Juventus-Lazio : quel rapport de force dans ce duel au sommet ?

Par Rafaele Graziano publié le 17 Mai 2020

Après avoir laissé les Nerazzurri sur le carreau, la Lazio s’est imposée comme le candidat favori au surpassement de l’ogre turinois. Plus les journées passent, plus le doute s’efface : cette année, c’est peut-être bien entre la Juventus et la Lazio que tout se joue – alors, lequel de ces deux styles, tout à fait antagoniques, primerait si le championnat venait à reprendre ?

Lazio : David contre Goliath ?

Force est de constater que la présence même de cette équipe au sommet de la Serie A est gage de grandeur – non seulement la Lazio tutoie la Vieille Dame, mais elle garde la tête sur les épaules. Elle puise sa force dans son profil d’outsider qui la rend, à tord, inoffensive. Mais le club de la capitale a, cette année, tout ce qu’il faut (là où il faut) pour détrôner les Bianconeri : elle est fougueuse, à l’image de son attaque flamboyante menée par l’insatiable Immobile ; téméraire, don insufflé par mister Inzaghi ; talentueuse, notamment de par un milieu de terrain si scintillant qu’il est convoité par l’Europe entière (secteur de jeu le plus décrié côté bianconero) ; solide, mais surtout, elle est encore jeune. Pourtant, malgré cette jeunesse, elle semble consciente de des propres limites : avec maestria, elle s’est adaptée voire façonnée, et dirige son orchestre afin qu’il ne dévie jamais de sa partition – basée essentiellement sur la projection offensive.

De la dévotion donc, mais est-ce suffisant pour renverser le régime turinois ? Car la Lazio n’est finalement pas la première prétendante, le Napoli y était presque parvenu avant elle, et pourtant, la révolution n’a guère duré. Là où le bât blesse pour les Laziali c’est en matière de régularité, et si depuis 2020 ils enchaînent les victoires, ils n’ont jamais affiché le caractère nécessaire au franchissement d’un cap : Scudetto ou compétition européenne – où ils ont d’ailleurs toujours fait pâle figure. Certes, la Supercoppa est déjà passée sous pavillon biancoceleste, mais il lui semble impossible de jouer sur plusieurs fronts. Alors, manque de qualité ou d’expérience, mais depuis 2010, les résultats de la Lazio ne sont que trop fluctuants, s’agirait-il – encore – d’un one-season wonder ?

Juventus : L’Empire contre attaque ?

La Dame est peut-être « vieille », mais elle possède ce que nul autre ne possède en Italie : une réputation. Son passif (national et européen) ne laisse personne indifférent – car gagner c’est bien, mais gagner depuis 10 ans, c’est tout simplement historique ! Si elle chute indéniablement face à cette Lazio (par 2 fois cette année), il n’en reste que personne en Italie ne connaît mieux qu’elle les secrets de la longévité. Consciente de sa force mais surtout des faiblesses de l’adversaire, l’adaptation de son jeu – devenu art – devient donc plus aisé d’autant plus que la diversité de l’effectif le lui permet. Là où la Lazio s’est équipée de 11 soldats dévoués, la Juve, elle, se paie le luxe d’être tout aussi talentueuse malgré le turnover. Et de talent(s), cette équipe en déborde : qu’elle les déniche (ou les dérobe), des virtuoses en puissance aux superstars, la qualité de ses joueurs en font indéniablement le fleuron italien.

Depuis l’arrivée de Sarri à Turin, pourtant, la formule magique semble moins évidente et cet effectif devient « trop » encombrant. Des problèmes de riche, certes, mais qui se traduisent également par : un excès de confiance, souvent affiché alors que la Juve pense « gérer sa rencontre » ; paradoxalement, un manque d’assurance alors qu’elle perd littéralement les pédales lorsque cette même rencontre prend une direction qu’elle n’avait pas anticipée ; une condition physique déplorable, de par le choix d’un effectif toujours plus vieillissant peut-être, mais notamment et surtout au milieu de terrain où le mot dynamisme semble avoir totalement disparu.

Si ses défauts n’étaient peut-être pas suffisants pour que la Vecchia Signora soit détrônée, l’entreprise laziale pourrait bien donner l’exemple et montrer la voie à d’autres équipes tout aussi ambitieuses. Et il est évident qu’en cas de reprise, si cette Lazio se montre aussi assidue, la future confrontation directe vaudra son peson d’or !

 

Rafaele Graziano



Lire aussi