La difficile fin de saison du Napoli : la tête et les jambes

Par Nicolas Soldano publié le 28 Avr 2019

Le week-end dernier, le Napoli s’est incliné pour la deuxième fois de la saison à domicile contre l’Atalanta, entérinant définitivement la mauvaise passe du club partenopeo qui tend à s’éterniser. En coupe d’Europe comme en championnat, les maux semblent nombreux.

L’échec de l’objectif C3

Depuis la qualification en huitième de finale d’Europa League, le Napoli et son président ne se sont pas cachés, à la vue du statut du club, cette compétition est devenu l’objectif principal de la saison. Eliminé en Coppa et distancé en championnat, il semblait logique de mettre toutes les armes disponibles au service d’une mission coupe d’Europe somme toute trépidante. Sauf qu’au premier obstacle, le Napoli a flanché. L’équipe a perdu son quart de finale dans les 20 premières minutes du match aller. Vingt premières minutes qui ont reflété tous les maux napolitains depuis plusieurs mois : un problème de personnalité au plus haut niveau, un problème d’intensité et un problème de niveau à certains postes clés.

Il suffisait de voir comment Koulibaly se comportait pour se rendre compte de la passivité et du manque de caractère de certains de ses coéquipiers. Alors oui bien sûr Arsenal a produit une excellente première mi-temps via un pressing offensif incessant, avec sur son banc un spécialiste de la compétition. Mais cela ne masque pas les successions d’erreurs individuelles qui ont coûté cher : Mario Rui qui se déchire sur le premier but et qui laisse sa défense en infériorité numérique; Hysaj qui se débarrasse du ballon sur le deuxième but et envoie Fabian au casse pipe dans la tenaille du milieu de terrain des gunners;  Zielinski et Insigne qui rate l’immanquable à bout portant; et enfin Meret, qui se manque complètement sur le coup franc de Lacazette au retour, malgré de belles interventions lors des deux matchs. Tant d’erreurs clés qui ont empêché le match de basculer sur un autre scénario.

Incrédulité et questionnement

Quand vient l’heure de l’analyse, beaucoup restent sans voix face à cette prestation du Napoli, surtout lorsqu’on se rappelle qu’il y a encore quelques mois, les azzurri avait donné une véritable leçon tactique à Liverpool au San Paolo (aucun tir cadré de la part des reds). Sans oublier la double confrontation contre le PSG dominée par les napolitains malgré deux matchs nuls. Qu’a-t-il bien pu se passer en un laps de temps si restreint ? Même Ancelotti, après le match aller à l’Emirates a avoué en conférence de presse ne pas avoir compris les 45 premières minutes catastrophiques de ses joueurs, incapables d’appliquer les consignes tactiques. Mais alors pourquoi ? premièrement, si l’on revient sur le problème d’individualités à certains poste clés on remarque deux choses. Les invariants : il y a toujours eu un problème de latéraux même en début de saison, Mario Rui et Hysaj ayant déjà pénalisé l’équipe de nombreuses fois avant la récente mauvaise passe, même si le collectif pouvait parfois le masquer. Puis ce qui a changé : Allan n’a plus du tout le même rendement depuis son transfert avorté au PSG durant le mercato d’hiver, et beaucoup d’individualités plus ou moins importantes ont enchaîné des blessures qui ont handicapé l’effectif (Albiol, Insigne, Ghoulam, Chiriches…) surtout après les départs d’Hamsik et de Rog en janvier.

Deuxièmement, contrairement aux matchs de groupe de C1, ce quart d’Europa League a semblé impacter l’équipe différemment en termes de pression. L’équipe a semblé collectivement inhibée, certainement par son statut de favori et par l’attente de ce grand titre qui ne vient toujours pas malgré une génération dorée. Puis vient le problème d’intensité. Complètement pris par le pressing des anglais, les partenopei semblaient incapable de conserver le ballon au milieu et de relancer proprement de derrière, contrairement à ce qu’ils font en championnat (et souvent dans un fauteuil).

Une dynamique très inhabituelle en championnat

De plus, une autre donnée pourrait expliquer cette pâle fin de saison. Depuis la fin de la phase aller de Serie A, le Napoli est dans une position bien inhabituelle vis à vis des années précédentes. Distancé de manière quasi irréversible pour le scudetto et avec un petit matelas de points sur le troisième (et encore plus pour la qualification en Champions League), cela fait plusieurs mois que les napolitains n’ont plus grand chose à jouer. Et cela semble clairement impacter les performances du Napoli qui peine à atteindre une moyenne de 2 points par match sur la phase retour contrairement à la phase aller où le club atteignait un rythme de croisière de plus de 2,5 points par match. Un problème d’investissement et de performances sinusoïdales qui ont plongé l’équipe dans une petite léthargie. Et le choc thermique contre Arsenal a semblé trop brutal pour cette équipe qui comatait en championnat sans grand besoin de forcer dû aux faux pas répétés de ses poursuivants. Depuis l’élimination européenne, les joueurs semblent encore d’avantage incapables de retrouver une once de motivation pour finir cette édition de Serie A. Alors oui cela n’aura peut être aucune conséquence sportive, mais quel triste spectacle de voir cette équipe traditionnellement si pétillante traîner des pieds sur nos pelouses italiennes…

Nicolas Soldano

Rédacteur



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