Le Duel : Keita VS Callejon

Par Matteo Pogliani publié le 01 Fév 2016

Le Duel

La lecture du jeu

Dans un trio d’attaque, avec une pointe plus ou moins fixe, les ailiers doivent comprendre avant l’heure les intentions de leurs latéraux, de leurs milieux et des autres membres de l’attaque. Une tâche pour laquelle Keita Balde est sans aucun doute en plein apprentissage. En effet, Pioli travaille beaucoup sur la discipline et la lecture du jeu de son jeune attaquant pour qu’il comprenne les différentes phases de jeu de possession ou d’appel en profondeur, ainsi que les mouvements de ses coéquipiers autour de lui. Et Keita semble passer un cap semaine après semaine, même si le travail est encore long à ce sujet.

De son côté, Sarri a eu beaucoup moins de difficultés à inculquer son projet de jeu à Callejon, tant ce dernier respire l’intelligence sur un terrain. Ses appels sont toujours tranchants et dans le timing parfait. Ses efforts sont maitrisés entre phase offensive et phase défensive. Bref, que vous le vouliez ou non, José joue de son sens du placement pour toujours se trouver à la réception du ballon et ce pour le plus grand bonheur de ses coéquipiers qui savent pertinemment où et comment le trouver sur le terrain.

Vainqueur : José Callejon.

L’imprévisibilité

Si niveau discipline, l’avantage a été pris par l’expérimenté Callejon, il n’empêche qu’un ailier doit aussi être imprévisible pour prendre à revers la défense adverse. Et dans cet exercice, Keita Baldé excelle tant par sa vitesse que par son aisance technique. En effet, ce dernier réussit beaucoup de ses dribbles, possédant un coup de reins remarquable lorsqu’il provoque son vis-à-vis sur le côté. Une fois passé, il est difficile de le rattraper. Préféré à Felipe Anderson, il alterne débordements et frappes. Laissant ses adversaires dans l’indécision quant à ses choix. Le grain de folie de l’attaque biancoceleste, c’est sans aucun doute lui.

Callejon se trouve dans une situation bien différente. Dans le trio d’attaque napolitain, il joue plutôt le rôle du joueur réfléchi, qui privilégie son bon placement et ses courses sans ballons que les un-contre-un qui sont plutôt du registre de l’autre ailier, Insigne. Et avec un Higuain impressionnant et en état de grâce, le dénouement des attaques menées par le joueur espagnol transite le plus souvent par les pieds de l’Argentin avant de terminer au fond des filets de l’équipe adverse. Un domaine, plus appliqué, dans lequel José est plutôt du genre bon élève.

Vainqueur : Keita Baldé.

La réussite devant le but

Lorsque l’on compose un trio d’attaque, même en tant qu’ailier, il arrive un moment où les statistiques rattrapent aussi les prestations sur le terrain. Depuis le début de l’année civile 2016, Keita a inscrit deux buts. L’un face à la Fiorentina et l’autre face au Chievo le week-end dernier, lui qui a souvent été pointé du doigt à cause de son manque d’efficacité devant le but adverse. Assez encourageant pour la fin de saison, même si on attend forcément plus de sa part.

Si l’on attendait plus de la part d’un joueur devant le but au Napoli, c’était bien de José Callejon qui a connu une période de disette bien trop importante pour une place aussi exigeante. Et si l’on apprécie le bon élève, on aime aussi qu’il rende des copies ponctuées de réalisations personnelles. Surtout lorsque l’on fait partie de l’attaque la plus prolifique du championnat et que l’on joue avec des Insigne et Higuain intenables. José semble s’être mis au diapason depuis quelques temps, avec trois buts inscrits depuis début janvier et un total de 5 passes décisives sur la même période.

Vainqueur : José Callejon.

La rédac’ tranche

Pour ce duel de la 23ème journée de Serie A, les deux ailiers arrivent en pleine forme, forts d’une réussite devant le but retrouvée. Toutefois, si les progrès et la folie de Keita sont réels et apportent un plus à l’attaque biancoceleste, l’intelligence de jeu et l’application de Callejon dans ses appels et ses prises de balles (outre que dans ses efforts défensifs) sont des valeurs sûres auxquelles Sarri ne semble pas vouloir se priver. Duel remporté donc par le Napolitain.

 

Matteo Pogliani

Rédacteur



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