La longue descente aux enfers d’Aaron Ramsey : les premiers espoirs déchus (1/2)

Par Yacine Ouali publié le 06 Déc 2021

À l’heure où nous écrivons ces lignes, Aaron Ramsey est sûrement l’un des plus grands flops de l’ère Agnelli à la Juventus, si ce n’est de toute l’histoire du club. Très souvent blessé, jamais sur pied plus de trois ou quatre matches, le Gallois représente une erreur majeure sur le mercato pour les turinois, en plus d’être un gouffre financier à l’origine d’une partie des problèmes que la Juventus rencontre à l’heure d’acheter d’autres milieux de terrain. Retour sur cette longue descente aux enfers pour Aaron Ramsey dans ce dossier en deux parties. Premier papier : les espoirs déchus.

Une arrivée synonyme d’espoirs

À l’été 2019, la Juventus sort de son chapeau l’un de ces coups à paramètre zéro pour lesquelles elle s’est rendue célèbre. Laissant derrière lui un club d’Arsenal ne souhaitant plus le garder, Ramsey arrive néanmoins dans le Piémont avec un certain statut : il est un milieu soyeux, capable d’orienter le jeu comme de défendre, et a souvent représenté la seule éclaircie du milieu des Gunners durant sa longue carrière chez eux.

Dans une équipe comme la Juventus où le niveau des milieux est profondément mauvais depuis 3 ans, voir Ramsey était donc un motif d’espoir pour les tifosi, celui d’un apport technique que Maurizio Sarri allait pouvoir utiliser, croyait-on, à merveille.

Le ver était dans le fruit

Toutefois, ce que la Juventus n’avait mystérieusement pas anticipé étaient les raisons d’Arsenal dans l’abandon d’un tel joueur, que la plupart des Gunners considèrent si ce n’est comme une légende, au moins une figure marquante du club londonien. Si l’on regarde les statistiques de Ramsey depuis plusieurs saisons, on se rend compte qu’une tenace blessure aux ischio-jambiers l’empêche d’avoir le temps de jeu qu’un joueur régulier dans une grande équipe se doit d’avoir.

La dernière saison durant laquelle Ramsey a joué plus de 2500 minutes sur l’ensemble des compétitions remonte à… 2015-2016. Depuis, le Gallois n’a plus jamais dépassé cette barre des 2500 minutes, qui représente pour un joueur de grand club une moyenne témoignant de la régularité. Voyez plutôt la descente aux enfers de Ramsey au niveau physique :

  • 2016-2017 : 2016 minutes jouées.
  • 2017-2018 : 2436 minutes jouées.
  • 2018-2019 : 2171 minutes jouées.
  • 2019-2020 (arrivée à la Juventus) : 1384 minutes jouées, soit 787 minutes de moins !
  • 2020-2021 : 1543 minutes jouées.

Le symbole d’une Juventus incapable de se trouver un bon milieu

Si l’on est sérieux, la Juventus possède aujourd’hui deux bons milieux de terrain : Locatelli et McKennie (dans une moindre mesure, mais tout de même). Toutefois, même ces deux-là ne sont pas de classe mondiale. Pour un club qui vise la Champions League et a minima le Scudetto, c’est inadmissible. À l’Inter, il y a Barella et Brozovic. Dans les grands clubs européens, il y a au moins trois ou quatre milieux de classe mondiale, comme Kroos-Casemiro-Modric à Madrid, Fabinho-Henderson-Thiago à Liverpool, etc…

De cette politique désastreuse de la Juventus, le cas Aaron Ramsey est peut-être le plus flagrant : recruté à prix zéro à cause du manque à gagner conséquent dans les finances, le joueur n’a ni la trempe d’un grand joueur ni le physique pour espérer y prétendre, et siphonne la trésorerie du club sans presque rien rendre en retour.

Avec un joueur comme Ramsey, mais aussi les Rabiot, Bentancur, Arthur et compagnie, la Juventus ne semble même pas capable de prétendre au Scudetto, et cette saison peut-être même à un top 4 de Serie A pourtant vital. La politique pour l’été prochain est simple : des joueurs comme Ramsey doivent partir, seuls Locatelli et McKennie doivent être gardés (en rapatriant Rovella), et la Juventus doit repartir d’un tableau blanc sur son milieu de terrain.

À lire aussi :

  1. Les premiers espoirs déchus (1/2).
  2. Le mystère du Pays de Galles et le transfert impossible (2/2 ; à venir).

Yacine Ouali



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