DOSSIER : Palmeiras, principal héritier de la culture italienne au Brésil : aux origines du Palestra Italia (1/4)

Par Boris Abbate publié le 26 Mar 2020
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Il est le club brésilien le plus titré du pays. A ses cotés, des dizaines de milliers de fans en tout genre se ruent chaque week-end au stade, dans la rue ou dans les bars pour défendre fièrement ses couleurs. Des illustres joueurs comme Cafu, Roberto Carlos ou Rivaldo y ont même laissé leurs plus belles empreintes. Pourtant, derrière cet écusson simple et épuré, se cache en réalité près d’un siècle d’héritage italien. Parce qu’à travers des flux migratoires historiques et quelques faits politiques inoubliables, Palmeiras est et restera lié à l’Italie pour l’éternité. Une belle histoire à la sauce italienne, que Calciomio vous fait revivre à travers un court dossier qui retrace la création du club et son héritage italien encore très présent aujourd’hui.

São Paulo, principal pied à terre des Italiens de l’époque

Tout commence en 1888, dans une Italie alors gangrenée par une instabilité politique et économique très forte, et un Brésil qui vient tout juste d’abolir l’esclavage. Les grandes métropoles du pays n’ont plus de main d’oeuvre facile sous la main, et un besoin grandissant de travailleurs se fait ressentir dans les plus grandes villes du pays, en particulier dans la prospère Sâo Paulo. Une aubaine pour tous les Italiens de l’époque, qui ne perdent ainsi pas la moindre seconde pour émigrer en masse vers le Brésil, quitte à tout plaquer pour gagner un ridicule lopin de terre et faire fortune outre-atlantique. Dans ce contexte de ruée vers l’or, les ressortissants italiens fraichement débarqués dans la métropole brésilienne sont d’abord envoyés en masse dans les champs et les cultures de cafés. Si bien qu’en 1890, plus d’un tiers de la ville de São Paulo est peuplé d’Italiens ! Une colonie italienne qui va continuer d’affluer au fil des années, et qui va même s’installer définitivement dans plusieurs quartiers notables de la ville, avec un immigré italien qui abandonne progressivement les champs pour peupler les usines respectables de São Paulo.

Regroupés à travers différents quartiers et subissant alors une malheureuse précarité, les Italiens créent ainsi différents clubs sociaux et associations pour se retrouver et oublier la dure réalité du quotidien. Un fait encore visible de nos jours, avec les quartiers Bexiga et Bom Retiro de la ville, qui appartenaient respectivement aux immigrés Calabrais et Vénitiens. Nous sommes alors en plein début du XXème siècle, et pour faire passer un mal du pays grandissant, les Italiens perpétuent leurs traditions et leurs remèdes traditionnels. Et comme tout bon Italien qui se respecte, l’envie de taper dans le « pallone » se fait rapidement ressentir. Et le football va définitivement marquer l’histoire de ces immigrés.

4 garçons, un gymnase et la naissance du Palestra Italia

Quand l’Italien de São Paulo joue au football, ce dernier le fait en réalité que devant son usine ou sur d’autres terrains vagues de son quartier. Alors, en 1914, quatre jeunes immigrés italiens qui ont l’habitude de squatter le gymnase de leur quartier ont une idée révélatrice, et vont jusqu’à créer un club de football taillé exclusivement pour leur caste. Luigi Cervo, Luigi Marzo, Vicente Ragognetti et Ezequiel Simone signent ainsi l’acte de naissance du Palestra Italia. Et un an plus tard, le club dispute son tout premier match, avec le drapeau tricolore et la croix de Savoie comme écusson et les couleurs du pays sur le maillot ! Composé uniquement d’immigrés italiens, le club se forge alors petit à petit une réputation dans l’Ouest de la ville, et en 1916 il obtient l’autorisation pour disputer le fameux championnat d’état de São Paulo. Et puis tout s’emballe rapidement des années 20 à 30. Le Palestra Italia fait connaissance avec son voisin et rival de Corinthians et l’humilie une première fois par un score de 3-0, et la colonie italienne va même jusqu’à remporter le championnat de São Paulo trois ans plus tard !

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2. A suivre …

Boris Abbate

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