Juventus : l’ère Agnelli, tournant historique pour la Vieille Dame (1/2)

Par Arno Tarrini publié le 23 Mai 2020

Il y a dix ans, le 19 mai 2010, Andrea Agnelli devenait le président de la Juventus. Retour sur une décennie victorieuse, qui a vu la Vieille Dame se transformer, pour devenir l’institution globale qu’elle est aujourd’hui. 

Andrea Agnelli, entre héritage et ambition

Lorsqu’ Andrea Agnelli prend les rênes du club turinois, presque cinquante ans après son père Umberto, il hérite, à 34 ans, d’une Juve qui ne gagne plus. Après avoir oeuvré dans l’ombre, son objectif est de donner une dimension européenne à un club qui ressort meurtri de l’affaire du Calciopoli (deux titres retirés et une rétrogradation en Serie B). Son arrivée a marqué un tournant dans l’histoire de la Juventus. L’héritier de la dynastie Agnelli a la Juve et les affaires dans le sang. Et le poids de l’histoire sur ses épaules ne l’écrase pas, elle nourrit au contraire son ambition. Après le travail remarquable du français Jean-Claude Blanc, qui a redressé le club financièrement et sportivement, Agnelli, conforté par son poste au conseil d’administration d’Exor, promet aux tifosi que le temps de renouer avec l’histoire victorieuse de la Juventus est venu. Ce nouveau cycle, qui devra rendre à la Juve sa place parmi les meilleurs clubs européens, démarre avec un projet ambitieux. Andrea Agnelli voit son rêve d’un nouveau stade moderne, qui appartiendrait au club, comme en rêvait son père Umberto avant lui, exhaussé : le Juventus Stadium, enceinte de 41 507 places, sera inauguré le 8 septembre 2011, et symbolisera le renouveau bianconero. 

Révolution sur le terrain…

16 titres en 10 ans, 8 scudetti consécutifs, deux finales de Champions League, 66,8% de victoires, et une domination outrancière sur le championnat italien et ses rivaux historiques, voilà le bilan exceptionnel de la Juventus de l’ère Agnelli, 9 ans plus tard. Des résultats inimaginables lors de son arrivée, et qui couronnent une gestion sportive de haut niveau. « Rêveur, mais aussi volontaire, Andrea (Agnelli) a créé un monde. » a confié récemment Evelina Christillin, membre du conseil de la FIFA, à son propos. Un « monde » qu’il n’a pas créé seul. Dès son arrivée, l’héritier de l’empire FIAT a fait confiance aux bonnes personnes. Enfin, presque. Il a placé le destin de son club entre les mains de Giuseppe Marotta et Fabio Paratici dans les coulisses, tandis que Luigi Del Neri s’asseyait sur le banc. Ce dernier sera remplacé un an plus tard par Antonio Conte, ancien joueur bianconero, qu’il nommera lui-même, considérant qu’il est l’homme de la situation. Pour sa première saison, le technicien italien lui donne raison et ramène la Vieille Dame au sommet. Le scudetto 2011/2012, remporté grâce à un invincible 3-5-2, libère les Bianconeri du poids du Calciopoli.

Symbole de plus, c’est le capitaine Alessandro Del Piero, qui a porté la Juventus pendant ces années difficiles, qui soulèvera le trophée, avant de quitter Turin après plus de 700 matchs sous le maillot bianconero. La boucle était bouclée, et la Juve embarquait alors pour une décennie de victoires. Dans son nouveau stade, la Juventus renoue avec le succès grâce à des choix forts de sa direction. Des choix ambitieux, courageux, parfois critiqués – comme le recrutement de Conte, puis ceux d’Allegri et Sarri… ou celui de Carlos Tevez – mais toujours assumés par le président. Sur le terrain, un joueur symbolisera cette réussite : l’architecte Andrea Pirlo, annoncé en fin de carrière, a mené la Juve vers quatre titres de champion d’Italie consécutifs et une finale de Champions League, avant de partir terminer sa carrière aux États-Unis. Grâce à une gestion économique et sportive louée partout en Europe, la Juventus, club le plus titré de la botte, a accru sa domination sur le football italien. Mais l’aura internationale devra encore attendre. En 2017, la Juve est passée tout près d’une troisième Champions League, objectif ultime du président Agnelli. Après avoir terrassé le grand Barça (3-0), comme l’Inter avant elle, la Vieille Dame échoue en finale face au Real. La marche était encore trop haute, pour l’instant. Andrea Agnelli en tirera les leçons nécessaires.

A suivre….

Arno Tarrini

Étudiant en journalisme, passionné de sport, d'économie et de politique. Amoureux du ballon rond.



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