La présidence de Preziosi au Genoa : rachat du club et fraude pour la montée (1/3)

Par Ben Soffietti publié le 30 Sep 2021
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La nouvelle est tombée le 22 septembre 2021 : le groupe 777 Partners s’est offert le Genoa, un des clubs historiques de Serie A. L’arrivée d’un énième fond d’investissements américain à la tête d’un club de la Botte met un terme à dix-huit années de présidence d’Enrico Preziosi, qui avait pris les rênes d‘Il Grifone en 2003. Au cours de cette période, le Genoa est revenu en Serie A et s’y est stabilisé, découvrant l’Europe, tout en usant d’un grand nombre d’entraîneurs. Calciomio revient en trois papiers sur le Genoa de Preziosi, qui est le président qui a occupé le plus longtemps ce rôle dans l’histoire de ce club. Premier épisode : l’arrivée de Preziosi et la montée loupée pour fraude.

Club centenaire cherche bouée de sauvetage

Né en 1893, le Genoa est l’un des clubs doyens du Calcio. Neuf fois vainqueur du Scudetto entre sa naissance et le milieu des années 1920, la società tombe en Serie B à l’issue de la saison 1995-1996. Le début d’une période de grandes instabilités. En effet, au tournant du XXIème siècle, cinq présidents se succèdent entre 1997 et 2003. De passages éclairs à mauvais investissements, le Genoa vit une période critique au niveau économique mais aussi au niveau sportif. 18ème en deuxième division, la Serie C1 attend de pied ferme les Rossoblù au moment où un homme providentiel débarque à Gènes. Cet homme se nomme Enrico Preziosi, à la tête du Gruppo Preziosi, leader italien de la construction de jouets et jeux pour enfants, quatrième entreprise mondiale du secteur. Après des expériences à Saronno et Como, le Campanien de naissance vient au secours du Genoa en juillet 2003, alors que le club se prépare à évoluer en troisième division, plus de trente après sa dernière apparition à ce niveau-là. Mais cet été là, la justice italienne se penche sur ce qui sera appelé à posteriori le « Caso Catania« , affaire dans laquelle le club sicilien, reléguée comme le Genoa, est impliquée. Aussi complexe soit-elle, l’affaire se conclut par l’annulation des quatre relégations et la mise en place d’une Serie B à 24 équipes. Un coup de chance pour les débuts de Preziosi.

La valse des entraîneurs : les prémices

Repartis en Serie B, les Rossoblù démarrent la saison avec un nouvel entraîneur : Roberto Donadoni. Mais l’aventure tourne court pour le futur sélectionneur de la Nazionale qui après trois défaites en autant de matchs et aucun but inscrit, est remercié par son exigeant président. Il est remplacé par Luigi De Canio, qui compte dans ses rangs l’historique Marco Rossi, arrivant de Como, l’ancien club de Preziosi et qui totalisera 300 matchs avec Il Grifone. Le jeune Domenico Criscito commence à pointer le bout de son nez avec l’équipe première. Le nouvel entraîneur conduit l’équipe à une décevante seizième place. Une place qu’il doit en grande partie à l’arrivée au mercato d’hiver d’un attaquant argentin en provenance du Racing Club : Diego Milito. Il plante douze buts en 22 apparitions, dont un triplé contre Cagliari. Ainsi, sur la phase retour, le Genoa enregistre neuf de ses treize succès de la saison et finit seizième. Pas suffisant pour convaincre Preziosi de ne pas miser sur un nouvel homme fort, Serse Cosmi.

De premier à dernier : les conséquences du match Genoa-Venezia

L’ambition affichée par Preziosi est claire. Après dix saisons dans l’antichambre, le Genoa se doit de retrouver l’élite. Nicola Lazetić, que Preziosi avait connu à Como, ainsi que Sabri Lamouchi ou Andrea Sottil rejoignent l’effectif de Cosmi. La saison est bien menée, le Genoa enchaîne les succès et Diego Milito les réalisations, 21 au total, finissant juste derrière Spinesi au classement du Capocannoniere. À la veille de la dernière journée, Empoli est leader avec 74 points, soit une unité d’avance sur le Genoa qui affronte Venezia, déjà condamnée à la relégation. Les Ligures s’imposent 3-2 et arrachent la première place aux Toscans, battus par Bari. Preziosi a réussi à ramener le Genoa en Serie A.

Sauf que quelques jours plus tard, une enquête, à l’initiative de deux magistrats génois, permet d’établir une fraude autour de la rencontre. Preziosi, son fils et d’autres dirigeants sont inculpés lorsque une mallette contenant 250 000 euros ainsi que des appels téléphoniques sont interceptés. La sentence tombe : le Genoa, champion en titre, est relégué en troisième division, quant à Preziosi, il écopera de quatre mois de réclusion en 2007, étant reconnu coupable de cette fraude. Tout est à refaire.

À découvrir aussi :

Épisode 1 – Rachat et fraude pour la montée
Épisode 2 – De la troisième division à l’Europe
Épisode 3 – Lutte pour le maintien et valse des entraîneurs



Ben Soffietti

Rédacteur



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