CALCIOSTORY – Le jour où le Chievo a joué un tour préliminaire de Champions League

Par Ben Soffietti publié le 10 Août 2021
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La triste nouvelle est tombée il y a plusieurs jours maintenant. Le Chievo Verona, faute de liquidités suffisantes, a été rétrogradée sur décision administrative en Serie D, perdant au passage son statut professionnel. Les Gialloblù, qui luttaient encore pour la montée en Serie A la saison passée, vont devoir repartir en quatrième division, comme l’a fait Parma il y a quelques années. Un véritable challenge pour un club qui était encore en Serie A en 2019 et qui en 2006, disputait un historique barrage de Champions League. Calciomio revient sur ce moment unique de l’histoire du Chievo, lors d’une double confrontation contre le Levski Sofia.

Merci le Calciopoli

La première fois que le Chievo découvre l’élite du football italien, nous sommes au XXIème siècle. Dans l’ombre du grand voisin de l’Hellas, vainqueur du Scudetto en 1985, le Chievo n’est arrivé en Serie A qu’en 2001. Après une première saison magnifique conclue à la cinquième place, les Clivensi disputent un tout premier match européen, malheureusement perdu contre l’Étoile Rouge de Belgrade, en Coppa UEFA. Solide en championnat, le club de la province de Vénétie s’installe confortablement en Serie A, terminant notamment à la septième position du championnat lors de l’édition 2005-2006.

Alors que l’Italie se prépare à à la Coupe du Monde, le scandale du Calciopoli éclate et heurte avec fracas plusieurs grands clubs de Serie A. Sur décision de la CAF (Cours de Justice Fédérale), la Juventus est reléguée en Serie B et le Milan AC, la Fiorentina et la Lazio, respectivement second, quatrième et sixième du championnat, écopent chacun de 30 points de pénalité. Conséquence, le Chievo bascule de la septième à la quatrième place et se qualifie, grâce à cette décision judiciaire, pour le troisième tour préliminaire de la Champions League. Une performance chanceuse mais incroyable au bout de cinq saisons à peine au plus haut niveau du football italien.

Le piège bulgare

Même si le Chievo s’est qualifié grâce au scandale de l’été 2006, l’équipe entraînée par Giuseppe Pillon est de qualité et mérite sa place. En effet, au cours de la saison, le Milan AC s’est incliné au Bentegodi tandis que la Juventus, la Lazio ou même l’AS Roma y ont concédé le nul. Dans un 4-4-2 assez classique, avec deux milieux défensifs et deux ailiers, la Squadra della Diga – du nom de la digue sur l’Adige présente dans la ville – compte dans ses rangs Amauri, Pellissier, Brighi, Tiribocchi, Lanna, Semioli, des cadres qui sont encore présents la saison suivante. Toutefois, les matchs européens demandent une expérience particulière et les hommes de Pillon n’en ont quasiment pas.

Le tirage au sort offre au Chievo le Levski Sofia, champion de Bulgarie. Vainqueurs des Géorgiens de Sioni Bolnisi au second tour, le club du milieu français Cédric Bardon attend de pied ferme la bande à Pellissier le 9 août 2006, dans son antre du Georgi Asparuhov. Une date qui arrive très tôt dans la saison des Clivensi, qui ne reprennent le championnat qu’un mois plus tard, le 10 septembre. Ainsi, le retard de préparation conjugué au manque d’expérience dans cette prestigieuse compétition donnent un handicap fatal aux joueurs du Chievo qui sont battus par deux buts d’écart. Une réalisation en tout début de partie et une seconde à la fin du match obligent le Chievo à l’exploit deux semaines plus tard.

Amauri seul au milieu de la tempête

Si le stade Marcantonio Bentegodi a déjà accueilli des rencontres de Champions League, c’était lorsque l’Hellas y participait au milieu des années 1980. Le 23 août 2006, en revanche, c’est une première réception pour le deuxième club de la ville, le Chievo. 23 000 tifosi sont présents pour croire à un renversement de situation en faveur des Clivensi, qui ont conservé leur schéma de la saison précédente, c’est-à-dire un 4-4-2 dans lequel Pillon s’appuie sur une doublette Amauri-Pellissier en attaque. Les petites nouveautés du onze de départ sont, déjà au match aller, le gardien Vincenzo Sicignano, fraîchement débarqué de Lecce et le jeune défenseur Andrea Mantovani, peu utilisé la saison précédente.

Sur le terrain, le Levski désire rapidement enterrer les espoirs des locaux et y parvient en fin de première période. Suite à une mauvaise relance, le ballon revient sur Telkiyski, qui surprend Sicignano d’un tir croisé. Deuxième coup de poignard moins de deux minutes après le retour des vestiaires signé Bardon, d’une frappe des 20 mètres bien placée sur la droite du portier véronais. Le Chievo doit désormais inscrire cinq buts pour se qualifier. Une mission impossible mais les Clivensi ne baissent pas les bras et avec orgueil arrachent l’égalisation. Deux minutes après le deuxième but bulgare, Amauri s’élève plus haut que tout le monde sur corner et place un coup de casque imparable. À dix minutes du terme, Luciano entré en cours de match, brosse un centre au premier poteau où Amauri coupe la trajectoire du pied pour tromper Petkov. Celui qui portera quelques années plus tard le maillot de la Nazionale est au départ et à la conclusion de cette action qui permet aux siens de revenir à hauteur des Bulgares.

L’aventure se termine par un nul et l’expulsion du capitaine Salvatore Sanna pour un mauvais geste signalé par l’arbitre assistant. Ce match est le dernier en date en Champions League au Bentegodi, le seul de l’histoire du Chievo. Reversés en Coppa UEFA, les coéquipiers d’Amauri seront éliminés par Braga, malgré une victoire à domicile (2-1). De précieux souvenirs pour leurs tifosi qui vont désormais retrouver les petites divisions du football italien.

*buts du Chievo à la 4ème et à la 37ème minute de la vidéo

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Ben Soffietti

Rédacteur



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