventus en offrant un but à un certain Edinson Cavani, victoire 2-0 à la clef. Puis avec l’arrivée de Delio Rossi, le phénomène Pastore prend de l’ampleur et il s’impose comme titulaire dans un rôle de 10 à l’ancienne ou sa technique de balle fait merveille. Palermo terminera à une belle 5ème place et Pastore et déjà très convoité en Europe. Fort heureusement pour les tifosi de Palermo, il disputera une deuxième saison en Sicile qui sera encore plus belle avec 13 buts au compteur dont un triplé dans le derby face à Catane et une finale de coupe d’Italie perdue face à l’Inter. Il quittera ensuite l’Italie pour 42 millions d’euros à l’été 2011 et sera le premier gros coup du PSG version Qatari.

Le style Pastore : de l’amour et du foot à l’ancienne

Parler le Pastore peut rimer avec des mots comme doux, chaleureux ou beau. Dans ses déplacements soyeux et élégants on peut percevoir la trace d’un football romantique qui subsiste face à la modernité et cette cargaison de joueur plus physique les uns que les autres. Un extérieur du pied ou un petit pont subtilement lâché de sa part peut faire se lever un stade parfois bien plus qu’un but. Des passes sur un pas, dans la course, dans les intervalles, cette nonchalance propre à ces numéros 10 d’un autre temps. Sa position préférentielle est évidemment derrière un ou deux attaquants. Il a néanmoins prouvé qu’il peut jouer sur un côté et combler son manque de vitesse par un sens du jeu peu commun. Le voir évoluer plus bas dans un rôle de relayeur n’est pas une idée saugrenue. Il l’a prouvé plusieurs fois durant son septennat au PSG même si ses nombreux problèmes physiques ne lui ont pas offert le luxe de s’installer durablement dans ce secteur de jeu. Ses 45 buts et ses 58 passes en plus de 250 matchs sous le maillot parisien prouvent que Pastore n’est pas qu’un couvert de luxe qu’on ne sort que pour les grands occasions mais qu’il est également efficace et décisif. Avec des attaquants devant lui, type Cavani, capable de lui donner les bonnes solutions de passe dans la profondeur il se régale et a la capacité à distiller des ballons décisifs. Dans une équipe qui tient le ballon il se sentira plus à l’aise, mais sa capacité à prendre les bonnes décisions dans un temps court, lui permet d’évoluer également de s’épanouir dans une équipe misant sur les attaques rapides.

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Un physique fragile, vraiment ?   

Réputé pour son extrême fragilité physique, l’international argentin qui vient tout juste d’avoir 29 ans n’a pas toujours trainé cette pancarte en gros sur son dos. En effet, entre 2008 et 2015 El Flaco dispute toutes compétitions confondues en moyenne 45 matchs par saison. Des chiffres bien loin de l’image actuellement véhiculée par le joueur. Il faut rappeler qu’après la saison 2014-2015 qui sera sa plus aboutie sous le maillot parisien, Pastore va subir des blessures diverses et variées qui expliquent sa perte de vitesse depuis maintenant 3 saisons. Le pire est qu’à son arrivée à la tête du PSG à l’été 2016, Unaï Emery comptait faire de l’argentin sa pièce maîtresse dans le 4-2-3-1 initial. Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et les arrivées l’été dernier de Neymar et de Mbappé dans la capitale française ont quasiment scellé le sort de l’esthète de Cordoba. En s’arrêtant sur le détail des blessures de Pastore il est impossible de ne pas constater une fragilité musculaire mais également plusieurs coups du sort qui lui ont pollué la vie ces dernières saisons. 7 blessures aux mollets pour un total de plus de 100 jours d’indisponibilité, déchirure latérale des ligaments du genou, claquage à l’aine, adducteurs, tibia, tendinite, déchirure, hanche, et même une conjonctivite. La liste fera peur aux tifosi de l’AS Roma en espérant que les retrouvailles avec l’air italien laissent enfin le corps de Pastore en paix.

Son futur rôle dans la Roma de Di Francesco

Sous la houlette de son glouton de directeur sportif espagnol Monchi, l’AS Roma attaque son mercato 2018 pieds au plancher. Après avoir déjà enrôlé, Kluivert, Santon, Coric, Cristante et Mirante c’est donc Pastore qui rejoint la Louve en attendant Bianda. Le départ de Nainggolan à l’Inter, certes douloureux pour les tifosi romain, est vite comblé par un joueur au profil évidemment différent. Pastore devrait prendre une place au milieu de terrain du 4-3-3 fétiche de Di Francesco. Le poste de relayeur côté gauche devrait lui convenir même si il est capable d’évoluer sans problème coté droit. Il ne devrait pas être utilisé plus haut dans ligne d’attaque, Di Francesco préférant des ailiers au profil véloce et capable d’éliminer en vitesse pure comme Under, Kluivert ou Perotti. Néanmoins il n’est pas inenvisageable que le technicien romain modifie son schéma de jeu en partant sur un 4-2-3-1 avec Pastore en numéro 10 derrière Dzeko. L’Argentin pourrait ainsi retrouver son poste de prédilection et distiller des ballons dont il a le secret à la gâchette bosnienne de la Roma. Tout cela est appétissant, en espérant que Pastore enchante la Serie A de sa classe, et qu’il puisse enchainer les bonnes performances dans un club qui rappelons-le, sort d’une demi-finale de Champions League.

Composition possible de l’AS Roma en 4-3-3 avec Pastore : Alisson  Florenzi, Manolas, Fazio, Kolarov, Pellegrini, De Rossi, Pastore, Under, Dzeko, Kluivert.  



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Matthieu Pianezze

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