Italie-Pologne en 1982, les portes de la finale

Par Florian Giunta publié le 06 Sep 2018

Ce 9 juillet, au lendemain de la demi-finale de Coupe du monde entre l’Italie et la Pologne, le Corriere dello sport titre : « 2-0 Pablito è il re dei mondiali ». En Espagne, en cette année 1982, Paolo Rossi dit « Pablito » se réveille. Trente-six ans plus tard et à la veille de la quinzième rencontre entre les deux équipes lors de la Nations League, plongée dans ce match à sens quasi unique.

Une Squadra Azzurra qui monte en régime et une génération dorée polonaise qui a toutes ses chances

Ce groupe là, peu d’observateurs le voit réaliser un bon parcours. Les qualifications pour la compétition ont été fort laborieuses et cette équipe dirigée par Enzo Bearzot n’a remporté aucun de ses matchs amicaux. Au début du tournoi, en cette première phase de poule, la Nazionale ne rassure personne. Le résultat nul (0-0) contre la Pologne (déjà !) est bien triste à l’exception d’une transversale polonaise percutée par un tir de Marco Tardelli. Le Cameroun accroche aussi l’équipe italienne qui passe malgré tout – sans jamais gagner-  au bénéfice du nombre de buts marqués pour la seconde phase de poule. L’Argentine de Diego Maradona et le Brésil de Socrates se dressent ensuite devant eux et et peu de tifosi – encore moins de journalistes- ne donnent la moindre chance à cette équipe d’aller plus loin. Et pourtant, la bande de Bearzot dispose de l’Albiceste (2-1) et des Auriverdes (3-2). Contre Zico, Falcao et compagnie, Rossi marque les trois buts de son équipe et ne s’arrêtera plus.

La Pologne de Zbigniew Boniek, d’ailleurs absent de la demi-finale, n’est pas une équipe de seconde zone. C’est une génération dorée qui n’a pas tremblé jusqu’alors durant ce mondial espagnol et qui a brillé dans les compétitions internationales depuis 1972 à Munich et son titre olympique.

Au Camp Nou, deux mi-temps sans (trop d’) histoire(s) pour la Nazionale

L’équipe italienne aussi est affaiblie avant le coup d’envoi en ne pouvant pas aligner son rugueux défenseur Claudio Gentile. Dès la première minute de la première période, Paolo Rossi rate de bien peu une passe trop longue de Graziani. Quatorze minutes plus tard, le gardien de but polonais Mylnarczyk s’emploie face à Tardelli et à la vingtième, Graziani tire un poil au dessus. Il n’y a qu’une couleur sur le terrain, l’azzurro. Deux minutes plus tard, l’arbitre Uruguayen siffle un coup franc en faveur des Italiens sur le flanc droit de l’attaque pour une faute de Majewski sur Cabrini. Giancarlo Antognoni, milieu offensif à la Fiorentina, s’empare du ballon au niveau des 16m50. Son tir effleure la tête de Cabrini mais Rossi, en renard des surfaces, pousse le ballon du plat du pied au fond des filets adverses. Menés au score, les Polonais réagissent grâce à Kupcewicz, dangereux à deux reprises mais Dino Zoff veille au grain. La sortie sur blessure du précieux regista Antognoni à la 35ème minute n’est pas le tournant du match au détriment de la Nazionale. Marini, qui le remplace, est à la hauteur. Les joueurs italiens, soudés et ayant développé un grand sens du collectif, savent gérer ce sale coup. Et l’Italie se réinstalle dans le camp polonais mais à la 43ème minute, Kupcewicz, sur coup franc, manque d’un rien de tromper Zoff.

La seconde mi-temps ne s’ouvre pas avec mille occasions. Entre la 60ème et la 65ème minute, Zoff et Mylnarczyk font un arrêt chacun. Le Camp Nou s’ennuie jusqu’à la 73ème minute où Rossi réveille les 50 000 spectateurs. Altobelli, rentré quelques minutes auparavant à la place de Graziani, lance Bruno Conti sur le flanc gauche. Après une longue course, Conti pénètre dans la surface et donne à Rossi qui saute à peine pour marquer de la tête alors que le gardien polonais se gêne avec son défenseur… Si cette équipe est un collectif redoutable, elle doit beaucoup à la résurrection de Rossi après le scandale des paris truqués dits du « Totonero ». Trois minutes plus tard, Mylnarczyk s’emploie devant Marini et évite le troisième but italien. La Nazionale doit à Rossi mais elle peut aussi remercier Zoff, son portier, qui en s’y reprenant à deux fois pour stopper un tir de Kupcewicz, rassure et garde inviolée la cage italienne à cinq minutes du terme.

Sur un chemin parsemé d’épines, la Pologne n’a pas été l’équipe la plus redoutable mais grâce à cette victoire, les portes d’une quatrième finale s’ouvrent aux azzurri ! Et cette finale sera victorieuse face à la RFA de Rummenigge.

Florian Giunta



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